Janis Janis Janis by JC

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Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 18:42

JC a dit :

Janis @ Woodstock

Et c'est reparti pour un trip Janis Joplin qui va durer quelques jours.

Deux déclics aujourd'hui, tout d'abord cette version qui m'a bluffé de - pourtant - Maria McKee de "Cry Baby", disponible en écoute LEGALE ici:

http://concerts.wolfgangsvault.com/dt/lone-justice-concert/20051037-4189.html

J'avais déjà entendu une version de "Mercedes Benz" en duo avec Cyndi Lauper, mais là rien à voir, c'est la pleine période échevelée de Lone Justice, et ça déchire.

Et le deuxième déclic fut le survol rapide de mon programme télé où, sur un article rappelant les différentes biographies cinématographiques réalisées à ce jour (Walk The Line, Ray, La Môme, Dreamgirls), et sont annoncées celles à venir.

Et qu'apprends-je ? Le tournage d'un film sur la trop courte vie de la grandissime Janis Joplin va démarrer en novembre prochain.

Et qui va jouer le rôle - pas facile - de Janis ? Scarlet Johanson ? Renée Zelwegger ? Non, trop blondes ! Pink ? Non trop "rose", facile... n'empêche que ces trois dames ont été pressenties.

Finalement le rôle revient à une actrice qu'on pouvait déjà voir dans.... ALMOST FAMOUS !!! Si si, pas Kate Hudson, l'ex-Madame Chris Robinson, ça aurait eu de la gueule, surtout qu'elle devrait sortir son album bientôt.

Mais Zooey Deschanel, la soeur de Patrick Fugit dans le film, William, celle qui planque un album de Simon & Garfunkel (BOOKENDS) sous son manteau car sa mère voit d'un très mauvais oeil la musique rock, et plus particulièrement les musiciens, elle va être servie !


Zooey Deschanel & Patrick Fugit

Pour ceux qui n'ont jamais vu ce film, il faut vraiment y remédier, la scène du bus avec "Tiny Dancer" d'Elton John, la scène de l'avion à la fin du film, le fan de Led Zep, l'affaire des T-Shirts, etc...

http://www.hollywoodteenmovies.com/ALMOST%20FAMOUS.html

http://www.imdb.com/gallery/ss/0181875/Ss/0181875/5?path=gallery&path_key=0181875

Un clin d'oeil sympa donc, prendre une des actrices de ce film pour jouer Janis, classe ! Maintenant faut voir ce que cela donnera.

Rien ne vaudra la VERITABLE JANIS, d'ailleurs, c'est le titre français d'un film consacré à Janis, ou plutôt une série de documents passionnants sur le personnage. Il est sorti en 1974, sous le titre JANIS aux Etats-Unis. On y découvre un personnage réservé, bien plus intelligente et sensée qu’on pourrait croire de prime abord, et puis malgré tout ce qui a pu être dit sur elle, elle assurait comme personne sur scène, les divers documents vidéos qui existent et illustrent ce film le prouvent. C'est enfin sorti en DVD l'an dernier, n'hésitez pas non plus si vous tombez sur ce DVD. Deux pochettes existent:





Dans ce film on y voit de nombreux extraits d'une série de concerts donnés en août 1970 au Canada dans le cadre du Festival Express en compagnie du Band, du Grateful Dead, les Flying Burrito Brothers, Ian & Sylvia, Buddy Guy, etc...

Et pour s'en rendre compte il y a mieux encore comme DVD, de ce festival pas aussi célèbre que Woodstock, et pourtant il est comme un chant du cygne de cette génération d'artistes presque tous disparus rapidement dans les mois et années qui suivirent:



http://thecia.com.au/reviews/f/festival-express.shtml





Richard Manuel du Band qui délire avec Janis Joplin et Jerry Garcia dans le train, c’est à voir définitivement !

Seul petit bémol, la version acoustique de "Me and Bobby McGee" qu’on retrouve sur la LEGACY EDITION de PEARL, on l’entend ici dans le générique de fin, mais hélas on n’a pas les images de cette jam, frustrant. Elle l’enregistrera "proprement" en studio un mois plus tard. Toujours sur cette édition deluxe de PEARL, sur le second CD de larges extraits de ces concerts particuliers au Canada, dont la version démentielle de "Kozmic Blues", monumentale ! On la retrouve sur les 2 DVDs dont je parle ci-dessus.

Et pour être complet, la voici cette vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=giLf3HHcv6k
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 18:45

JC a dit : J'ai fait une erreur, pardon, pardon, ce n'est pas Richard Manuel mais Rick Danko qui joue avec Jerry Garcia et Janis dans le train "No More Cocaine", enfin, de là où ils sont ils ne sont hélas guère en mesure de m'en vouloir...

La vidéo qui va bien avec:

http://www.youtube.com/watch?v=m6eJQnmkYUM

Rick Danko vivra encore presque 30 ans après cette vidéo, comme quoi...





Autre erreur, autant la version démo de "Me And Bobby McGee" est dispo sur le coffret JANIS (1993) puis sur la LEGACY EDITION de PEARL (2005), autant c'est une autre version, enregistrée sous forme de jam que l'on entend dans le générique de fin du DVD FESTIVAL EXPRESS.

Autre curiosité sur le coffret et la LEGACY EDITION, le petit "Happy Birthday, John (Happy Trails)", adressé à John Lennon, enregistré précisément le 26 septembre 1970, envoyé à John, qui ne le recevra que plusieurs jours après, après le décès de Janis.
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 18:47

JC a dit :
Comme je disais sur un autre forum, il y a des monuments devant lesquels on s'arrête, et puis naturellement, on se met à pleurer tellement c'est beau et bouleversant, la tête haute, car faut être fier de ça:

http://fr.youtube.com/watch?v=FVpDOIPx_sY

Janis est toujours vivante, elle est en chacun de nous.

Ce moment où elle s'écarte du micro, se serre les mains, comme une petite fille timide, et dès qu'elle reprend le micro c'est une lionne, elle [no]était[/no] est incroyable.
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 18:50

JC a dit:

BIOGRAPHIE



Janis Lyn Joplin est née le 19 janvier 1943 à Port Arthur, Texas.


La maison de son enfance

Janis Joplin était avant tout une artiste, peintre tout d’abord. "La peinture, c’est un repli sur soi, le chant vous propulse hors de vous-même."

Elle chante pour la première fois devant une bande de copains avec qui elle traîne souvent, parmi eux son ami Jim Langdon :

"C’était comme si quelque chose de miraculeux, presque d’étranger à elle, était soudain sorti de sa bouche, de son corps ! On peut dire que cela a été une véritable illumination !"

Elle écoute très tôt de la musique, Glenn Miller, Jimmy Reed. Elle est subjuguée par "Summertime", une composition de Gershwin qui la marquera profondément. Elle aime tout particulièrement les chanteurs Noirs ("Otis Redding est mon héros", "Ma chanteuse préférée ? Tina Turner."). Au fil du temps elle écoute Odetta, Bessie Smith, Leadbelly (le 1er disque qu’elle ait acheté), T-Bone Walker, etc. C’est le déclic !

“Je suis carrément tombée amoureuse de Bessie Smith… Durant les premières années, je chantais tout à fait à sa manière, je la copiais beaucoup, je reprenais toutes ses chansons. Elle a été ma première idole. C’est vraiment à cause d’elle que j’ai commencé à chanter."


Bessie Smith

Bessie Smith est morte à 43 ans des suites d’un accident de voiture dans le Mississippi. Alors qu’elle a un bras arraché et qu’elle perd beaucoup de sang, un hôpital refuse de l’accueillir en raison de sa couleur de peau. No comment. Elle sera enterrée au cimetière de Mount Lawn, à Sharon Hill, dans la banlieue de Philadelphie, où pendant plus de 30 ans son nom ne figurera même pas sur sa pierre tombale restée anonyme. C’est seulement en août 1970 que cette injustice sera réparée, grâce aux contributions de Janis Joplin et du légendaire John Hammond. Avec quelques amis, ils feront placer une stèle de 500 $ portant cette épitaphe : "La plus grande chanteuse de blues au monde ne cessera jamais de chanter – Bessie Smith 1895-1937."



Janis est une personnalité, beaucoup d’énergie, du cœur, du caractère et de l’humour… Une nuit, lors d’une fiesta bien entamée, on aurait frappé à la porte et demandé, sur un ton alarmé : "Il y a une vieille femme qui semble sur le point de mourir à quelques pas d’ici. Vous savez ça ?"

Janis, pour épater la galerie, aurait alors répliqué : "Non, mais montrez-moi les accords et je vous le chante sans problème !"



Ses premiers pas sur les scènes texanes se feront dans des clubs de Austin tels que le Chuckwagon, le Threadgill’s Bar & Grill, le Ghetto, l’Union Building, mais aussi à la Halfway House à Beaumont, ou le Purple Onion à Houston. Pat Sharp, journaliste dans le Summer Texan, écrira un article ayant pour titre : "Elle ose être différente !".

Stephanie Chernikowski, une camarade du collège, qui a assisté à ses premières presations sur les scènes du Texas, témoigne : "Janis criait le blues comme aucune autre chanteuse blanche. Au Threadgill’s – un bouge deatant de l’époque de la Dépression où le propriétaire Ken Threadgill chantait des chansons de Jimmie Rodgers – on s’asseyait autour de tables en chêne couvertes de graffitis pour boire et chanter. Janis était inoubliable – elle avait un talent étonnant – la première fois que je l’ai rencontré. Elle se bagarrait avec des hommes. Aucune femme ne faisait ça, elle était courageuse, plus assoiffée de la vie que de l’alcool. Elle pouvait être vulnérable et touchante à la fois, cherchant à être appréciée, puis être drôle. La musique n’était pas un autre choix de carrière, c’était un style de vie – une chanson à chanter, une piste à explorer. Notre génération a été éclairée par Janis qui nous a montré le chemin."



"Elle va pieds nus quand l’envie lui en prend, porte des Levi’s en cours car ils sont plus confortables, et trimbale son autoharp partout où elle va, au cas où elle éprouverait un urgent besoin de chanter. Son nom est Janis Joplin."


C’est aussi à cette période que deux étudiants du campus vont lui décerner le titre de [g]"mec le plus moche du campus"[/g]. Cet événement va la marquer, deux mois avant sa mort, elle retournera à Port Arthur se confronter à ses détracteurs, mais ce retour qui devait être une vengeance ne lui fera pas le bien qu’elle espérait.

Elle ira une première fois à San Francisco, où elle croisera de manières occasionnelles David Crosby, David Freiberg et Marty Balin du Jefferson Airplane, Tim Hardin et James Gurley qu’elle reverra plus tard.

Elle jouera dans des clubs tels que le Fox & Hound, le Coffee & Confusion sur Grant Avenue et le Coffee Gallery. A l’été 1964, elle se produit au Slug’s, un club de folk blues sur Greenwich Village à New York. C’est chez son ami Kenai à San Francisco qu’elle croise David Crosby et Mike Bloomfield lors de soirées … planantes. Cependant :

"Je ne suis pas une hippie. Les hippies pensent que le monde pourrait être meilleur. Les Beatniks, de leur côté, croient qu’il ne peut pas s’améliorer et l’envoient dinguer en se contentant d’être défoncés et de prendre du bon temps."



Une session de cette époque verra le jour, ce sont 3 titres que l’on trouve sur un album du guitariste Steve Mann, ALIVE AND PICKIN’, paru seulement en 2005 sur le label BellaRomaMusic. Ces 3 titres, "Two Nineteen Train" ("219 Train"), "Trouble In Mind" et "Winin’ Boy Blues", illustrent bien ce que Janis avouait à propos de son chant à ses débuts, imitant Bessie Smith son idole. C’est du pur blues rustique millésimé 20’s & 30’s. Etonnant quand on ne connaît QUE la suite. Cette session fut enregistré avec un simple magnétophone chez Janis dans son apartement de San Francisco, alors qu’ils répétaient tous les deux en vue d’un concert de charité pour l’association CORE. C’est bien évidemment Janis qui chante, Steve l’accompagnant à la guitare. Sur le site internet du label il y a plus de détails sur cette association, www.BellaRomaMusic.com.

Fin 1964, début 1965, à San Francisco, elle joue avec Jorma Kaukonen (Jefferson Airplane, Hot Tuna), chez lui ou dans des clubs tels que le Shelter.

Mais l’aventure à San Francisco tourne au cauchemar, les excès, le manque de réussite artistique et surtout commerciale, font qu’elle retourne chez ses parents, à Port Arthur, Texas. C’est à cette période qu’à San Francisco les premiers éléments de Big Brother & The Holding Company vont se rencontrer et s’imbriquer. Chet Helms le manager va faire se rencontrer Sam Andrew le guitariste avec le bassiste Peter Albin, puis James Gurley le guitariste, David Getz le batteur arrivera peu après. Le groupe répétera près de Haight Asbury, dans une bâtisse située au 1090 Page Street.

San Francisco verra naître de grandes salles mythiques, l’Avalon Ballroom de Chet Helms, et le Fillmore West de Bill Graham. Et Janis de déclarer : "On va à l’Avalon pour la musique, et au Fillmore pour ferrer un matelot." Conséquence, Big Brother jouera très peu au Fillmore, vexé le Bill…



Après avoir tenter de reprendre le droit chemin dans son Texas natal, Janis se sent à nouveau l’envie de retenter sa chance à San Francisco, chassez le naturel… Chet Helms vient la chercher, il la présente au groupe, qui a déjà auditionner d’autres chanteuses avant Janis, une option envisageable quand on voit le succès parallèle rencontré par le Jefferson Airplane avec Grace Slick. 1966 ce sont donc les débuts de Janis Joplin avec Big Brother & The Holding Company, ça y est, la machine est en marche…

"On m’a balancée dans ce groupe de rock. On m’a refilé des musiciens dans les pattes, et la musique me poussait dans le dos. La basse me propulsait. C’est alors que j’ai décidé de me lancer totalement là-dedans. J’ai plus jamais voulu faire autre chose. C’était mieux et meilleur qu’avec n’importe quel mec. Et c’est peut-être justement ça le problème…"

Ce que confirme le réalisateur du film du festival de Monterey en 1967, D.A. Pennebaker : "J’étais sur scène en train de la filmer. Elle portait un vêtement transparent et je pouvais voir ses seins. Je les regardais et, soudain, j’ai réalisé qu’ils étaient durs, tendus, les pointes dressées. J’ai compris que, tandis qu’elle chantait, elle avait atteint une véritable extase physique."



Une autre époque ces salles :

"L’Avalon Ballroom est devenu le véritable bastion hippie, bien plus cool que le Fillmore où la clientèle se révèle plus mélangée et le panel d’artistes plus varié, allant d’Aretha Franklin à Frank Zappa, en passant par des jazzmen d’avant-garde. A l’Avalon, où les posters portent souvent imprimée la mention Dance & Concert, on ne se contente pas d’assister à un spectacle, on y danse aussi, la salle étant conçue pour cela au départ, et on y voit des projections stroboscopiques qui découpent les mouvements des danseurs et des musiciens sur la scène, les murs, le plafond et le public. Les jeux de lumière, les collages mouvants sont filtrés par un système de masques et les bulles d’un liquide gélatineux coloré. Difficile alors pour les spectateurs de ne pas se sentir propulsés dans une autre dimension, directement intégrés au spectacle. Surtout sous l’effet d’une drogue comme le LSD."

Les répétitions de Big Brother vont bon train. Après chaque répétition, Janis écoute les bandes enregistrées et en tire des leçons. L’expérience l’exalte et ses progrès sont fulgurants. Décidément, cette musique semble faite pour elle. C’est une révélation fantastique. Déterminante.

Avant son intégration dans le groupe, c’étaient les deux guitaristes Sam Andrews et James Gurley qui se partageaient les vocaux, l’arrivée de Janis allaient les libérer de ce supplice, les laissant ainsi se consacrer uniquement à leur instrument. Elle va aussi insister pour que le groupe intègre à son répertoire des traditionnels folk ou des classiques du blues, qui seront remaniés, rien à voir avec ce qu’elle chantait seule dans les petits clubs du Texas à ses débuts.



C’est le 10 juin 1966 que Janis Joplin va faire son premier concert avec Big Brother & The Holding Company, 1 semaine seulement après le début des répétitions…

"J’ai complètement explosé ce soir-là. J’étais barrée dans un trip à la Bessie Smith. Quel rush ! Un vrai rush de droguée, mais live… Tout ce dont je me souviens, c’est la sensation – un foutu coup de grisou. La musique faisait boom, boom, boom, et les gens dansaient un peu partout sous la lumière des spots, et j’étais là debout à chanter dans le micro et intégrant tout ça, et whooâ ! Je me suis défoncée. Et aussitôt après, j’ai dit : « Eh, les gars, je crois que je vais rester ! »."

David Getz : "Dés l’instant où je l’ai entendue chanter, j’ai compris à quel point elle était incroyable. Cela ne faisait aucun doute pour moi."

Sam Andrew : "Qu’on l’apprécie ou non, on était bien obligé de reconnaître qu’elle était exceptionnelle d’intensité, un véritable phénomène."

Peter Albin : "Dès qu’elle a ouvert la bouche et commencé à chanter avec ses intonations couillues et sa voix râpeuse, il a été évident pour tous qu’il fallait absolument la garder parmi nous."

Et Janis d’ajouter à propos de ses sensations nouvelles sur scène : "Ce rythme, cette puissance… Je ne pouvais y croire. Je planais complètement. C’est vraiment la meilleure came au monde. C’était sensuel, envoûtant, irrésistible. Avant, je ne dansais jamais en chantant, mais là, impossible de rester immobile. Tout d’un coup, je me suis retrouvée à trépigner et à bondir. Et je me suis mise à chanter de plus en plus fort. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Pour finir, j’étais complètement déchaînée. C’était dément !"


LP Fan Club FAN CLUB 005 r. 1983 (manquent "Oh My Soul", “Coo-Coo” & “Gutra’s Garden”)


LP Made to Last MTL 1001 r. 04 1984


LP Rhino RNLP 121 r. 1986


Edsel Records EDCD 135 r. 30 06 1990 (manque “Oh My Soul”)


CD Acadia ADA 8001 r. 16 10 2000 (manque “Oh My Soul”, mais en bonus track “Hall Of The Mountain King” enregistrée le 25 avril 1967 dans les studios de la station KQED de San Francisco)


CD Varese Sarabande 302 066 344-2 30 04 2002 (les 13 titres du concert du 28 juillet 1966, “Oh My Soul” inclus, ainsi que le bonus track “Hall Of The Mountain King”)


2 CD Airline Records AR-CD-0214 24 06 2008 (c’est cette édition qu’il faut avoir, car elle est complète, comprenant les 13 titres de juillet 1966 au California Hall, plus le titre bonus dans les studios de KQED, ainsi qu’un CD de 12 titres live, enregistrés lors des premiers concerts du groupe.

Le 28 juillet 1966, au California Hall de San Francisco, est enregistré déjà un premier live qui ne sortira en vinyl que bien plus tard sous le titre LIVE, puis en CD sous le titre CHEAPER THRILLS, dans des versions plus ou moins différentes. Ce 24 juin 2008 sort THE LOST TAPES, un double CD qui comprend ce concert complet, plus un CD d’outtakes live de Big Brother & The Holding Company avec Janis Joplin de la même période.

Il y a selon les éditions de ces enregistrements live, différentes notes de pochette. Tout d’abord celle de David Getz en 1983 lors de la première sortie de l’album sous le titre LIVE :

"Avant que nous vivions ensemble, nous répétions tous les jours dans un vieux loft sur Henry Street. Mouse & Suzi Perry vivaient là et pendant qu’on jouait Mouse et Kelly devaient concevoir les posters pour les événements du weekend à l’Avalon. Le fait qu’ils arrivaient à travailler avec tout ce monde autour m’a toujours étonné. Il y avait cette communauté de gens appelée The Family Dog qui allait et venait sans cesse, la plupart d’entre eux venaient de Detroit. Ils étaient notre public et nous étions leur groupe.

James Gurley était originaire de Detroit. Il m’a raconté que son 1er job c’était de faire l’acrobate sur la voiture de son père dans le Thrill Show à l’âge de 14 ans, il pouvait se tenir en position horizontal sur sa tête sur le capot de la voiture, alors que la voiture roulait à toute vitesse et traversait un mur de feu. La 1ère fois il a pris peur et il s’est retiré juste avant l’impact et a failli se briser le cou. Ensuite il a appris garder sa tête parfaitement droite et il ne ressentit plus rien.

Notre 1er logo c’était l’œil du Dieu Indien. Cindy, la femme de Peter Albin, avait fait une toile de soie avec l’œil de Dieu imprimé sur du cuir avec notre nom dessus.Notre 1ère interview c’était pour le Mojo Navigator, un journal très underground. Dans cette interview on critiquait le Fillmore, Janis disait que c’était plein de marins qui voulaient coucher. Nous étions d’accord pour dire que l’Avalon – où nous avons souvent joué – était l’endroit où il se passait vraiment quelque chose.

Une semaine plus tard Bill Graham – qui avait lu l’interview – vira Janis alors qu’elle était seulement devant les marches à l’entrée. Ça l’a prise par surprise.

C’était à voir, Janis et Bill se criait dessus et se courrait après à très haute voix. Janis se mettait tout de suite à gueuler dès qu’on l’emmerdait.

Janis venait du Texas, elle nous avait rejoints en juin 1966, quand elle a commencé à chanter avec nous, certains de nos fasn des débuts ne l’ont pas apprécié. Ils l’ont perçu comme une distraction. Mais on l’a tout de suite accepté. On a tout de suite ressenti pour elle de la reconnaissance, on a vite compris qu’elle était géniale et qu’on était fait du même bois. Mais les premiers mois plusieurs nous ont conseillé de se débarrasser d’elle.

Un jour on est tous monté en voiture direction Marin, on a pris un journal de petites annonces, rubriques « Maisons à louer ». Le jour-même on a trouvé une grande maison dans la petite ville de Lagunitas et on l’a loué pour 300$ par mois. Il faisait un temps magnifique. Tout semblait rouler pour nous, il ne pouvait rien nous arriver. Dieu nous protégeait. La maison était situé à la fin d’un chemin près des bois et il n’y avait pas d’autres maisons aux alentours. Sur le réservoir de butane près de là quelqu’un avait écrit "Dieu est vivant et il va bien". Plus tard quelqu’un ajouta "In Argentina". Finalement on nomma la maison "Argentina".

Peter et Cindy et leur bébé Lisa prirent l’une des chambres à l’étage, James et Nancy et nous, Hongo, avons pris l’autre. Janis avait une jolie pièce qui donnait sur le sud qu’elle décora avec des plantes.

Je vivais dans un coin à l’arrière de la cuisine. J’aimais bien. Sam et Rita allèrent dans une petite cabine en dehors de la maison. Ils étaient toujours ensemble, inséparables, dans une lune de miel sans fin.

Rapidement les conflits inévitables arrivèrent. D’un côté ceux qui tenaient à ce que la maison reste propre, de l’autre ceux qui s’en contrefichaient.

Le Grateful Dead et Quicksilver Messenger Service vivaient en communauté également à moins de deux miles de chez nous, on a fait quelques belles soirées ensemble. On a cuisiné, acheté du vin et roulé des centaines de joints à partir d’une grosse quantité d’herbe qui venait du Nebraska ou d’ailleurs.

C’était ça l’esprit de la scène de San Francisco, tout le monde jammait ensemble, 6 ou 7 guitares en même temps. Peut-être 200 personnes vinrent nous rejoindre, toute la nuit et jusqu’au matin. Un gars avait même amené une chèvre, il y avait de la merde de chèvre partout dans la maison, elle avait mangé la moitié de mon couvre-lit.

Big Brother, avec toutes ses femmes, ses amoureux, ses enfants et ses animaux vivèrent ensemble jusque la fin de 1966. Durant cette période on a répété quasiment tous les jours et même des fois après le repas du soir. Notre souci constant était de s’améliorer, et de se rapprocher les uns des autres. Ensuite nous sommes tous partis vivre en ville, mais séparément, où nous avons amélioré notre musique. Nous sommes devenus comme frères et sœurs, et ce malgré les disputes, nous nous aimions beaucoup. Ensemble, nous étions plus à même d’aborder le monde. La musique sur cet album live est représentative de cette période d’incubation et d’innocence."


Puis il y a les notes de pochette de Steve Roeser en 2000, sur la réédition de CHEAPER THRILLS par le label Acadia.

"Sam Andrew & Chet Helms vivaient parmi un une communauté dans une vieux château en ville, les propriétaires étant les parents de Peter Albin.

"C’est Chet Helms qui a monté le groupe. Je crois que l’idée venait surtout de Chet. Il était un peu le ‘Big Brother’ au sein de Big Brother, vous comprenez ?", raconte James Gurley, qui était surnommé d’après son jeu "Weird Jim".

Albin était le bassiste du groupe (suite à l’expérience qu’il avait en tant que musicien folk), tandis qu’il pouvait aussi jouer de la guitare, ce qu’il fera de temps en temps. Le nom du groupe est un mélange de deux idées ("Big Brother" et "Holding Company") parmi une longue liste de possibilités : une « combination of the two », comme le titre de l’une de leurs futures chansons.

David Getz, un artiste visuel originaire de New York, était un batteur expérimenté, bien qu’il n’est pas le batteur originel de Big Brother. Mais à l’instar de Ringo au sein des Beatles ou Fito de la Parra dans Canned Heat, il était le seul batteur qui sortait du lot.

"J’étais en fait bien plus occupé par mon art que par la musique, du coup j’ai poursuivi mes activités artistiques. Big Brother était déjà fondé. Je savais qu’ils étaient l’un des grands groupes dont tout le monde parlait. Et quand je les ai entendu, j’étais conquis." (David Getz)

Peter Albin mangeait souvent dans un endroit situé près du studio d’art de David Getz, et c’est là qu’ils se sont rencontrés – en mangeant. Getz commença à montrer de l’intérêt pour intégrer le groupe.

"Peter ne croyait pas que j’était réellement un batteur. Il pensait que j’étais essentiellement un peintre, et il ne m’a pas cru" Mais en février 1966, David Getz devint membre de Big Brother & The Holding Company, et leur groupe était au complet, du moins le pensent-ils alors.

A cette époque, Janis Joplin vient juste d’avoir 23 ans, elle chantait dans des clubs d’Austin. Après avoir vécu à New York et San Francisco avant de retourner au Texas, Joplin a poursuivi son rêve de devenir chanteuse qu’elle a depuis 4 ans, depuis qu’elle a commencé à se produire au Purple Onion Club in Houston au début de 1962. Lors de son séjour sur la baie de San Francisco, Albin et Gurley l’ont vu jouer dans un coffeehouse à North Beach. Nous sommes en 1966, avoir une chanteuse dans ton groupe était dans le coup.

"On voulait vraiment accrocher le bon wagon et devenir un groupe de San Francisco avec une chanteuse. On pensait à plusieurs chanteuses pour ce poste." (Peter Albin)

Mais Helms convainc les gars qu’il devait faire revenir Janis du Texas afin de rejoindre Big Brother.Ils étaient d’accord pour tenter le coup.

"On ne peut pas vraiment dire qu’on lui a fait passer une audition pour la place de chanteuse, on savait de quoi elle était capable et ce fut assez rapide. Je pense que chacun de nous savait que c’était elle et pas une autre." (David Getz)

Avant la première prestation de Janis avec le groupe à l’Avalon Ballroom début juin 1966, Big Brother était connu pour jouer pour jouer ce qui était appelé "freak rock" ou "freak jazz", une musique sauvage, imprévisible et des sons non-conventionnels, avec des gros feedback et de la distortion à outrance. Getz était un batteur de jazz de formation, et il était à l’aise dans ce domaine, comme Big Brother improvisait sur des thèmes composés par les premiers novateurs du jazz, comme Sun Ra et Pharoah Sanders.

Mais ils allaient devoir se calmer à ce niveau avec l’arrivée de Janis. "On a dû se calmer au niveau du son pour elle, et jouer à un niveau plus régulier". (Sam Andrew)

Il n’y a pas eu beaucoup de shows de Big Brother avec Janis avant ce concert au California Hall à la fin de juillet 1966. Tandis que certains enregistrements ont été faits de Janis chantant avant cette date, le groupe sans elle n’a rien enregistré avant, et cet album live (CHEAPER THRILLS) est sans doute le plus vieil enregistrement connu de Janis avec Big Brother.

David Getz a appris, au début des années 80, que plusieurs bandes live de Janis avec Big Brother circulaient, mais afin de pouvoir les sortir il fallait que ces enregistrements datent d’avant la signature de leur contrat avec un label. Pete Abram, qui était l’ingénieur du son au Matrix de San Francisco (dont Marty Balin était le propriétaire à l’époque) aumilieu des années 60, avait une bande.

Abram était à la console lors du concert au California Hall, et il garda l’enregistrement sur une cassette (comme il l’avait fait pour de nombreux enregistrements du Matrix) il y a 15 ans. Alors qu’en 1966 il était convenu entre Abram et le groupe que cette bande revenait de droit à ce dernier, Abram changea apparemment d’avis dans les années 80. Getz, cependant, a tenté de trouver un arrangement avec Abram pour les premières versions de CHEAPER THRILLS qui sont sorties en vinyl.

Quelques mois plus tard, à Chicago, ils avaient enregistré une douzaine de chansons pour le label Mainstream Records (l’album parut en 1967) et 3 des chansons de l’album furent jouées au California Hall. Ces trois chansons étaient "Women Is Losers" (une composition de Janis), "Coo Coo" (parfois titrée "Jack O Diamonds", avec Gurley qui partage le chant avec Janis qui joue des maracas, à la manière de Mick Jagger), et "Down On Me".

"Il y avait des adaptations de deux chansons qui étaient des spirituals américains. "Blindman" et "Down On Me". Je les chantais avant l’arrivée de Janis. Ça venait des disques de John Lomax. Ensuite Janis a ajouté quelques vers. C’est ce qui s’est passé pour "Down On Me". En fait les paroles étaient celle du traditionnel, je chantais cette partie, et Janis en ajouta, voilà pourquoi elle est créditée à Janis." (Peter Albin)

Le concert au California Hall reflète aussi l’attirance de Big Brother pour le blues américain, le Rhythm & Blues et le rock ‘n’ roll des années 50. Le concert s’ouvre avec "(Come On Baby) Let The Good Times Roll", le hit de Shirley & Lee de la Nouvelle Orléans. La voix de Janis est à des années lumières de l’innoncence de l’adolescente Shirley en 1956. Mais la chanson fonctionne très bien avec Big Brother. Il y a différents styles de titres rock ‘n’ roll ici avec "Ooh ! My Soul" de Little Richard, mais dans le cas de Big Brother, c’est plus facile d’imaginer ce groupe reprendre Little Richard que Chuck Berry.

"Moanin’ At Midnight" de Howlin’ Wolf, avec Albin qui chante, suivi par Janis, fonctionne très bien aussi. C’est peut-être à l’écoute deBig Brother reprenant cette chanson ou une autre du répertoire Chess Records qu’on les a invité peu de temps après à venir jouer à Chicago pour leur engagement au Mother Blues.

"I Know You Rider" était un blues traditionnel que Janis a sans doute déjà chanté à l’époque de son premier séjour à San Francisco du temps où elle jouait avec Jorma Kaukonen, qui à l’époque était le guitariste du Jefferson Airplane. (Kaukonen lui-même reprendra ce titre lorsqu’il formera Hot Tuna avec le bassiste de l’Airplane Jack Casady).

Il ne faut pas oublier que ce concert a eu lieu seulement 6 ou 7 semaines après l’arrivée de Janis dans le groupe, le mariage entre son country blues texan et le freaky blues-rock de Big Brother n’est pas encore complètement au point.

La chanson-clée ici, peut-être parce que c’est avec celle-ci que Janis s’est faite remarquée moins d’un an plus tard à Monterey, est la reprise de "Ball And Chain" de Big Mama Thornton. Le plus sidérant, pour tous ceux qui ont déjà entendu sa version au Monterey Pop, est que cette version ici n’est pas très différente, et il y a déjà beaucoup de passion ici.

L’arrangement, incontestablement, est le même, et c’est Big Brother qu’il faut féliciter d’être au service de sa chanteuse que bientôt le monde entier connaîtra.

"Avant l’arrivée de Janis, je chantais beaucoup de titres, Sam en chantait quelques-unes… et nous faisions beaucoup d’instrumentaux, aussi". (Peter Albin)

Un des instrumentaux qui a survécu de cette période en 1967 est "Hall Of The Mountain King", qui ne vient pas du concert au California Hall, mais est (en bonus sur ce CD) tiré d’une apparition de Big Brother dans un show TV avant le festival de Monterey, enregistré dans une station locale de San Francisco. C’est Big Brother & The Holding Company au sommet de son inventivité, reprenant un thème classique datant du 19ème siècle par le compositeur norvégien Edvard Grieg.

La suite de l’histoire, tout le monde la connaît. Ce qui se sait moins, c’est que Big Brother a continué après le départ de Janis (et après son décès). Ils se sont ensuite séparés à nouveau, puis se sont réunis à la fin des années 80. Ils continuent d’enregistrer sous le nom de Big Brother & The Holding Company (sans James Gurley cette fois) 35 ans après leur formation sous l’influence de Chet Helms.

"Big Brother est un grand groupe", déclare Gurley, bien qu’il ait décidé de quitter le groupe dans les années 90 afin de se concentrer sur ses propres enregistrements. "Quand Big Brother est chaud, je dirais que c’est l’un des plus puissants groupes de la planète. Ils le sont vraiment. Ils jouent si fort, ça me transporte".

Quand on se remémore de 1966, juste après que Janis ait rejoint le groupe, Big Brother & The Holding Company en a fait délirer plus d’un : chaque fois qu’ils jouaient !"


En 2008, sur THE LOST TAPES, on trouve deux petits paragraphes signés Sam Andrew :

"Wow. C’était les débuts. On essayait de se trouver notre identité en tant que groupe. Peter et moi assurions la plupart des parties vocales au début, et nous avons eu le sentiment que peut-être, juste peut-être, nous nétions pas els meilleurs chanteurs pour le groupe. "Summertime", une chanson que nous faisions déjà à nos débuts, parce que c’était en la Mineur et que c’était facile à jouer. Nous essayions d’imiter Cecil Taylor et John Coltrane, mais, que voulez-vous ? Nous étions juste des jeunes blancs avec de grandes idées mais pas de grands moyens. Janis Joplin nous a rejoint en provenance d’une petite ville du golfe du Texas. Elle sonnait comme Victoria Spivey, Ma Rainey et Bessie Smith. En clair, elle a fait son boulot et elle était prête pour nous remuer comme il fallait. Nous fument assez intelligents pour la suivre, et j’étais plus que prêt pour écrire des chansons pour cette magnifique voix.

Janis était amusante, réellement, vraiment amusante, pittoresque, originale et professionnelle. Tu ne rencontres pas souvent ce genre de personnes et j’aimais être avec elle, lui parler, rentrer des concerts avec elle. Mon nom est Sam Houston Andrew III, ainsi nous avions des racines texannes en commun pour travailler ensemble. Je me souviens un jour quand Janis et moi marchions au pied d’un club privé à Houston, et il y avait plusieurs nouveaux riches texans qui arrivaient en même temps qui ont commencé à nous insulter. Janis leur a dit : "Hey, vous êtes grossiers", et ils se sont barrés, conscients, malgré leur statut de riches pétroliers, que quelqu’un d’important, bien qu’ils ne savaient pas qui elle était, savait que la politesse et un minimum de gentillesse étaient nécessaire pour intégrer la société."

Je t’aime Janis!.


[couleur=#ffff00][g]LIVE / CHEAPER THRILLS / THE LOST TAPES CD 2

Nous sommes donc le 28 juillet 1966 au California Hall de San Francisco. Autrement dit à peine un mois après que Janis n’ait intégrée Big Brother & The Holding Company. L’énergie débridée de Janis et les envolées instrumentales des musiciens qui l’entourent sont déjà là.

Une reprise personnelle et peu commune de "Let The Good Times Roll" précède leur cover de "I Know You Rider", à laquelle on est déjà plus habitué. L’autre particularité de cet album live est leur cover du "Moanin’ At Midnight" d’Howlin’ Wolf, un de ces bluesmen que Janis vénérait toute jeune, on la retrouve ici habitée, échevelée, 1966 et elle est déjà époustouflante, Monterey où elle explosera ne viendra que 11 mois plus tard !

Autre curiosité, "Hey Baby", compo du groupe dans le même esprit fou que les titres précédents. Puis c’est "Down On Me", pas très éloignée de la version studio qui sera enregistrée 5 mois plus tard, et qui sera le 1er single de Janis et du groupe.

Nouvel inédit, "Whisperman", compo du groupe. L’ambiance globale de cet enregistrement se répète titre après titre, comme un bootleg d’outtakes, les versions sont brutes de décoffrage, sans calcul, c’est bon d’écouter Janis dans ces conditions.

Ce qui est étonnant, c’est la durée des chansons, relativement courtes, à peine plus longues que sur le 1er album de groupe paru un an plus tard, à qui il est reproché assez paradoxalement que la courte durée des titres ne reflète pas les impros du groupe en concert, qui n’en faisait pas tant que ça à ses tout débuts, comme peut en témoigner ce très bon CHEAPER THRILLS auquel on peut tout de même reprocher les blancs entre chaque titre, dommage pour un live, d’ailleurs c’est ce qui provoque un doute sur la date réelle de ces enregistrements, l’album étant sorti sous différentes formes avec l’ordre des titres qui varie.

"Blow My Mind" explose, "Ball And Chain" est inférieure aux versions studio et live de Monterey.

S’il y a bien un titre qui relate un mélange d’influences à la fois orientale et psyché, c’est sans aucun doute "Gutra’s Garden", mais la puissance l’emporte sur un dernier rush endiablé, dommage qu’on n’ait pas retrouvé ce titre plus tard sur scène ou sur disque.

Le concert se termine par "Harry" dont on peut entendre une version studio sur FAREWELL SONG, aussi anecdotiques l’une que l’autre d’ailleurs…

En bonus, "Hall Of The Mountain King", long titre instrumental ici enregistré pour une radio de la baie de San Francisco, KQED, ambiance lourde. Il existe une version vidéo, voir les DVDs.



THE LOST TAPES CD 1

Les titres ne s’enchaînant pas naturellement, on entand clairement que les titres ne viennent pas d’un meme concert, d’autant qu’il y a ici des titres qui ne furent joués qu’avant le 1er album (“Oh My Soul”), d’autres qui ne furent joués qu’au moment de la sortie de CHEAP THRILLS (“Turtle Blues”).

Aucun detail dans le livret sur l’origine de ces enregistrements, en majorité live cependant. L’album n’est pas non plus publié par Sony / Columbia, mais il y a tout de meme des notes de pochette signees Sam Andrew.

Place à la musique, et quell regal, ça commence très fort avec une superbe version de “Bye Bye Baby”, suit “Great White Guru” qui contient un petit passage de “Land Of Thousand Dances” de Wilson Pickett, chanté par son Peter Albin, Janis ne poussant que quelques cris don’t elle a le secret. Une belle folie se degage de ce titre.

“Women Is Losers” semble être une version studio, bien plus longue que l’originale sur le 1er album de Big Brother.

C’est encore Peter Albin qui chante “Oh My Soul”, un titre endiablé.

Une cover du classique “Amazing Grace”, qu’on trouvait déjà sur FAREWELL SONG, pas la meme version cependant, cette fois l’enchaînement se fait avec une longue jam, le tout Durant plus de 10 minutes, avec encore le refrain de “Land Of Thousand Dances”... Gros son, parlons du son justement, si ce CD n’est pas complètement officiel, il est au moins d’excellente qualité sonore.

“Caterpillar” version live. Puis “It’s A Deal” qu’on connaissait déjà de par le CD Bonus RARE PEARLS sur le coffret BOX OF PEARLS. Cette fois c’est une version live énergique. J’aime de plus en plus ce CD, un bon complement à tout ce qui est sorti déjà auparavant.

“Hi Heel Sneakers” qui était aussi sur FAREWELL SONG donc, bien plus longue ici, avec de la place pour deux bons solos de guitare. Ce sont les débuts du groupe, beaucoup d’énergie.

Une autre reprise, celle de “Faster Pussycat Kill Kill”, un instrumental joué à 100 à l’heure, tire d’un célèbre film de Russ Meyer.

Suit une magnifique version de “Turtle Blues”, le seul titre de cette collection qui se trouvait à l’origine sur CHEAP THRILLS, excellente version live, un gros blues comme Janis en était friande, elle était douée pour ça, et Big Brother montre ici qu’ils excellaient aussi dans ce style.

Une longue version de “All Is Loneliness”, superbe, et on termine par le classique des débuts “Light Is Faster Than Sound”, en résumé, un live de toute qualité, quelques curiosités qui valent le coup de posséder quand on aime ce groupe, et plus largement quand on aime Janis.[/g][/couleur]



C’est à cette époque que Janis et le groupe se rendent au Both/And sur Divisadero Street, un club de jazz où ils vont voir sur scène Willie Mae Thornton, la célèbre créatrice de "Hound Dog", chanteuse noire de l’Alabama plus connue sous le nom de Big Mama Thornton. Janis est bouleversée à l’écoute de "Ball And Chain", morceau qu’elle n’a jamais entendu et auquel elle s’identifie aussitôt :

"Pourquoi la moindre chose à laquelle je m’accroche doit-elle inévitablement mal tourner ? L’amour m’enchaîne, Il est tel un boulet et sa chaîne."



Janis se précipite en coulisses à la fin du show pour la rencontrer, Janis lui demande si elle accepte qu’elle reprenne la chanson, sur scène, et sur disque. Big Mama Thornton accepte, elle dira plus tard après avoir vu Janis sur scène reprendre cette chanson : "Janis sent exactement les choses comme moi."

Chet Helms a moins de temps pour s’occuper du groupe, dans le même temps Paul Rothchild, producteur chez Elektra, remarque Janis. Il la convoque, et lui propose de former un groupe autour d’elle avec l’organiste Barry Goldberg, Taj Mahal, Al Wilson (fondateur de Canned Heat) et le guitariste Steve Mann avec qui elle a déjà enregistré.

Mais les membres de Big Brother ne sont pas conviés, Janis est tiraillée entre le désir de devenir "quelqu’un", et le fait de lâcher ses partenaires. Ils s’embarquent alors pour un contrat de 6 sets par soir au Mother Blues, un club de Chicago, mais l’affaire tourne court, c’est alors que Bob Shad du label Mainstream – qu’ils avaient rencontré juste avant leur séjour à Chicago – les rappelle pour leur signer un contrat. C’est chose faite le 23 août 1966 – tout va très vite – le disque est enregistré à la va-vite aux studios United de Chicago tout d’abord – Bob Shad refusant de leur payer leur voyage de retour vers San Francisco… Puis aux studios Houston à Los Angeles.





Le premier album, simplement titré BIG BROTHER AND THE HOLDING COMPANY, paraît en septembre 1967. Il ne retranscrit pas l’ambiance des concerts du groupe, de par la durée des chansons qui ne dépassent pas les 2’40” sur le disque, alors que sur scène elles sont prétextes à de longues improvisations.

[couleur=#ffff00][g]BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY

L’album commence par un titre plutôt bluesy, "Bye Bye Baby", tout comme "Call On Me", alors que "Easy Rider" a plutôt des consonances assez country, ce qui peut paraître assez étonnant avec le recul quand on connaît la carrière de Janis et de Big Brother, mais il ne faut pas oublier qu’elle est originaire du Texas. Le côté psyché est flagrant sur des titres comme "Intruder" ou le classique "Light Is Faster Than Sound". "Down On Me", le single de l’album, qui n’entrera dans le Billboard qu’un an après la sortie de l’album ( ?!!!), a – comme la majorité des titres de l’album – moins d’impact ici en studio que sur scène. Autre exemple, "All Is Loneliness", qui dure ¼ d’heure sur scène, n’a pas le temps de s’exprimer et d’exploser ici avec ses 2’30", inachevée donc, mais c’est le producteur Bob Shad qui en a décidé ainsi. Un album pas si désagréable que cela, plutôt court par conséquent (33 minutes bonus tracks inclus !!!), alors que sur scène ils jouaient 3 ou 4 titres en ½ heure. Autre remarque, on sent bien que ça date de la seconde partie des 60’s, pourtant cette musique n’est pas complètement qualifiable de psychédélique, elle le sera encore moins par la suite.[/g][/couleur]

Les notes de pochette de la réédition de l’album en 1999 sont signées Sam Andrew, il raconte leur arrivée à Chicago, les premiers contacts avec le producteur Bob Shad qui leur fait signer un contrat avec son label Mainstream Records, les gigs au Mother Blues où certains soirs ils jouaient devant 5 à 10 personnes dans une salle qui pouvait en contenir 200… On nous disait qu’on sentait mauvais, en effet, c’était du patchouli, qui n’avait pas encore traversé le Mississippi à l’époque !. Puis le club a fait faillite, ne les payant plus. Puis c’est l’enregistrement de l’album à Chicago, qui se poursuit donc à Los Angeles : Je me souviens dans le même studio il y avait Glen Campbell qui enregistrait avec l’équipe de Phil Spector : Leon Russell, Carol Kaye et Hal Blaine. Derrière les portes vitrées, on aurait dit des employées de bureau, assis derrière leurs instruments.

Poursuivant sur l’enregistrement de l’album : Sam Andrew :

L.A. c’était fun, mais ces sessions à Chicago étaient très spéciales. Nous n’avions jamais mis les pieds dans un studio avant, et là nous étions dans cette ville étrange, afin d’enregistrer. Mainstream était un vénérable label de jazz qui vivait alors des moments difficiles. On trouvait qu’enregistrer là était assez académique. Heureusement nous avions une belle opportunité – et ce grâce à nos gigs au Mother Blues – de peaufiner notre son. L’album sonne assez acoustique aujourd’hui, du folk-rock mélodique, si doux et innocent. Voici quelques commentaires à propos des chansons de l’album :

"Bye Bye Baby" : Chanson écrite par Powell StJohn, qui était membre des Waller Creek Boys à Austin avec Janis. C’était difficile de l’enregistrer parce que ça ne nous ressemblait pas. La version alternative contient la partie vocale de Janis en une piste.

"Lights Is Faster Than Sound" : Depuis que Peter Albin a étudié la photographie, j’ai pensé que la photographie était plus rapide que la musique. Mais Peter m’a dit que non. Quand nous l’avons enregistré, ses lèvres était plus molles que d’habitude, il était comme transfiguré. Et quand nous avons commencé à chanter « Whoa » pendant le pont, nous avons dû arrêter car nous avions tous un fou rire.

"Call On Me" : Janis et moi chantons cette ballade en duo. C’était la première chanson que j’ai écrite pour Big Brother.

"Women Is Losers" : Janis avait entendu une chanson appelée "Whores Is Funky" quand elle vivait au Texas. Elle en avait aimé la grammaire. Nous avons fait 3 arrangements différents pour cette chanson.

"Coo Coo" : Parfois nommé "Jack Of Diamonds", cette chanson date de la période folk de Peter Albin. Il joue la lead guitare sur ce titre, et sur scène ça faisait décoller le groupe.

"Blindman" : C’était un veux spiritual que Peter a réarrangé. C’est un parfait exemple du son folk-rock que nous avions sur cet album.

"Down On Me" : J’avais une cassette de cette chanson par un groupeblanc de gospel des années 30, alors que Janis avait une autre version des années 50. James suggéra qu’on la fasse d’une façon un peu plus contemporaine afin que ça plaise à l’auditeur.

"Caterpillar" : Quand j’ai songé le premier à former un groupe avec Peter, il pensa qu’on devrait jouait partout dans le monde des chansons pour enfant. C’était la 1ère qu’il a écrite. Il avait toute sorte de vers différents, comme "I’m a Jimmy Dean sausage. Frying for your love."

"All Is Loneliness" : Cet ami du nom de Moondog restait sur des coins de rues de New York, vendant des paroles de chansons qu’il avait écrites. Quand nous lui avons dit qu’on avait enregistré l’une de ses chansons, il a demandé : « Vous l’a jouée en 5/4 ? », on lui a répondu : « En fait, nous sommes 5 et on la joue à 4 ».

Janis a doublé sa voix pour "Bye Bye Baby", c’était une nouveauté pour elle, nous étions contents du résultat. Les ingénieurs du son de chez Mainstream ont tout fait pour qu’on n’entre pas dans le rouge avec les solos de guitare, c’était leur principal souci, et ils n’étaient pas prêts pour explorer de nouveaux territoires… En fait ils étaient habitués à enregistrer du jazz avec des instruments acoustiques et des voix de chanteurs noirs, nous ne pouvions être plus différents !!! Ils nous demandaient sans cesse de jouer moins fort, du coup, l’album n’a pas sonné comme nous l’espérions. Je me suis mis à aimer cet album pour ce qu’il est avec le temps, un échantillon du matériel des débuts de Big Brother.Au fil de l’enregistrement, nous étions devenus aussi effrayés que lors de notre premier concert à l’idée de monter sur scène. Et quand nous avons quitté Chicago, nous n’avions toujours pas d’argent !

Howlin’ Wolf à Chicago : Lors de notre séjour à Chicago, j’ai pu me balader dans les rues et écouter de la musique. Ces légendes de Chicago que j’avais tant écoutées sur disque – que je croyais tous au paradis du blues à ce moment – ils jouaient encore dans des petits clubs, assis à côté de table de billard, jouant leur musique pleine de vérité. Je me souiens avoir vu Howlin’ Wolf – un physique impressionnant avec des chausettes blanches et des mains gigantesques et un son de guitare incroyablement mystique – assis dans une vieille chaise en bois, dans un endroit appelé Big John’s. Et il m’a dit « Tu as plus d’âme que je peux en avoir dans mes chaussures ». Plus tard, j’ai passé ma tête dans un autre club pour voir un blanc y jouer (c’était excellent), et il m’a dit : « Hey le hippy, dégage d’ici », ce que j’ai fait.


Ce qui est amusant à la lecture des commentaires de Sam Andrew à propos des ingénieurs du son, c’est de comparer l’évocation de ces enregistrements avec ce qui est dit sur les notes de pochette arrière du vinyl original. Où le label se vante d’avoir enregistré un groupe qui brise des barrières, qu’ils se sont bien garder de les aider à franchir lors de l’enregistrement, qui a eu lieu – rappelons-le – en décembre 1966. Entre l’enregistrement de l’album et sa sortie, il y a eu le festival de Monterey… qui est également évoqué dans ces notes de pochettes.
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 18:52

En décembre 1966 elle voit Otis Redding au Fillmore, assiste même aux soundchecks des concerts de son idole, voulant le voir se concentrer, s’échauffer, avant de monter sur scène avec les Bar Kays : "D’Otis Redding, j’ai appris à totalement investir une chanson, à la vivre au lieu de simplement l’effleurer en surface."




Georges & Janis Joplin

Début 1967, Janis emménage sur Lyon Street, où elle vira jusque l’hiver 1968, date à laquelle elle se fera virée car le propriétaire découvre qu’elle a un chien, George, son fidèle compagnon qu’on lui enlèvera le jour où elle le laisse dans sa décapotable, une perte dont elle souffrira beaucoup.

"Janis attendait une dévotion totale, de tout instant, une présence permanente. Seul George le chien pouvait répondre à cette attente ! Il y avait chez elle un besoin d’amour impossible à assouvir. Elle avait envie de recevoir de l’amour plus que d’en donner." (Linda Gravenites)

C’est à ce moment qu’elle a une liaison de 3 mois avec Country Joe McDonald, qui lui écrira un hommage posthume, "Janis", sur son album I FEEL LIKE I’M FIXIN’ TO DIE. "Ce n’est pas si souvent que quelque chose de spécial survient dans la vie / Et tu auras été pour moi ce quelque chose de spécial." Joe raconte sa rupture à Rolling Stone : "Un jour je lui ai dit : « On dirait qu’on s’entend plus très bien », ce à quoi elle a rétorqué : « Ouais, je sais. ». " Sur ce, Joe fait aussitôt son sac et quitte tranquillement la pièce devant une Janis en apparence placide et résignée… mais qui va aussitôt s’effondrer en larmes dans les bras de son amie Peggy Caserta.


DVD paru en 2006.

En mars 1967, le Grateful Dead et Big Brother apparaissent dans le film PETULIA de Richard Lester. Ray Wagner raconte le tournage : "Même quand le groupe ne jouait que pour les mises en place ou les répétitions, Joplin chantait à tue-tête, comme si sa vie en dépendait. Une fois, je lui ai dit : « Janis, tu peux te ménager, on ne filme pas encore ». Et elle m’a fait un grand sourire de petite fille : « J’aime chanter ». Et elle chantait une heure, deux heures d’affilée, au même régime."

En avril rencontre avec Jim Morrison lors d’une soirée, rencontre qui tourne au vinaigre… pour en savoir plus se procurer le livre JANIS JOPLIN de Jean-Yves Reuzeau dont je me suis largement aidé pour cette bio ainsi que de la saga de Georges Lang.

Lors d’un concert au Matrix de San Francisco, Paul McCartney est dans l’assistance : "Devinez qui était en ville la semaine dernière – Paul McCartney, un des Beatles. Et il est venu nous écouter !!! Grands dieux du ciel ! Il est venu au Matrix et il nous a vus et quelqu’un nous a dit qu’il avait aimé ça. Est-ce que c’est pas excitant !!! Si j’avais su qu’il était là, j’aurai bondi hors de scène et je me serais ridiculisée devant tout le monde."



Du 16 au 18 juin 1967, se tient le désormais mythique Monterey Pop Festival, LOVE, FLOWERS AND MUSIC. C’est John Phillips des Mamas & Papas qui chapeaute le tout, pensant que son groupe serait LA vedette du festival, mais dans ce festival il y eut les prestations énormes de Jimi Hendrix (que Janis rencontre à cette occasion, ils sympathisent de suite), Otis Redding (devant une Janis toujours admiratrice et un Brian Jones en larmes paraît-il) et des – encore méconnus – Big Brother & The Holding Company, ces derniers rejoueront d’ailleurs en tête d’affiche le dimanche soir suite à leur première époustouflante prestation du samedi. Le film qui suivra, de D.A. Pennebaker, retrace cet événement, avec ce petit détail qui déplaira fortement aux membres du groupe, c’est que les caméras resteront fixées sur Janis, et quasiment pas sur eux. Mais le succès et la reconnaissance sont là. Mama Cass Elliott est bouche bée, Mike Bloomfield, Paul Butterfield ou Eric Burdon le sont aussi.


[g]THE MONTEREY INTERNATIONAL POP FESTIVAL June 16-17-18 1967 (Coffret 4CD – 1992)[/g]
5 titres du groupe sont sur ce coffret
"Down On Me", "Combination Of The Two" (qu’on entend également dans le film), "Harry”, “Road Block” et “Ball And Chain”.
Par contre on ne sait pas si les titres ont été enregistrés lors de leur prestation du samedi après-midi ou lors de celle du dimanche soir. Sur le coffret JANIS paru un an plus tard (1993), on y trouve “Road Block” et “Ball And Chain”, enregistrés le 17 juin, soit le samedi, et sont annoncés comme inédits.

[couleur=#ffff00][g]THE MONTEREY INTERNATIONAL POP FESTIVAL June 16-17-18 1967 (Coffret 4CD – 1992)

Ce coffret donnera une belle place à la performance de Janis Joplin au sein de Big Brother & The Holding Company. Autant dans le film du festival c’est la seconde performance du groupe qui est filmée, celle du dimanche soir, le 18 juin, autant sur ce coffret il semble que ce soit la performance du samedi après-midi, le 17 juin, qui est proposée, celle qui a déclenché la seconde. Volant aisni la vedette aux Mamas & The Papas devant une Mama Cass bouche bée. Exception faite de "Ball And Chain" qui semble être celle du second soir.[/g][/couleur]

"Elle avait un trac fou, mais dès qu’elle est montait sur scène, c’était le « Texas ». Elle pleurait quand elle en est descendue. Elle a "volé le show"." (John Phillips)

"C’est la meilleure chanteuse de blues que je n’ai jamais entendu !" (Phil Elwood, critique jazz du San Francisco Examiner)



En 2002 est sorti ce superbe coffret de 3 DVD comprenant le film du festival déjà publié il y a quelques années, où l’on y voit Janis chanter cette légendaire version de “ Ball And Chain”, ainsi que "Combination Of The Two" qui sert d’intro musicale au film, comme raconté plus haut, sur la vidéo de "Ball And Chain", il n’y a quasiment que Janis qui est filmée, et ce en gros plan.

"Ball And Chain": http://www.youtube.com/watch?v=Tb4t0Mxq3J4

On trouve également dans ce coffret un DVD reprenant les prestations de Jimi Hendrix et d’Otis Redding, mais aussi un DVD appelé THE OUTTAKES PERFORMANCES, de vidéos jusque là inédites de différents artistes présents ces 3 soirs, Big Brother y est présent avec "Combination Of The Two" mais avec cette fois les images du groupe. Groupe qui est d’ailleurs plus "visible" que sur "Ball And Chain" dans le film.


Grace Slick & Janis Joplin

Albert Grossman va alors commencer une lutte acharnée pour faire casser ce contrat de 5 ans avec le label Mainstream et faire signer Janis sur CBS, ce sera chose faite en mars 1968. Entre temps, le 1er album est sorti en septembre. Il culminera à la 60ème place. Julius Karpen le manager et les autres membres du groupe ont compris que c’est Janis et non le groupe qui intéresse CBS. Les relations au sein du groupe vont s’en ressentir. Le groupe s’installe à New York.

"Quand on m’a dit que j’étais une star, je ne pouvais réellement le croire. J’ai seulement commencé à chanter il y a deux ans. Tu sais, j’étais juste une beatnik, faisant mon truc… Comment est-ce possible que je me retrouve surnommée « La meilleure chanteuse blanche de ma génération ? »"



Le 10 décembre 1967, Janis, en larmes, appelle Sam Andrew afin qu’il la rejoigne chez elle, elle vient d’apprendre le décès d’Otis Redding. Ensemble ils vont écouter ses disques toute la nuit. Après un retour chez ses parents au Texas pour les fêtes de fin d’année, elle retourne à San Francisco pour le concert du Nouvel An au Winterland. Outre Big Brother & The Holding Company, à l’affiche il y a Quicksilver Messenger Service, Chuck Berry, Jefferson Airplane et Freedom Highway. Elle découvre qu’elle est enceinte, mais elle ne sait pas qui est le père, elle se rend compte alors qu’elle doit tout sacrifier pour la musique, il lui est impossible de garder cet enfant alors que les portes de la gloire lui sont grandes ouvertes. Elle se fait avorter au Mexique. Un évènement qui accentuera sa déprime.

"Je ne peux pas écrire de chanson si je n’ai pas souffert avant. Comme lorsque quelqu’un t’a fait souffrir et que tu es persuadée que personne ne t’aimera jamais plus comme tu souhaiterais l’être."

Elle confie à Dave Richards que, plus tard, elle pense ouvrir un bar-cabaret pour bikers, afin de trouver le repos, buvant le coup et chantant seule accompagnée au piano. Jouant aussi au billard avec ses meilleurs amis. C’est Dave Richards, le premier, qui commence à donner le surnom de Pearl à Janis, après avoir lu dans un drugstore l’inscrïption pearl barley, perle d’orge. Une blague d’un jour qui va perdurer bien au-delà de la disparition de la chanteuse.



A New York lors de soirées ou en coulisses, elle va recroiser Jimi Hendrix, Jim Morrison, Leonard Cohen alors qu’elle cherchait Kris Kristofferson. C’est Bobby Neuwirth, confident des plus grands, qui présentera Johnny Cash à Kris, ils deviendront amis intimes, compagnon de route de Dylan, ange gardien de Jim Morrison. C’est Bob Neuwirth qui fera connaître la chanson "Me And Bobby McGee" et son auteur à Janis. C’est encore lui qui, dans un bar, sur un napperon, et à partir d’un vers de Michael McClure, composera "Mercedes Benz" avec Janis.

Leonard Cohen raconte sa rencontre avec Janis dans l’ascenseur du Chelsea Hotel à New York :
Leonard Cohen : "Vous cherchez quelqu’un ?"
Janis Joplin : "Oui, je cherche Kris Kristofferson."
Leonard Cohen : "C’est votre jour de chance, gente dame, je suis Kris Kristofferson."
Et Janis, pas dupe, un sourire malicieux au coin des lèvres, lui dit alors : "C’est curieux, je vous imaginais plus grand…"
En souvenir de cette brève et fulgurante rencontre avec Janis (habillée cette nuit-là "de cuir, de plumes et de franges", comme Leonard le racontera), il écrira la chanson "Chelsea Hotel #2", qui figurera en 1974 sur l’album NEW SKIN FOR THE OLD CEREMONY. Cohen avouera plus tard avoir regretté d’avoir révélé que Janis Joplin était le secret de cette chanson.

Je me souviens bien de toi au Chelsea Hotel,
Tu parlais avec tant d’audace et de douceur ;
Me prenant dans ta bouche sur le lit défait,
Tandis que les limousines patientaient dans la rue.
Telles étaient les circonstances, et c’était New York,
Nous étions en quête d’argent comme de chair ;
Et cela s’appelait l’amour pour les trimardeurs de la chanson,
Et c’est sans doute encore le cas pour ceux qui suivent.


(I remember you well in the Chelsea Hotel,
you were talking so brave and so sweet,
giving me head on the unmade bed,
while the limousines wait in the street.
Those were the reasons and that was New York,
we were running for the money and the flesh.
And that was called love for the workers in song
probably still is for those of them left.)

Et Cohen précise avec une surprenante franchise que Janis lui dit qu’elle préférait « les très beaux mecs », mais que pour lui « elle ferait une exception »

En serrant le poing pour ceux qui comme nous
Sont opprimés par la notion de beauté,
Tu t’es shootée, tu as dit : « Eh bien, peu importe,
Nous sommes laids, mais la musique nous appartient.


(And clenching your fist for the ones like us
who are oppressed by the figures of beauty,
you fixed yourself, you said, "Well never mind,
we are ugly but we have the music.")



Le 17 février 1968, c’est le 1er concert du groupe à New York, avec B.B. King en 1ère partie, à l’Anderson Theater qui fermera d’ailleurs ses portes le mois suivant suite à l’ouverture du Fillmore East. C’est un énorme succès, les critiques sont enthousiastes, les cachets des concerts vont désormais être multipliés par 10, la signature avec CBS est officielle, 4 rappels lors de ce concert de feu.

"Quand les femmes chantent, elles donnent tout ce qu’elles ont dans les tripes. Parce que pour exister dans l’industrie musicale, il leur a fallu sacrifier beaucoup plus qu’on pourrait l’imaginer. Toutes, elles laissent tomber leurs gosses, leur mec, leur vie familiale. Elles renoncent à toute stabilité, à l’exception de la musique. Car c’est la seule chose qui te tienne. Alors, si une femme veut chanter, il faut vraiment qu’elle en veuille. Un mec, c’est différent, il peut se contenter de voir ça comme un passe-temps. Il sait qu’il pourra baiser le soir même."

"Les vrais hommes habitent à la campagne, dans des cabanes en rondins, ils font pousser de l’herbe et s’échinent à couper des arbres. J’en rencontre jamais. Mais je suppose que c’est justement ça qui te refile davantage de feeling…"

Le 8 mars 1968, c’est la soirée d’inauguration du Fillmore East à New York, Big Brother est convié, avec Albert King et Tim Buckley en première partie. Succès énorme, CBS ressent le besoin urgent de sortir un nouvel album afin de capitaliser sur le succès du moment. Les séances d’enregistrement de l’album CHEAP THRILLS démarrent le 19 mars au studio E de Columbia à New York, mais les sessions vont s’éterniser, durant plusieurs mois, au grand dam du label. Big Brother est définitivement plus à l’aise sur scène qu’en studio. C’est le maniaque John Simon qui est chargé de la production, lui qui déclara au sujet du groupe : "Les faire entrer en studio était un véritable gâchis. Big Brother est juste bon à être capturé sur scène, à la façon d’une expédition anthropologique, comme le témoignage d’une société primitive."



Mi-avril seulement 2 titres sont terminés, "Combination Of The Two" et "Piece Of My Heart". Sam Andrew et James Gurley réalisent à l’écoute des bandes qu’ils ne pourront reproduire sur scène la musique qu’on leur fait enregistrer. Les affiches des concerts révèlent le malaise: Janis Joplin With Big Brother And The Holding Company. Les défauts acceptables sur scène sont inadmissibles sur bande. L’écart grandissant entre Janis et les membres du groupe la déprime à tel point qu’elle se console dans l’alcool. Cependant, en studio, elle était très sérieuse, Elliott Mazer, assistant de John Simon, témoigne :

"Elle était incroyablement concernée. Deux semaines durant, avec l’ingénieur du son, nous restions tous les trois en studio de 14h à 7h du matin. Tout ce qu’on a pu prétendre ici ou là, qu’elle s’amusait sans cesse, et tout ça, ce n’est que des conneries ! Je n’ai jamais connu une artiste aussi bosseuse. Elle était 20 fois plus sérieuse que n’importe qui d’autre dans ce groupe."

Ce que confirment les images du DVD NINE HUNDRED NIGHTS. Cependant John Simon est moins élogieux :

"On sentait qu’elle prévoyait chaque gémissement et chaque cri, au fur et à mesure. Quand on faisait une prise et qu’elle disait : « J’aime ça ! », la prise suivante, elle le refaisait exactement de la même façon. Elle contrôlait tout, avec méthode, un peu comme on remplit une grille de mots croisés. Cette attitude perfectionniste pourrait se révéler contraire à l’esprit du blues."


Janis Joplin with Andy Warhol and Tim Buckley in New York

Du 5 au 7 avril, BB King se produit à nouveau en 1ère partie de Big Brother & The Holding Company au New Generation Club de New York, dans Greenwich Village. La veille du 1er concert Martin Luther King est assassiné à Memphis. BB King s’assoit dans les loges avec le groupe et partage avec tous son désarroi. Tandis que des émeutes raciales meurtrières continuent d’éclater dans une centaine de villes à travers le pays, à commencer par Washington, Ben leur dit à quel point il est encore plus convaincu de la nécessité de se lier d’amitié entre gens de couleurs différentes. Son concert, ce soir-là, fut bouleversant d’émotion partagée avec le public. Janis et Big Brother participeront à un hommage organisé à la mémoire du leader noir, à New York, au Generation Club.

De passage à San Francisco, le groupe et Janis répètent dans un local des FM Productions, au 675 Golden Gate Avenue. Ils se rendent ensuite à Hollywood, aux studios Columbia, sur Sunset Strip, pour tenter d’en finir avec leur album. Le groupe est harassé, mais Janis toujours aussi motivée et impatiente. Eric Clapton détend un peu l’atmosphère en venant jammer un moment avec eux en studio.



Ils se produisent ensuite les 12 et 13 avril au Winterland, une ancienne patinoire reconvertie en salle de concerts en mai 1966. 5400 places, Bill Graham en fera son vaisseau amiral après la fermeture du Fillmore West en 1971. Les enregistrements de ces deux concerts donneront en 1998 l’excellent album LIVE AT WINTERLAND ’68. La scène a requinqué tout le monde. Ils partageront aussi l’affiche avec Booker T. & The MG’s et Iron Butterfly.

Les notes de pochettes sont signées Ben-Fong Torres, David Getz, Sam Andrew et Jaan Uhelszki. On trouve aussi dans le livret des témoignages intéressants de chanteuses, contemporaines de Janis ou simplement des admiratrices telles que Stevie Nicks, Patti Smith, Meredith Brooks, Kim Gordon de Sonic Youth, Amy Ray, Joan Jett, Ann & Nancy Wilson de Heart, Chrissie Hynde et Deborah Harry.

"L’étoile fillante que fut la rose Janis Joplin, vola, puis a chute en tout juste 3 ans. Depuis l’été 1967, quand elle explosa sur le plan national avec Big Brother & The Holding Company au Monterey International Pop Festival, jusqu’à la fin de l’année 1970, lorsqu’elle décède dans sa chamber d’hôtel à Hollywood. Ces enregistrements témoignent de l’un des sommets de sa carrier, au printemps 1968, quand Big Brother & The Holding Company était la tête d’affiche pour 3 nuits triomphales dans LEUR ville de San Francisco. Afin d’anticiper la venue en masse du public, le promoteur Bill Graham a programme les deux dernières nuits au proche Winterland, une ancienne patinoire. Pour l’époque, c’était une programmation très éclectique, avec Big Brother qui partageait l’affiche avec les maîtres de la soul de Memphis, Booker T. & The MG’s, et Iron Butterfly, un groupe de heavy-metal de Los Angeles qui cartonnait alors avec leur unique succés, “In-A-Gadda-Da-Vida”."

Big Brother, à dire vrai, n’a eu également qu’un seul succés, “Piece Of My Heart”, entrant dans le Top 40 des charts. Mais ce n’est pas pour un tube qu’ils en sont arrivés là. Comme Janis le déclara à Nat Hentoff du Village Voice, comparant sa ville adoptive à New York: “San Francisco est différente. Je ne dis pas que c’est parfait, mais les groupes de rock ne se forment pas juste pour dire de former un groupe. Ils aiment bien être defoncés et jouer pour faire danser les foules”.

1 an et demi plus tôt Janis était arrivée de Austin, Texas, pour les rejoindre, Big Brother était un jam band, il jouait dans des soirées organisées par Chet Helms dans une grande maison victorienne près de Haight-Ashbury à San Francisco. Au moment où Janis les a rejoint au milieu de 1966, raconte Sam Andrew, le groupe était une formation locale, “c’était une sorte de blues progressif-régressif délirant”.

Avec l’arrivée de l’ouragan Janis Joplin, les 4 mecs du groupe ont dû faire quelques ajustements, et, dans leurs premiers concerts, ils sonnaient comme s’ils étaient encore en train de répêter – ou alors qu’ils étaient défoncés. C’était du rock brut, et selon les critiques de l’époque, ce n’était pas près de changer.

Mais c’est cette caractéristique qui a fait de Big Brother un grand groupe ; le cœur fragile de Janis, imprégnée de blues et d’émotion, est ce qui a fait d’elle une star. Parmi les femmes, elle fut la première provocatrice de l’histoire du rock, bousculant l’ordre établi sur ce que doit chanter et comment doit chanter une femme.

"En tant que chanteuse, sur scène, elle n’avait pas d’égal. A cette époque, elle et Tina Turner étaient au-dessus du lot, elles avaient ce charisme physique et cette chaleur compatissante. Je l’ai trouvé extrêmement féminine. Elle désirait vraiment séduire." (Patti Smith)

Au printemps 1968, Janis était un phénomène médiatique. Principalement à cause d’elle, le groupe a choisi le légendaire Albert Grossman comme manager. Et ils viennent de débuter l’enregistrement, avec du mal, de leur 1er album pour une major, CHEAP THRILLS. La pression commence à venir, surtout de l’extérieur. Les critiques, parmi lesquels quelques camarades musiciens, ne tarissait pas Janis d’éloges. Mais le groupe, disaient-ils, n’était pas dans le coup, des amateurs, Janis devrait s’en débarrasser.

Les membres du groupe n’ont jamais tenu compte de ces critiques. Comme ils jouent au Fillmore et au Winterland, ils étaient occupés par leur première tournée nationale, et ils sentaient qu’ils étaient devenus un groupe plus resserré, plus professionnel que jamais.

"Quand j’écoute nos enregistrements de l’époque, c’est amusant. C’est vraiment bon pour un groupe comme Big Brother. Quand on pense que nous étions qu’un groupe sympa mais un peu paumé" (David Getz). A peine deux ans avant, en 1966 les groupes n’étaient quasiment qu’un bruit de fond, une bande son live pour les scènes des pistes de danse, les light shows, et la musique se jouait au travers une brume tourbillonnante. "Maintenant, les gens viennent s’asseoir et considèrent la musique comme un spectacle à part entière." (David Getz)

A l’époque où ils sont venus jouer au Winterland, Janis était devenu le centre d’intérêt de la soirée. Dès que Janis a pris conscience de ce fait, Big Brother n’était plus vraiment un groupe. C’était Janis Joplin et une bande de mecs. Les membres du groupe se sont fait voler la vedette par leur chanteuse, du fait qu’elle pourrait fonder son propre groupe et devenir une star toute seule.

Les membres du groupe ne gardent pas les mêmes souvenirs de cette époque. "Il n’y avait rien qui laissait présager qu’elle allait nous quitter", raconte David Getz, se rappelant du printemps 1968. Sam dit qu’il n’était pas inquiet par le succès de Janis au détriment du reste du groupe. "Je l’aime et son chant est meilleur que celui de n’importe qui, et jamais il n’y aura de concurrentes avec elle. Elle n’a pas engendré de lutte de personnes dans le groupe. Son talent était si authentique qu’il n’y avait pas de problème de rivalité. Nous avons tous eu notre part de plaisir dans la célébrité que nous avons vécu, et chacun pour différentes raisons. J’étais simplement heureux d’avoir eu un tel instrument pour qui écrire des chansons".

Les chansons de Sam Andrew étaient "Flower In The Sun", "Call On Me", et 3 chansons qui seront enregistrées pour CHEAP THRILLS, "Farewell Song", "I Need A Man To Love" et "Combination Of The Two".

"J’ai écrit ces chansons telles que vous les entendaient, et je ne pensais pas que le groupe aurait été capable de les jouer. Je suis étonné aujourd’hui que de tels arrangements ont été tenté par un groupe – même par un groupe des années 60".

Sam travailla avec Janis sur "Summertime", un changement radical comparé aux trucs écervelés qu’on avait joués jusque-là. Janis a donné une nouvelle lumière à ce classique. "Elle l’a chantée à une très haute intensité, c’était comme si du métal fondu avait été déversé dans la structure plutôt conventionnelle de la chanson".

Elevée dans le folk et le blues, Janis apporta ces éléments dans des chansons du groupe telles que "Women Is Losers" et "Brownsville", qu’ils ont retravaillé pour en faire "Catch Me Daddy". "Cette version est peut-être la meilleure que je n’ai jamais entendue" (David Getz). Il aimait aussi "Magic Of Love" qui fut écrite par le chanteur et songwriter folk Mark Spoelstra. "C’est probablement la meilleure version d’une chanson qu’on aurait sans doute jamais jouée à nos débuts. Elle s’est appropriée cette chanson folk-pop des années 60 avec son propre style". Comme elle le fit avec d’autres chansons d’autres styles. Janis savait tout chanter.

Les membres de Big Brother n’ont jamais pris leur travail à la légère. Pour la tournée qui démarrait au Winterland, raconte Sam, ils ont répété plus de 8 heures par jour afin de maîtriser les arrangements les plus complexes. Leur dévotion a fait que les critiques les ont profondément marqués.

"On était tous déprimés, et puis nous avons relativisé car on savait que sur scène on ne pourrait jouer à un niveau technique aussi haut. Mais on sentait qu’on avait atteint nos objectifs – toucher émotionnellement les spectateurs et les faire danser. Avec le temps, on a passé moins de temps à peaufiner, et plus à savourer". (Peter Albin)

Le groupe était peut-être lâché par la presse, et ils étaient peut-être secoués par le fait qu’on essayait de les déstabiliser, ils étaient sans doute des accrocs à l’alcool et aux drogues, il n’empêche que sur scène, rien n’arrêtait leur énergie. Sur la Côte Est, il y avait une artiste qui suivait Big Brother avec un intérêt grandissant, c’est Patti Smith. A la find es années 60, elle disait qu’elle ne voulait pas s’essayer au rock and roll. Elle était plutôt portée sur l’art, la poésie et l’écriture. Mais quand elle a ajouté la musique à ses lectures, et trouva un intérêt au rock, elle a pris des leçons aux pieds de Janis Joplin qu’elle a vue sur la scène du Fillmore East à Manhattan.

"Elle donnait tout ce qu’elle pouvait sur scène. Je n’avais jamais vu un tel artiste sur scène. S’il y a un point sur lequel elle m’a influencée, c’est son éthique. Se donner sur scène est parfois très difficile pour des raisons diverses : dans quel situation émotionnelle vous vous trouvez, la sono est horrible, ou à cause de la chaleur ou de l’humidité, ou de votre état d’esprit, l’un des musiciens peut être malade ou avoir avalé certaines substances, bref, malgré tout ça, elle passait au travers de tout ça." (Patti Smith)

Jouant à San Francisco en avril 1968, Janis et Big Brother ressentirent moins de difficultés que d’habitude. "C’était génial de revenir chez nous, on avait un sentiment de confort" (David Getz). Pas qu’ils ne sentaient pas à leur aise en tournée, ajoute-t-il. "Il y avait beaucoup de confiance. Mais on partageait la scène avec des artistes si différents de nous, on a joué avec B.B. King, Albert King, Blood, Sweat & Tears, et ils étaient géniaux. Mais on avait notre propre énergie." (David Getz)

"On était ravi d’être chez nous. Nous avions joué 8 jours d’affilée, et nous étions vannés, mais reposés et plein d’énergie dans le même temps. Nous voyions toujours San Francisco comme une sorte d’oasis, bien qu’il y ait de superbes endroits à Londres, New York, ou dans la plupart des grandes villes que nous avions visitées. Il y avait quelque chose de particulier avec San Francisco – les couleurs pastelles des maisons dans le quartier de Sunset, les maisons Victoriennes sur Pine Street, les groupes d’Austin ou de Detroit, où étaient nos amis. Il y avait quelque chose de spécial avec cette ville en dehors du fait que c’était NOTRE chez nous." (Sam Andrew)

Pour Janis, qui adorait la popularité qu’elle ressentait, il y avait simplement quelque chose de spécial à se produire sur scène. "Je suis pleine d’émotion et je veux une délivrance. Si tu es sur scène et que ça marche bien et que tu as le public avec toi, tu ressens une unité. Je suis en moi, et ils sont en moi, et tout roule." (Janis Joplin)

Après le concert au Winterland, Big Brother & The Hlding Company retourna en studio pour les sessions de CHEAP THRILLS. Bien qu’il se vende à un million d’exemplaires le mois de sa sortie en août, Janis annonça au groupe, le mois suivant, qu’elle entamait une carrière solo. Après un dernier concert en décembre, elle fonde son propre groupe, puis un autre. Elle a connu et apprécié quelques grands moments, à la fois personnellement et professionnellement, mais la fin est proche.

Big Brother continua de jouer, avec quelques arrêts, et quelques changements de personnel occasionnels, mais avec une solide base avec Sam Andrew, Peter Albin et David Getz. 3 décennies après que les critiques qui s’abattirent sur eux, ils ont persévéré. Mas où qu’ils aillent, et quel que soit le chanteur qui les accompagne, il est inévitable que les spectateurs pensent à celle qui n’est plus là.

"Peut-être qu’il doit en être ainsi. Comme Sam disait à propos de Janis Joplin : "Elle sera pour toujours l’une des plus grandes"

[g](Ben Fong-Torres)[/g]

"Le Winterland fut une patinoire –c’était grand avec de très hauts plafonds. Au début c’était trop grand et froid, mais à la fin de 1967, Bill Graham saisit le potentiel et le besoin pour une grande salle de spectacle. Je me souviens que la scène était haute et le son, en général, était fort et il y avait de l’écho. C’est étonnant comment ces bandes ont-elle pu être enregistrées, restituant le son naturel de la salle et la technologie de l’époque.

En avril 1968, au moment où ce concert fut enregistré, Big Brother & The Holding Company revenait tout juste de sa première grande tournée sur la Côte Est.

On avait triomphé à Big Apple : jouant dans des salles pleines, étant chroniqués et interviewés par tous les grands journaux, on avait des artistes comme B.B. King (qu’on idolâtrait) qui ouvrait pour nous, des réceptions et des séances de dédicaces, des restaurants à la mode, des groupies canons des deux sexes qui nous acclamaient… c’était le paradis du rock and roll. Avant ça, malgré notre succès au Monterey Pop Festival, nous n’étions pas sortis de notre sous-culture psychédélique de la Côte Ouest. C’était une époque impétueuse. Janis s’est révélée, comme nous ; mais nous avons toujours vu ce succès (avec une grande ironie et beaucoup d’humour) avec notre point de vue de beatnik / hippie / poètes / artistes / musiciens, et en ce sens c’était complètement irréelle.

Rentrer chez nous en triomphateurs était un grand moment pour chacun de nous ; à un moment on s’est senti comme si on était parti à la conquête du monde. Cette performance est le témoignage exact de cette période et c’est aussi le meilleur et le plus fidèle enregistrement que je n’ai jamais entendu de ce que Big Brother avec Janis étaient capables en tant que groupe. Pour moi c’est bien plus que la pure, folle, et brute énergie que Big Brother avait stockée et partagée sur CHEAP THRILLS…. Qui était en grande partie enregistré en studio et qui avait ensuite été produit pour sonner live. Cet enregistrement est, enfin, le vrai Big Brother."

[g](David Getz ; décembre 1997)[/g]

"Nous sommes arrivés au Winterland après 6 ou 7 jours en tournée et nous étions heureux de rentrer chez nous. Tous nos amis et petites amies sont venus nous voir et nous étions ravis de leur faire plaisir. Tout le matériel du groupe avait été nettoyé pour l’occasion après un si long moment passé sur la route. Fatigués et heureux, nous sommes tous allées saluer Bill Graham et ensuite nous nous sommes rués dans notre loge qu’il avait soigneusement préparée pour nous comme toujours.

Booker T. & The MGs ont joué avec nous ce soir-là. Je me suis précipité vers Steve Cropper, qui ressemblait au vice président d’une petite banque du sud, nickel, blond et très poli. "J’adore ton jeu de guitare et pourrais-tu jouer un peu avec nous s’il te plait ?" m’a-t-il dit. Pourrais-je ? Il était un de mes héros, lui avec sa guitare bleue en acier, lui qui plaçait ses notes si justes sur tous ces enregistrements des disques Stax / Volt à Memphis. Oui, je voulais bien jouer avec lui. Cela nous a pris un an mais finalement on a joué ensemble lors d’une fête de Noël au Tennessee.

Janis est montée sur scène à la manière de Mae West et Sally Stanford, la « première madame » de San Francisco. Elle marchait le long de la scène en claquant des mains et des pieds, ce qu’elle faisait quand elle était très heureuse. Nous étions rentrés de l’est du pays, soulagés, fatigués, heureux et prêts pour faire la fête avec nos amis."

[g](Sam Andrew ; décembre 1997)[/g]

"Janis Joplin n’est pas la rose jaune. Mieux valait l’appeler Texas. Née texane 5ème génération, dans la petite ville marécageuse de Port Arthur, Joplin a toujours eu un pied sur la route, clamant à qui voulait l’entendre, "Le Texas c’est sympa si tu veux t’établir, mais ce n’est pas fait pour les outrageux, et j’étais toujours été une outrageuse". Tout ça à une époque où les jeunes femmes étaient habillées et coiffées, et éduquées afin de ressembler à Marilyn Monroe, Jackie Kennedy et Eleanor Roosevelt. Janis offrait une autre possibilité. Un signe avant-coureur d’une révolution culturelle bourgeonnante, elle tourna le dos à une vie qui ne lui état pas adaptée dans cette petite ville qui était plus une ville de la Louisiane que du Texas. Après un faux départ en 1961, elle quitta les lieux avec tout ce qu’elle avait en compagnie de son alter ego Chet Helms (qui allait jouer un rôle important dans sa destinée, l’engageant dans Big Brother & The Holding Company), faisant cette longue route de 50 heures en auto-stop jusque San Francisco afin de commencer une nouvelle vie dans une nouvelle époque.

Janis Joplin n’a pas seulement ouvert des portes pour l’émancipation culturelle, elle a aidé des générations entières de femmes à se débarrasser de leurs chaînes, abandonnant les soutiens-gorge et le comportement qu’une femme était supposée avoir. Pour Janis c’était juste important d’exister. Elle créa un nouveau standard d’expression et de beauté qui n’avait rien à voir avec la perfection mais plutôt avec l’authenticité et la puissance brute. Qui peut oublier que c’est Janis qui a déclaré "qu’une femme peut être dure", et elle nous a démontré qu’elle pouvait suivre les règles dictées par les hommes.

Dès qu’elle montait sur scène et qu’elle ouvrait la bouche pour chanter, elle devenait aussi radieuse qu’une princesse le jour de son mariage. Mais Joplin ne faisait pas que chanter, elle étranglait une chansons jusqu’à ce que celle-ci se soumette, et elle donnait tout ce qu’elle avait, sans se soucier des conséquences.

Elle a ressenti dans la musique ce que peu de femmes blanches avaient pu ressentir avant. Elle s’est inspirée de Bessie Smith et Willie Mae Thornton. "Les Blancs s’interdisent de ressentir des choses" a-t-elle déclaré, "Les femmes au foyer au Nebraska ont des souffrances et des joies, elles ont une âme si elles s’en donnent la peine. J’ai fait en sorte que mes sentiments m’aident dans la musique au lieu de me détruire".

Pendant un temps ce fut vrai, mais qu’elle souffrait d’ennui d’être constamment sur la route, ou qu’elle fut achevée par les expérimentations sociales de la fin des années 60, Joplin ne fut jamais heureuse du son qu’elle créa avec Big Brother & The Holding Company. "Chaque soir je fais l’amour à 25000 personnes, et ensuite je rentre seule chez moi." L’ironie de l’histoire c’est qu’elle était aimée par des millions de personnes, mais elle a perdu la capacité d’accepter ou de reconnaître le vrai amour quand il se présentait à elle. La conséquence est qu’elle est tombée dans la drogue et l’alcool, jusqu’à ce jour fatidique de 1970. Comme Ellen Willis déclara peu après la mort de Janis : "la drogue était… par son aspects le plus sinistre, une tueuse de souffrance et finalement une tueuse."

Mais Janis n’est pas morte en vain. Sa vie est à la fois une inspiration et un avertissement, à destination de générations de femmes – pas seulement les chanteuses – que c’est important de ressentir chaque chose et de ne pas le renier.

[g](Jaan Uhelszki)[/g]


"Janis Joplin a ouvert la voie au rock féminin. Après elle, ça a été plus facile pour les femmes." (Marianne Faithfull)

"Je n’ai vu qu’une seule fois Janis Joplin, c’était au Santa Clara Fairgrounds de San Jose en Californie, Lindsey et moi on faisait partie du Fritz Raybyne Memorial Band, et on passait avant elle. Elle était incroyable, elle avait un lien avec son public que je n’avais jamais vu auparavant, et quand elle a quitté la scène, j’ai su que ma vie allait changer. Je l’ai croisé en coulisses, en un clin d’œil, elle a changé ma vie !" (Stevie Nicks)
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 18:54

"Un jour, j’ai servi un steak à Janis au Max’s Kansas City. Elle était calme et très polie. Elle ne l’a pas mangé mais elle m’a laissé un billet de 5 $ comme pourboire." (Deborah Harry)

[couleur=#ffff00][g]LIVE AT WINTERLAND ‘68

Les 12 & 13 avril 1968, il y a 40 ans, le Winterland de San Francisco, album live posthume car sorti seulement en 1998. Replaçons nous dans le contexte de l’époque, tout au moins essayons. Janis Joplin et Big Brother s’apprêtent à enregistrer CHEAP THRILLS, l’œuvre puissante, le sommet de leur art, hélas sans suite pour cette association.

Ils sont à l’affiche du mythique Winterland pour deux soirs. Et à l’écoute de ces deux soirs, comme à celle de CHEAP THRILLS, c’est la Big Claque ! Rien à jeter, rythmique lourde mais jamais pesante, les solos de Sam & James volent dans le « pays de l’hiver » où Janis, souveraine, fait des merveilles, le blues dans le gosier.

Une énorme réussite ce choix d’enregistrements de Janis avec son 1er groupe. Merci à Bill Graham d’avoir sorti ces bandes de ses archives.

Quand une écoute de CHEAP THRILLS se termine, une frustration nous envahit, on en veut encore, LIVE AT WINTERLAND est un LE palliatif idéal dans ce cas, on y trouve 5 des 7 titres de l’album et 3 des 4 bonus tracks de la réédition de 1999.[/g][/couleur]

"La chanteuse la plus puissante qui ait émergé du rock blanc." (Time)

"Janis Joplin, une force de vie envoûtante." (New York Times)

"Janis ridiculise toute l’histoire du chant dès qu’elle ouvre la bouche !" (Vogue)


Janis et Ron "Pigpen" McKernan du Grateful Dead.

Le 18 mai 1968 Janis Joplin et Big Brother se produisent au Northern California Folk Rock Festival au San Jose Fairgrounds.

C’est définitivement elle la vedette, le groupe n’est qu’au second plan, ce qu’elle déclare en studio :

"Qu’est-ce qu’on entend ? La voix. Les gens ne disent pas: “La guitar était bien.” Ils ne s’en rendent même pas compte. On n’entend que ce qui se trouve au premier plan. Quand on joue "Piece Of My Heart", c’est bien la voix qu’on entend. A moins que quelqu’un fasse une énorme gaffe, ça sera parfait."



Grossman veut faire venir des musiciens extérieurs, agacée qu’il est par la lenteur de l’évolution des séances d’enregistrements, les membres de Big Brother refuse, ce qui agace Janis qui rêve d’une formation telles que celles d’Otis Redding ou d’Aretha Franklin. Le fossé se creuse.



Le second album, CHEAP THRILLS, sort ENFIN, en juillet 1968, avec la célèbre pochette du dessinateur Robert Crumb, avec les musiciens caricaturés sur la pochette, mais aussi les crédits pour chaque chanson. Les sessions, étalées de mi mars à fin mai, sont réparties sur plus d’une centaine de bandes ! Les parties vocales de Janis ont été mises en boîtes en 3 ou 4 prises, alors que les parties instrumentales ont nécessité plusieurs dizaines de prises. John Simon et Elliott Mazer se sont perdus dans toutes ces bandes. Il fallait se dépêcher sous la pression de CBS qui voulait faire fructifier la demande.

Le concept est assez fumeux puisqu’il s’agit d’un vrai-faux live combinant captures directes en concert et prises en studio, sur lesquelles on a rajouté de fausses clameurs de foule. Ce que Peter Albin a confirmé plus tard :

"Nous avons essayé de donner l’impression que la totalité de l’album était live, ce qu’on a réussi."



"Combination Of The Two" est un hommage rendu aux deux grandes salles de concerts de San Francisco, avec Bill Graham qui présente le groupe.



L’un des monuments de l’album – et de la carrière de Janis – reste bien sûr l’adaptation de "Summertime" de George Gershwin et DuBose Heyward, extrait de son opéra Porgy And Bess composé en 1935. C’est l’une des chansons les plus reprises au monde, on en recense plus de 5700 versions discographiques ! En 2003 paraîtra d’ailleurs une compilation réunissant 17 versions de cette chanson dont celles de James Brown, Miles Davis, Al Green, Billie Holiday et bien entendu Janis Joplin, A COLLECTION OF VARIOUS INTERPRETATIONS OF SUMMERTIME (Under Cover). L’idée d’adapter ce titre hypnotique est venue au groupe après que Jack Casady du Jefferson Airplane lui eut suggéré de le reprendre, et après avoir écouté une version live interprétée par Nina Simone en 1959. La guitare de Sam Andrew, dans la longue introduction, est d’une pureté et d’une finesse de toucher stupéfiantes. Son solo croisé avec Gurley est par ailleurs considéré comme l’un des morceaux de bravoure de toute l’aventure du rock psychédélique. Janis, toute en intériorisation, peut exposer son profond feeling et la largeur de son étendue vocale. Plaintes étirées et miaulements enroués, délicatesse et fureur. Avec cette façon unique de tirer, d’allonger la fin des mots dans toute une gamme de vibratos tantôt aigus, tantôt rauques et éraillés. Un classique, tous genres musicaux confondus.



"Piece Of My Heart", sorti en 45 tours, culminant à la 12ème place et restant classé 12 semaines au Billboard, fut aussi conseillé par Jack Casady à Peter Albin, après l’avoir découvert dans une version lente par Emma Franklin, la sœur d’Aretha. On note aussi "Turtle Blues", Janis juste accompagnée au piano, dans une ambiance qui rappelle ses tout débuts dans les petits clubs du Texas. Enfin, l’autre grand moment de l’album, sa reprise réadaptée également de "Ball And Chain" de Big Mama Thornton, enregistré en partie au Fillmore Auditorium de San Francisco. Juste extraordinaire ! En réalité, les prises live annoncées sur la pochette ne sont pas des repiquages de foule… mais des effets de voix de John Simon, d’Elliot Mazer et d’un ingénieur du son. Les véritables bandes live des performances de Janis avec Big Brother ne seront exhumées de leurs boîtes qu’après la mort de Janis,
lorsqu’Elliot Mazer entreprendra de composer l’album JOPLIN IN CONCERT.

L’album CHEAP THRILLS devient n°1 du Billboard 7 semaines après sa sortie, place qu’il va conserver pendant 8 semaines, il va dépasser le million d’exemplaires vendus en un seul mois, un succès aussi foudroyant que déstabilisant.



Le magazine Cashbox voit en elle “un mélange de Leadbelly, de Calamity Jane sous pression, de Bessie Smith, d'un derrick à pétrole et d'un vieux bourbon de derrière les fagots, le tout concocté au 20ème siècle, quelque part entre El Paso et San Francisco !"

[couleur=#ffff00][g]CHEAP THRILLS

PUISSANCE & GLOIRE !!!

Monstrueux ! Incontournable ! D’entrée, le son live de "Combination Of The Two", le gros son, la folie du groupe est enfin retranscrite sur une galette. Tout est du haut niveau, la clarté du son sur l’intro du gros blues "I Need A Man To Love", clair et sale à la fois, la guitare qui se mélange aux harmonies vocales, et la voix de Janis, éraillée et envoutée, envoûtante. Beaucoup considèrent "Since I’ve Been Loving You" de Led Zeppelin comme le plus grand blues écrit par des blancs, je classerai "I Need A Man To Love" au moins au même niveau.

Et derrière "Summertime", achevé, que j’aurai aimé être un jeune type de 15 ans en juillet 68, à la sortie d’un disquaire de San Francisco, avec cette galette sous le bras, et découvrir le tout le soir, après avoir passé l’après-midi près de la baie à décortiquer cette pochette incroyable sur un banc.

Mais revenons à "Summertime", paraît-il la plus belle de toutes les versions existantes, la plus novatrice, le plus aboutie, la plus puissante, la plus osée, et toujours ces deux paramètres qui dominent ce disque : la voix de Janis et les solos de guitare d’une clarté rare, ici les deux solos qui se croisent jusqu’au break et ces baguettes qui caressent les cymbales, avant de repartir de plus belle, Janis et ses « no no no don’t you cry », c’est bien ça le problème, c’est à pleurer, à genoux qui plus est.

Et c’est pas fini, "Piece Of My Heart", là aussi grosse version de ce classique que personne n’a refait avec autant de puissance et de cœur. Fin de la face A, j’en suis encore à mon rêve californien de l’été 1968…

La face B commence par un blues, "Turtle Blues", signé la Miss en personne, avec un piano dominateur, joué par John Simon, on pense à ses premiers enregistrements d’avant Big Brother… Ambiance saloon avec discussions et bruits de fond… et un solo de guitare qui se termine par un verre cassé, qu’on ramasse dans la minute. Titre enregistré le 12 avril 1968, le soir même ils mettaient le feu au Winterland de San Francisco, voir le live correspondant. Ou alors était-ce après le concert ? Qui sait ? Z’en étaient bien capables…

"Oh Sweet Mary" est peut-être le seul titre qui ressemble à l’ambiance du 1er album, et pour cause, c’est simplement "Coo Coo" revisité et cette fois il dépasse les 4 minutes, par conséquent le titre est plus abouti car joué sur scène depuis plus d’un an. Plus de folie, ambiance plus lourde, plus sauvage, compo du groupe dans son intégralité.

L’album CHEAP THRILLS, un des monuments de l’année 68, mais aussi un des plus grands disques de l’histoire de la musique, se termine par un reprise lourde et longue de "Ball And Chain", on retrouvera ce son sur les 1ers albums du Zep, chanson que Big Mama Thornton lui a autorisée à reprendre, cette dernière avouera être plus que satisfaite du résultat. Enregistrée le 13 avril 1969, au Winterland, ou en studio avec des ajouts de bandes publiques comme on peut le lire ça ou là. Un an après avoir explosé avec ce titre au festival de Monterey. Fin en puissance d’une Masterpiece de la musique.[/g][/couleur]

On apprend dans les notes de pochette que le groupe voulait appeler l’album DOPE, SEX, AND CHEAP THRILLS, 5 mots qui correspondaient au mode de vie en vogue à San Francisco à l’époque. Mais Clive Davis, patron alors des disques Columbia, ne pouvait apposer les termes Dope et Sex sur une pochette de disque, et l’album paru sous le titre CHEAP THRILLS.

Les notes de pochette de la réédition de l’album en 1999 sont signees John Byrne Cooke, qui fut le road manager de Janis entre 1967 & 1968.



La première fois que j’ai entendu la foudroyante voix de Janis, c’était à Monterey, en juin 1967, avec 10 000 fans, et j’étais chanceux d’être bien plus proche qu’eux de la source de cette voix. Je travaillais avec l’équipe du film de D.A. Pennebaker sur la realisation du fillm MONTEREY POP. Quand Big Brother monta sur scène le samedi après-midi, j’étais avec l’équipe de tournage, juste devant la scène, je pouvais voir ses cheveux bouger, la voir vivre avec tant d’émotion chaque note. Je pouvais voir tomber chaque goutte de sueur. Elle prouva ainsi au monde qu’une jeune blanche de 24 ans pouvait chanter le blues.

Et ce groupe ! La musique de San Francisco ne s’appelait pas encore acid-rock, mais Big Brother & The Holding Company avait déjà un son que personne n’avait entendu auparavant. Ils avaient deux guitarists, Sam Andrew et James Gurley, qui alternaient rythmique et solos, jumelant parfois leurs lignes mélodiques emmenant le rock dans de nouvelles dimensions. Tous les members du groupe chantent au moins une chanson, excepté David Getz le batteur, mais la star vocale du groupe, c’est bien évidemment JANIS JOPLIN, et ce depuis Monterey. Par une suite d’évènements improbable – quand j’y repense... – je me suis retrouvé 5 mois à peine après Monterey devenu le road manager de Big Brother, je les ai emmenés à New York en février 1968 pour leur première tournée des états de l’est, 2 jours après, ils signaient leur contrat avec les disques Columbia. Ils ont joué à Boston, Providence, Philadelphia, Detroit et Chicago. Puis on est retourné à New York pour l’ouverture du Fillmore East le 8 mars 1968, avec Albert King en première partie.

Les premiers articles de presse vinrent du New York Times et du Village Voice. Puis des photos et des interviews dans Life, Vogue, Glamour, East Village Other, Village Voice et New York Times encore. Problème, Columbia voulait un disque, mais comment trouver le temps pour l’enregistrer, et comment restituer l’énergie déployée sur scène.

Enregistrer le groupe live semblait être un bon compromis. Une première fois à Detroit, puis à San Francisco, un camion équipé pour enregistrer, fut affrêté par Columbia. Mais le résultat fut décevant. Même quand Janis et les gars pensaient avoir bien joué, meme quand les fans avaient dansé et souri et applaudi pour le rappel, la magie était difficile à palper. Ils se résignèrent à enregistrer un album à l’ancienne. A New York et à Los Angeles, entre les concerts, en 10 jours ici, en deux semaines là, le groupe entra en studio et ils bossèrent aussi dur que lorsqu’ils jouent sur scène. Ils peaufinèrent les arrangements, mais cela présentait un autre problem:

“Quand James et moi avons enregistré CHEAP THRILLS, nous étions terrifié par le fait que lorsque nous allions retourné sur scène, on serait incapable de restituer sur scène ce qu’on allait metre sur le disque. En particulier une partie de “Summertime” à la fin du solo, où nous jouons en A majeur et en A mineur. Ça doit être parfait. Et finalement on a réussi, on pouvait même le jouer plus vite que lors de l’enregistrement.” Sam Andrew

C’est l’album qu’ils ont produit, CHEAP THRILLS, un million d’exemplaires vendus, N°1. Un success. La magie est là. L’hommage de Sam aux rock ballrooms de San Francisco dans “Combination Of The Two”, le tour de force de Janis dans “Summertime” dans leur adaptation de Gershwin. “Piece Of My Heart”, qui grimpa dans le Top 40 et devint leur marquee de fabrique, dans “Ball And Chain”, le tournant de leur carrière suite à leur performance à Monterey. Dans chaque chanson. La magie fut captée sur vinyl et maintenant sur CD. Voici Big Brother & The Holding Company à leur meilleur. Voici les chansons qui ont fait de Janis Joplin la première femme superstar dans le monde masculin du rock.

“C’est amusant de voir que lorsque CHEAP THRILLS est sorti, le magazine Rolling Stone l’a flingué en écrivant que quelques lignes, et 20 ans plus tard ils le classent N°50 de leur Top 100 des meilleurs albums de tous les temps.” David Getz.












Le 27 juillet, Janis Joplin et Big Brother & The Holding Company cassent la barraque au Newport Folk Festival, l’enregistrement de ce concert est dans le vine. Un concert fabuleux, INDISPENSABLE !!! Janis est habillée très sexy, voir photos ci-dessus.

Le 3 août 1968, Big Brother partage l’affiche avec les Staple Singers au Fillmore East de San Francisco. Pop Staples la convie de les rejoindre sur scène pour un titre. Cependant, Janis déprime, persuadée qu’elle ne pourra jamais chanter comme Mavis Staples, ni comme Tina Turner ou Aretha Franklin.


Janis Joplin & Sam Andrew, le seul membre de Big Brother & The Holding Company que Janis va garder à ses côtés.

En septembre 1968, c’est le coup de tonnerre, un communiqué de presse de CBS annonce la séparation du groupe, ils tourneront cependant ensemble jusqu’au 1er décembre 1968 au Family Dog Benefit à l’Avalon Ballroom de San Francisco, date du dernier concert avec Big Brother. Soit 3 mois après l’annonce de leur séparation. Et pourtant, au cours de ces 3 mois, le succès n’a cessé de croître pour le groupe sur scène.

Janis est persuadée qu’elle ne retrouvera jamais une famille soudée sur scène comme l’était Big Brother, qui lui permettait, selon la pertinente formule de Barney Hoskyns, "d’exprimer et d’érotiser sa souffrance." Pour Peter Albin, le fondateur du groupe, Janis les trahit cruellement, tandis que les autres musiciens entrevoient presque avec soulagement leur liberté recouvrée. Ils savent que la personnalité et le talent de Janis les auraient progressivement fait passer pour de simples faire-valoir.



C’est à cette époque qu’elle s’offre une Porsche cabriolet décapotable 356 Super C métallisée, achetée d’occase à Los Angeles. Contre 500 $, elle demande au fidèle Dave Richards de peindre à la main, sur l’ensemble de la carrosserie grise, des fresques extrêmement ouvragées de style psychédélique. Avec des dominantes jaune, orange, rose et turquoise. Sur une aile, Richards fait le portrait de chacun des musiciens de Big Brother, sans oublier Janis elle-même, ce qui confirme que la rupture se déroule en toute harmonie. Sur une aile derrière, Janis fait peindre un drapeau américain couvert de sang. Sur deux des portes latérales, elle fait ajouter un rapace planant de nuit dans les montagnes, sous un ciel étoilé. A l’arrière, elle demande un soleil personnifié avec un symbole du capricorne, son signe astral. Pour Janis, qui ne saurait se contenter d’une vulgaire guimbarde, cette voiture représente une sorte de tatouage ambulant. Sa voiture va rapidement devenir célèbre dans les rues de San Francisco. Janis retrouve souvent des lettres ou des cadeaux de fans posés à même la capote du cabriolet. Un jour, malgré ses particularités hyper-repérables, la voiture est volée. La police la retrouve juste avant que des abrutis ne commencent à la repeindre !



Sans l’aval d’Albert Grossman, elle engage – trop – rapidement une section de cuivres composée de Marcus Doubleday et Terry Hensley à la trompette, et Terry Clements au saxophone ténor. Grossman a peur qu’elle soit comparée à Aretha Franklin. Il s’arrange pour que Mike Bloomfield, Nick Gravenites et Elliot Mazer conseillent Janis dans ses choix de musiciens. Cela ne suffira pas à former un groupe cohérent. Sam Andrew est le seul membre de Big Brother à être conservé. Arrivent aussi Bill King aux claviers, Brad Campbell à la basse et Ron Markovitz à la batterie. Certains de ces musiciens seront vite remplacés. On verra ainsi dans ce nouveau groupe Richard Kermode et Gabriel Mekler à l’orgue, Maury Baker et Lonie Castille à la batterie, Cornelius "Snooky" Flowers au saxo baryton, Luis Gasca à la trompette

Cette nouvelle formation a pour nom le Kozmic Blues Band, les premières répétitions se déroulent à New York puis à San Francisco durant trois jours.


Janis Joplin avec Rufus & Carla Thomas chez Stax.

Le 1er concert de Janis Joplin & The Kozmic Blues Band a lieu le 21 décembre 1968 au Mid South Coliseum de Memphis, dans le cadre de la convention annuelle des disques Stax-Volt. Les autres artistes à l’affiche de cette soirée sont les Bar-Kays, Booker T. & the M.G.'s, Albert King, Rufus & Carla Thomas, William Bell et Eddie Floyd. Janis est impressionnée, intimidée de se produire à la même affiche que ses idoles ou les ex-accompagnateurs de son idole Otis Redding, ceux-là même qui lui ont donné envie de s’accompagner d’une section de cuivres. Janis compte garder ses meilleurs titres pour le rappel, mais il n’y en aura pas, le groupe n’est pas prêt, Stanley Booth dans Rolling Stone titra même : "Janis Joplin est morte à Memphis."


Janis Joplin & The Kozmic Blues Band

Bref c’est un échec, un remaniement au sein du groupe s’impose (Cf. plus haut pour les changements de musiciens). Le groupe répète sans cesse du 2 janvier au 6 février 1969, afin d’être prêt pour le 1er concert à New York le 8 février. Puis ce seront deux concerts au Fillmore East de New York avec le Grateful Dead en 1ère partie. Janis n’est pas rassurée. Bill Graham voulait que le concert soit filmé, la salle est comble, très attendu. Mais Albert Grossman s’oppose au témoignage vidéo, le groupe est encore en rodage. Les critiques rock sont - dans leur grande majorité – sans pitié. Le groupe n’est pas en place, ils regrettent tous Big Brother & The Holding Company. Janis plonge un peu plus dans l’alcool et l’héroïne.



Elle passe à l’Ed Sullivan Show le 16 mars, avec succès, malgré tout en concert ce n’est pas encore au point. Deux titres sont joués lors de l’Ed Sullivan Show, "Maybe" et "Raise Your Hand". On les retrouve sur le DVD ED SULLIVAN’S ROCK’N’ROLL CLASSICS – FABULOUS FEMALES / BAD BOYS OF ROCK’N’ROLL qui paraît chez Eagle Vision en 2005. Les performances sont moins intenses que par la suite, "Maybe" en est le parfait exemple, quand on la compare aux versions lors de la tournée européenne un mois plus tard, le groupe se cherche encore.


Janis Joplin & Brad Campbell à Francfort

Suis une tournée européenne, la seule de toute la carrière de Janis, du 30 mars au 24 avril, avec un passage à Paris le 13 avril dans un Olympia à moitié vide. Deux concerts seront filmés en partie, le 1er avril à Stockholm et le 12 avril à Francfort. Le concert du 11 avril à Amsterdam sera diffusé en radio. Au Royal Albert Hall de Londres, c’est salle comble, les Rolling Stones et les Beatles sont là pour voir le phénomène, la sauce commence à prendre au sein du groupe. Malheureusement, la tournée européenne s’arrête à Londres. Pourtant, elle déclara au Dick Cavett Show que les Européens sont trop "cérébraux" et que la tournée était un enfer.

Le 16 juin débutent les sessions d’enregistrement de l’album I GOT DEM OL’ KOZMIC BLUES AGAIN MAMA !, aux studios Columbia à Hollywood. Gabriel Mekler et Janis composent ensemble la chanson-titre de l’album. Un jour, improvisant seul au piano, Mekler est rejoint par Janis qui plaque quelques mots sur un début de mélodie et, avant de s’en rendre compte, ils composent tout le morceau dont le titre sera raccourci en "Kozmic Blues". Brad Campbell décrit l’ambiance générale : "Les sessions de KOZMIC BLUES se sont révélées un chaos total. Tout le monde débinait sans cesse tout le monde. C’était le foutoir le plus complet."



La production du disque est confiée à Gabriel Mekler qui se plaint de Janis : "Bon Dieu ! Elle cherchait absolument à chanter au lieu de crier. Elle ne savait pas vraiment comment s’y prendre, mais elle voulait étendre le registre de sa voix, s’améliorer. Elle était juste dans les limbes." Quant aux musiciens, c’est la zizanie, tous se demandent ce qu’ils sont venus faire dans cette galère et se rassemblent selon leurs affinités. Ils ne sont pas convaincus par les compositions, trop calquées sur le même modèle et les mêmes plans. Le public des concerts réclamera d’ailleurs toujours les compositions de la période Big Brother & The Holding Company. Comme le Kozmic Blues Band est remanié pour la énième fois, on est loin d’obtenir la symbiose. On fait appel à divers session men, mais tant qu’à faire, c’est tout le groupe qu’il aurait fallu changer pour repartir sur de nouvelles bases. Janis se retrouve livrée à elle-même, quasiment seule à porter le fardeau. C’est trop de responsabilités pour une écorchée vive, même si elle est archi-motivée. Il s’agit là de son disque solo, celui où elle doit apparaître en meneuse incontestée. C’est aussi son disque de blues. Enfin presque…



Le 45 tours "Kozmic Blues" doit sortir durant l’été, l’album sort en septembre. La pochette est une photo de Janis sur scène dans le ton rouge, photo de Bruce Steinberg. Mike Bloomfield joue sur "One Good Man" sans qu’il ne soit crédité. Le 1er titre, "Try (Just A Little Bit harder)", est une réussite, très apprécié en concert. L’album est pourtant excellent avec le recul, quand on connaît les difficultés pour sa conception, le manque de complicité et de véritable âme dans le groupe. Il contient de vraies merveilles – qui le seront plus encore sur scène – "Maybe", "Kozmic Blues" et "Little Girl Blue". L’album est dédié à Nancy Gurley, la femme de James, décédée brusquement alors qu’elle faisait la lecture à son fils âgée de 3 ans. Janis ne tirera aucune leçon de cette perte cruelle. En effet, son premier réflexe consiste à se faire une piqûre d’héroïne pour évacuer la douleur. Cette réaction est d’autant plus navrante que, peu avant sa mort, Nancy s’inquiétait au sujet de Janis, écrivant ce message destiné à Richard Hundgen : "De grâce, prends bien soin de Janis, notre canari." "Dear Landlord" est écartée de l’album, avant d’être ajoutée parmi les bonus tracks de la réédition en 1999, bien que ce titre, enregistré le 17 juin, est excellent. L’album sera tout de même n°5, sur la lancée de CHEAP THRILLS sans doute.

[couleur=#ffff00][g]I GOT DEM OL’ KOZMIC BLUES AGAIN MAMA !

Difficile déjà de succéder à CHEAP THRILLS, pour le fait d’avoir quitté Big Brother avec qui elle avait fait l’unanimité et mis tout le monde à genoux avec CHEAP THRILLS et des performances scéniques telles que le Monterey 67. Les premières prestations de son nouveau groupe, KOZMIC BLUES, ne seront d’ailleurs guère satisfaisantes. Cependant, avec le recul, cet album est loin d’être mauvais, loin de là, même si il est vrai que des titres tels que "Try (Just A Little Bit Harder)", "Maybe", "Kozmic Blues" et "Little Girl Blue" prendront leur envergure sur scène (remarque qu’on peut faire sur chacun de ses albums après tout). L’influence soul est évidente, le blues toujours là ("One Good Man"), l’orgue chaleureux de Richard Kermode ou de Gabriel Mekler fait des merveilles, et puis il y a toujours la guitare de Sam Andrew, le seul Big Brother qui soit encore aux côtés de Janis, un plaisir.

De bons moments avec les 4 titres cités ci-dessus, mais aussi le grandiose "As Good As You’ve Been To This World" de son ami Nick Gravenites qui vient de lui succéder au sein de Big Brother.

Une reprise des Bee Gees, "To Love Somebody", que la basse survole, quand ce n’est pas la section de cuivres, une montée crescendo. Un mot sur "Little Girl Blue" qui est une merveille, peut-être le sommet du disque, de par l’émotion qui se dégage de la voix de Janis, et cette guitare qui fait des merveilles, une rythmique sobre, un orchestre en fond, mais pas trop, c’est juste magnifique.

L’album se termine par "Work Me Lord", où Janis est époustouflante, elle était clairement habitée, la preuve en est faite ici.

Bilan, comme dit plus haut, cet album est loin d’être mauvais, peut-être qu’à l’époque on peut comprendre qu’il ait déçu et/ou dérouté, mais avec le temps, il n’y a pas de moments faibles.[/g][/couleur]



Les notes de pochette de la réédition de l’album KOZMIC BLUES en 1999 sont signées à nouveau John Byrne Cooke, road manager de Janis Joplin de 1967 à 1968.

1968, Jazz & Pop Magazine désigne Janis Joplin comme la meilleure chanteuse de l’année. En août, CHEAP THRILLS devient disque d’or aux Etats-Unis. Pour Janis, c’était le début de tout, elle voulait en faire plus, elle voulait tout faire.

Elle voulait notamment essayer un nouveau son, plus Rhythm & Blues, plus dans le courant Motown, Memphis, Muscle Shoals, avec une section de cuivres qui accompagne son incroyable puissance vocale. Elle voulait être la seule chanteuse dans un groupe, ce qui n’était pas complètement le cas dans Big Brother. Le mois de la sortie de CHEAP THRILLS, elle annonce qu’elle quittera le groupe dès qu’ils auront fini leurs engagements.

Les débuts des répétitions avec son nouveau groupe furent difficiles, avec des changements réguliers de musiciens. Le gros changement pour Janis, c’est que dans Big Brother, il n’y avait aps de elader, et le groupe était stable, ici c’est elle seule la leader, et elle ne sait pas encore comment s’y prendre. Le premier concert lors d’une soirée Stax-Volt à Memphis fut un échec. Son groupe n’avait pas encore de nom, certaines propositions fustigent, The Joplinaires, Janis Joplin’s Pleasure Principle, The Squeeze, NON !!!! Ce qui est sûr, c’est que Janis Joplin aura son nom en tête d’affiche des concerts, que son groupe ait un nom ou pas. Elle veut être en avant, et tant pis si ce sera difficile, elle est déterminée.



Après un autre mois de répétitions à San Francisco, le groupe toujours sans nom était prêt pour prendre la route. Luis Gazca est le trompettiste, qui a joué auparavant pour Woody Herman et Mongo Santamaria et qui jouera plus tard pour Ray Charles. Terry Clements, un saxophoniste ténor anglais qui vit en Californie, qui a joué avec le groupe féminin Stoneground. Snooky Flowers au saxophone baryton. Le lead guitariste est Sam Andrew, seul rescapé de Big Brother, avec Brad Campbell à la basse, un ancien des Paupers. Et enfin Richard Kermode à l’orgue Hammond, qui a remplacé le précédent organiste lorsque ce dernier est parti au Canada lorsqu’il reçut sa convocation pour l’armée.

Albert Grossman, le manager de Janis Joplin, inverse sa tactique, alors qu’avec Big Brother il avait envoyé le groupe en tournée dans des grandes villes, il fait jouer le nouveau groupe dans des villes comme Albany, Burlington, Waterville, Worcester, Chapel Hill, Durham, Evanston et Toledo. Ils vont donc jouer un bon mois dans l’est du pays avant de revenir dans la chaleur du printemps californien, ce à quoi Janis Joplin est plus familière, ce qui n’est as le cas de tous les membres du groupe. Une semaine de concerts entre San Francisco et San Diego, avant de s’embarquer vers Stockholm pour la 1ère et dernière tournée européenne de Janis.

C’est lors de cette tournée que le groupe s’est rééllement mis en place. Aux Etats-Unis, Janis était très critiquée d’avoir quitté Big Brother. En Europe, les spectateurs sont venus écouter Janis pour la 1ère fois, et ils l’ont entendu à son meilleur niveau. C’est lors de cette tournée que les membres du groupe se sont rapprochés les uns des autres, sur un plan à la fois privé et musical.Ils ont trouvé le bon feeling en jouant à Stockholm, Francfort ou Amsterdam, dans des villes où des militaires américains stationnés près de là vinrent les voir et manifester leur joie à entendre Janis chanter du rhythm & blues. Au Royal Albert Hall de Londres, le concert était sold out, avec les Beatles et les Rolling Stones dansant dans les allées.

De retour aux Etats-Unis, Janis et le groupe prirent un petit break, ils répètent beaucoup, et entrent en studio, avec leurs récentstriomphes européens en tête. Et c’est là que les 7musiciens qui étaient devenus un groupe grâce aux tournées, allait se trouver un nom. Le producteur, Gabriel Mekler, était en train de pinoter sur els claviers, Janis commença à chanter, et sans s’en apercevoir, ils avaient écrit une chanson. Janis avait trouvé le titre "I Got Dem Ol’ Kozmic Blues Again, Mama", qu’elle a rétréci en "Kozmic Blues" pour le label. Lorsque le titre complet de la chanson devint le titre de l’album, le groupe devint le KOZMIC BLUES BAND par défaut.

1969 était aussi l’année des festivals, ainsi ils jouèrent à Atlanta, Dallas, Tanglewood et la Nouvelle Orléans. Ils jouèrent à Woodstock, et lorsque l’album parut, I GOT DEM OL’ KOZMIC BLUES AGAIN MAMA ! atteint la 5ème place des charts albums.



Janis faisait transparaître son blues à l’âme dans chaque chanson, que ce soit dans "Kozmic Blues", l’urgence de "Try (Just A Little Bit Harder)" ou dans le classique de Rodgers & Hart "Little Girl Blue", auquel elle a donné une toute nouvelle dimension, comme elle avait fait avec "Summertime" sur CHEAP THRILLS.

Le KOZMIC BLUES BAND n’était pas le 1er groupe de Janis Joplin, ni son dernier, mais c’étais le 1er qu’elle a monté elle-même, à la recherche de son propre son, à l’écart du son acid-rock qui dominait à l’époque à San Francisco, ou du blues de ses idoles que sont Bessie Smith ou Huddie "Leadbelly" Ledbetter qui l’avaient – les premiers – inspiré pour chanter. Avec les cuivres, l’orgue, la lead guitare et la section rythmique du KOZMIC BLUES BAND, elle a apporté à la soul, au R&B, et chanson d’inspiration gospel sur cet album toute la puissance de sa voix extraordinaire, qui ne connut jamais de concurente de son vivant, ni même aujourd’hui.


Le 18 juillet elle fait une première apparition au Dick Cavett Show où elle reviendra deux fois en 1970. Le 3 août, elle fait un duo sur scène avec Little Richard à l’Atlantic City Pop Festival.

C’est Sam Andrew qui est viré du groupe, remplacé par John Till le guitariste canadien, après un dernier concert le 19 juillet au Forest Hills Stadium de New York, quittant la scène avant la fin du concert. Il retourne alors chez Big Brother. Cependant Janis et Sam resteront amis.










Janis Joplin backstage avec Grace Slick du Jefferson Airplane.

Arrive le festival de Woodstock, l’événement que l’on connaît, mais Janis y est avec un groupe dont elle ne veut déjà plus, autant ne pas s’en cacher, ce n’est pas elle qui crée l’évènement, mais Jimi, Joe, Country Joe. Janis attend dans son coin que vienne son tour, qui arrive avec ½ journée de retard, en pleine nuit, elle peine à monter sur scène. Se plante pendant le concert, la cohésion avec son groupe n’est toujours pas au rendez-vous. Albert Grossman refuse bien évidemment que cette prestation apparaisse dans le film, ni dans la B.O. d’ailleurs, ce n’est qu’en 1994 qu’elle sera intégrée dans la version longue du film, et pour 3 titres dans le coffret 4 CD célébrant les 25 ans du festival.

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Shenandoah

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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 18:59



Cet album live qui reprend l’intégralité du show de Janis à Woodstock, bien qu’étant en vente un peu partout, n’est pas un album officiel.
On retrouvera 2 titres de ce concert sur la réédition de l’album I GOT DEM OL’ KOZMIC BLUES AGAIN MAMA ! en 1999 au sein du coffret BOX OF PEARLS ("Summertime" et "Piece Of My Heart").



[g]WOODSTOCK – THREE DAYS OF PEACE AND MUSIC – 25TH ANNIVERSARY EDITION (Coffret 4CD – 1994)[/g]

En 1994, Atlantic publie un coffret de 4 CDs regroupant des enregistrements de ce festival, plusieurs furent publiés au début des 70s lors des sorties des vinyls WOODSTOCK et WOODSTOCK 2, aucune de ces deux compilations n’inclurent de titres de la prestation de Janis Joplin, ce à quoi Albert Grossman s’était opposé à l’époque, du fait de la performance moyenne de sa protégée. Sur ce coffret, Janis est présente avec 3 titres, "Try (Just A Little Bit Harder)", "Work Me Lord" et "Ball And Chain".



[couleur=#ffff00][g] WOODSTOCK – THREE DAYS OF PEACE AND MUSIC – 25TH ANNIVERSARY EDITION (Coffret 4CD – 1994)

C’est sûr, elle a commis de meilleures performances, le Kozmic Blues Band ne faisait pas l’unanimité à l’époque, difficile de succéder à Big Brother & The Holding Company et son fabuleux CHEAP THRILLS. Cependant, à la réécoute de ce concert, hélas éclaté sur plusieurs éléments de sa discographie, le groupe et sa succession de cuivres assuraient, quant à Janis, elle est déchirante, voire la fin a cappella de "Work Me Lord". Et puis il y a ce public, ils sont plus de 500 000, 1 million bloqué sur les routes, à tout jamais le plus important festival de tous les temps, et Janis a apporté sa pierre à l’édifice. Les autres titres présents sur ce coffret sont "Try (Just A Little bit Harder)" et "Ball And Chain".[/g][/couleur]



Mise à part un remix sans intérêt de "Mercedes Benz", le seul intérêt de cette énième compilation parue en 2003 consiste en deux autres titres extraits de ce concert à Woodstock, "To Love Somebody" et "Kozmic Blues".





Ce n’est que dans la version Director’s Cut du film, parue en 1994, qui dure 3h35’, que l’on voit enfin des images de Janis Joplin à Woodstock, on la voit chanter "Work Me Lord". On la voit deux faois dans le film, au début lors de son arrivée en hélicoptère, elle marche dans l’herbe, et quand elle voit la foule amassée sur cette colline, s’exclame : "Quel Monde", suivi d’un sourire à la fois nerveux et craintif, tout en se tournant vers son amie Peggy Caserta. L’autre passage étant donc son interprétation de "Work Me Lord" où elle perd un peu la voix…





Le DVD WOODSTOCK DIARIES contient des vidéos jusque là inédites du festival, il est paru en 2003, et Janis y est présente avec ses interprétations de "Try (Just A Little Bit Harder)" et "Ball And Chain". C’est le samedi soir, il fait nuit, alors qu’elle devait jouer l’après-midi. Des performances bien meilleures que "Work Me Lord" qu’on voit dans la version Director’s Cut du film.



En octobre, son petit ami du moment Vince Mitchell emmène son frère, Janis et George Ostrow pour une semaine de détente à la campagne, avec pour activités de la pêche, de la nage et des randonnées. Vince reviendra plus tard sur ces journées idylliques : "Elle n’imaginait même pas qu’on puisse s’amuser comme ça, en vivant dehors, sans rien glander. En fait, personne n’avait jamais pris la peine de lui consacrer du temps et la rendre heureuse !"



Le 16 novembre 1969 à Tampa, Janis est interpellée pour propos obscènes en public. Le concert est chaud et le public déchaîné après une 1ère partie assurée par l’indéfectible ami BB King. Ça bondit un peu partout, sur les fauteuils et dans les allées, et même sur la scène prise d’assaut. C’est là que Janis déclare : "Rappelez-vous ça, si vous ne détruisez rien, ils ne pourront rien faire contre vous." Les policiers envahissent la scène au milieu de "Summertime", Janis s’empare du porte-voix, insulte les pigs comme elle les surnomme.





Le 27 novembre, à l’occasion du concert des Rolling Stones au Madison Square Garden de New York, Janis chante en duo avec Tina Turner, une amie dont elle apprécie depuis longtemps la chorégraphie effrontément sexuelle.





Le 4 décembre, Janis Joplin est invitée au Tom Jones Show sur ABC où elle interprète une version sublime de "Little Girl Blue", à pleurer ( http://www.youtube.com/watch?v=FVpDOIPx_sY ) et "Raise Your Hand" en duo avec Tom Jones ( http://www.youtube.com/watch?v=8ib2b4BOZIQ ).
Fort heureusement, c’est ressorti en DVD sous le titre THIS IS TOM JONES en 2007. Déjà sur "Little Girl Blue" on entend le toucher de guitare de John Till qui fait déjà des merveilles.

Mi-décembre, à Nashville, Janis interpréta pour la première fois "Me And Bobby McGee" de Kris Kristofferson.


Johnny Winter & Janis Joplin sur la scène du Madison Square Garden le 19 décembre 1969 lors du dernier concert de Janis avec le Kozmic Blues Band.

L’aventure Kozmic Blues touche déjà à sa fin, avec un dernier concert au Madison Square Garden le 19 décembre. L’acoustique de la salle est déplorable, le show décevant, malgré Johnny Winter et Paul Butterfield qui la rejoignent sur scène.



Ralph Gleason, un journaliste du San Francisco Chronicle, dira ceci : “Ce qu’elle a de mieux à faire, c’est se débarrasser de ce groupe et redevenir un membre de Big Brother, s’ils veulent encore bien d’elle”.

Le 28 mars 1970, au studio D de Columbia, à Hollywood, Janis retrouve ses amis Paul Butterfield et Mike Bloomfield, au sein du Butterfield Blues band. Sous la férule de Todd Rundgren aux manettes, elle enregistre avec eux "One Night Stand" de Barry Flast et Sam Gordon, deux compositeurs à la solde d’Albert Grossman. Ce titre ne sera publié qu’en 1982 sur l’album de raretés FAREWELL SONG. Une vraie réussite qui peut laisser quelques regrets, un album entier enregistré avec cette équipe aurait sans doute était intéressant.



Le 4 avril 1970, toujours sans groupe, Janis rejoint sur scène Big Brother & The Holding Company pour un concert au Fillmore West de San Francisco, puis le 12 au Winterland. Nick Gravenites qui a remplacé Janis au sein de Big Brother interprète avec elle le blues "Ego Rock" qu’ils ont écrit ensemble.

Port Arthur est le pire endroit que j’aie jamais connu
Je n’appellerai jamais le Texas ma maison

Je suis un grand garçon maintenant

Et j’ai réussi à aimer chaque homme qu’elles n’auront jamais

Les femmes se retrouvent toujours à chanter le blues




Reformation sans suite malgré quelques rumeurs. Janis monte alors un nouveau groupe, avec les aides conjuguées de Nick Gravenites et Mike Bloomfield. Du Kozmic Blues Band, on vire la section de cuivres, mais comme tout n’était pas complètement négatif, on garde le bassiste Brad Campbell et le guitariste John Till qui avait remplacé Sam Andrew. Le batteur Clark Pierson est repéré par hasard dans un club de strip-tease de San Francisco. Ken Pearson sera le nouvel organiste du groupe, qui s’était fait connaître autant sur la scène jazz que sur la scène rock au Canada. Le jeune pianiste Richard Bell est débauché auprès de la formation rock du chanteur Ronnie Hawkins, lui-même à l’origine du groupe The Band. Amusant d’ailleurs, 25 ans plus tard Richard Bell sera le pianiste du Band lors de leur reformation. Bobby Womack et Spooner Oldham seront aussi conviés comme conseillers artistiques. Les premières répétitions ont lieu dans le garage de la maison de Janis à Larkspur. La sauce prend bien plus qu’avec le Kozmic Blues Band, Janis se sent mieux. Ce groupe s’appelle le Full Tilt Boogie Band, tous canadiens d’ailleurs. "Je peux enfin dire à ces mecs ce que je souhaite… et ils le font ! C’est mon groupe. Je possède enfin MON groupe bien à moi !"



C’est à ce moment que Bob Neuwirth et son pote Kris Kristofferson séjournent quelques semaines chez Janis qui tombe amoureuse de Kris, celui qu’elle avait cherché en vain dans un hôtel new yorkais deux ans auparavant. "Me And Bobby McGee" est pour lui un morceau autobiographique, que Janis va s’approprier, notamment sur le plan des paroles. Celles-ci lui rappellent son départ en stop depuis le Texas vers la Californie, en compagnie de Chet Helms. Il lui offre sa chanson. 35 ans plus tard, sur son album THIS OLD ROAD, il implore Janis de revenir parmi nous dans les paroles de "Final Attraction".


Janis Joplin & Full Tilt Boogie

A la mi-mai 1970, c’est le premier concert du Full Tilt Boogie Band au Pepperland de San Rafael, Big Brother & The Holding Company avec Nick Gravenites en chanteur sont en première partie. Janis s’écroule en sortant de scène. Cependant, les personnes présentes au concert sont toutes d’accord, elle le tient son groupe qu’elle méritait. Cependant, certains concerts prévus sont annulés par manque de billets vendus.



Elle fera deux dernières apparitions au Dick Cavett Show de la chaîne ABC, les 25 juin et 3 août 1970.



Entre ces deux émissions, du 28 juin au 4 juillet, Janis se trouve embarquée dans une folle randonnée ferroviaire, celle du Festival Express. Une semaine durant, un train doit traverser de part en part le Canada avec à son bord plusieurs groupes de renom, soit environ 150 personnes, accompagnateurs compris. La tournée doit commencer à Montréal le 24 juin, jour de la fête nationale du Québec, mais le spectacle est interdit par le maire de la ville, Jean Drapeau, qui refuse d’être confronté à deux événements populaires le même soir dans sa ville.



Dans ce DVD on voit Janis sur scène interpréter "Cry Baby", "Tell Mama" (et un superbe solo de John till), "Move Over" et une version époustouflante de "Kozmic Blues" (Voir ici: http://www.youtube.com/watch?v=TwYkgBqd1uQ ), c’est quand même quelque chose. A cela on peut ajouter le bon trip qu’elle partage avec Rick Danko du Band, Bob Weir et Jerry Garcia du Dead dans le train, où ils jouent "No More Cane"… no comment (voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=3pY4ohB6VYw ). On entend aussi – et mille fois hélas on ne fait qu’entendre – "Me And Bobby McGee" dans le générique de fin, jouée lors d’une jam.

Ce périple reste encore aujourd’hui le concert le plus long de toute l’histoire de la musique rock, dans le temps comme dans la distance ! Un documentaire extraordinaire est paru en double DVD en 2003 sous le titre FESTIVAL EXPRESS. Ce film capte Janis dans les meilleures dispositions. En communion festive jour et nuit avec les musiciens, elle apparaît en toute confiance et particulièrement dans son élément. Sur scène, elle se montre extrêmement à l’aise dans de torrides parties vocales.

Au sujet du voyage, le regretté bassiste du Band, Rick Danko, a donné ce témoignage :

"Ce fut l’une des plus grandes jam sessions de tous les temps. Une fête ferroviaire à travers tout le Canada. Il y avait des wagons pour la musique. Des wagons pour boire. Des wagons pour la bouffe. Des wagons pour la baise. Ha ! Ha ! Vous imaginez un peu la balade sauvage. Ce fut une party d’enfer. C’était sexe, drogue et rock and roll au top !"

Deux jeunes promoteurs canadiens, Ken Walker et Thor Eaton, ont l’idée de louer un train entier qu’ils remplissent de troubadours psychédéliques. Le but consiste à parcourir le Canada d’est en ouest, de Toronto à Calgary, sur plus de 3500 kms. Des concerts sont prévus à chaque étape. Sont conviés dans ce trip le Band, le Grateful Dead, Janis Joplin et son Full Tilt Boogie, Delaney & Bonnie & Friends, Buddy Guy, Eric Andersen, les Flying Burrito Brothers, Mashmakhan, Seatrain, Sha Na Na, Ten Years After, Tom Rush et Robert Charlebois. C’est la fête en permanence. Janis repense sans doute alors à Bessie Smith, qui possédait son propre wagon de chemin de fer (afin d’éviter les tracas de la ségrégation), confortablement conçu pour partir en tournée en toute promiscuité avec ses accompagnateurs. On boit et on fume en quantités astronomiques. Janis, quand elle n’est pas plongée dans un livre de Thomas Wolfe, sa passion du moment, s’éclate en permanence. Elle réussit à faire reprendre en chœur "Me And Bobby McGee" par la plupart des passagers. La chanson de Kris Kristofferson devient la rengaine favorite de toute l’équipée. Janis rit et fanfarone : "Putain, il y a bien 365 personnes dans ce train, et on ne m’a baisée que 65 fois !" Elle vit en apnée alcoolique durant tout le voyage, mais ses concerts se révèlent particulièrement fameux. On trouve certains de ces enregistrements sur l’album JANIS IN CONCERT, mais surtout dans l’édition Legacy de l’album PEARL, où l’un des deux disques (comportant 13 titres dont 6 versions totalement inédites) est consacré à ce festival ambulant. Dans les wagons, Janis est la reine de cérémonie, jouant de la country avec Jerry Garcia et tapant le blues avec Delaney Bramlett et Buddy Guy, qui dira à son sujet :

"Elle était en permanence incandescente. Du genre capable de mettre le feu à du bois mouillé. Le matin, elle déambulait, une bouteille de Southern Comfort à la main, elle me disait « Motherfucker » avant même de me dire bonjour."



Le promoteur Ken Walker, prévenu par John Cooke qu’il n’y a plus une goutte d’alcool dans tout le convoi, il n’hésite pas, en pleine nuit, à faire arrêter le train à la première gare repérée sur la carte, à Chapleau. John Cooke fait passer le chapeau de wagon en wagon pour une quête qui rapporte 300 $ en quelques minutes. Aussitôt, une délégation de crise est mandatée pour aller faire le plein au magasin le plus proche dont on réveille brusquement le propriétaire. Dans l’euphorie ambiante, Jerry Garcia réussit même à convaincre le conducteur du train de lui laisser un moment son poste, actionnant le sifflet de la locomotive pour fêter l’entrée au Manitoba.

A Calgary, le maire de la ville, Rod Sykes, insiste lourdement auprès de Ken Walker pour que le concert soit gratuit. Ce qui serait utile au politicien pour redorer son blason auprès de la jeunesse du coin, mais bien sûr calamiteux pour le téméraire promoteur. Face au refus de Walker, le maire le traite d’ordure d’homme de l’Est et de monstrueux capitaliste, entre autres amabilités. Ken, qui aurait perdu la rondelette somme de 534 000 $ canadiens dans l’affaire s’il n’avait lui-même « légalement arnaqué » une compagnie d’assurances de Toronto, atteste qu’il garde encore aujourd’hui sur son poing la trace des dents du dignitaire.

Le dernier jour, le 4 juillet, personne ne veut quitter le train magique, chacun laissant transparaître une réelle nostalgie. Janis, cependant, se languit de ses animaux restés à Larkspur. Dans la voiture-restaurant bondée, Janis et Bonnie Bramlett se lancent dans une conversation animée quand le journaliste David Dalton les croise, équipé de son magnétophone. C’est Janis qui, dans son rude langage stimulé par l’alcool, lui propose de se retirer dans le coin-bar et de brancher son engin. Pour Dalton, les 2 jeunes femmes partagent une profonde vulnérabilité, à peine masquée derrière une dureté de façade. Bonnie demande à Janis ce qu’elle écoute en priorité quand elle chante. Celle-ci répond : "La batterie et la basse." Delaney : "C’est pareil pour moi. Le fondement, c’est le rythme." Janis : "Oui, c’est ce qui te botte le cul." Bonnie : "Surtout depuis que tu es toi-même devenue un instrument prépondérant. Chacun veut jouer de son outil comme le plus grand guitariste. Tu en reviens aussitôt à la base. Tout ce dont tu as besoin, c’est le rythme." Janis précise sa façon d’agir sur scène :

"Le plus souvent, je suis tellement impliquée dans la chanson que je n’écoute même plus le groupe. Je n’entends les musiciens que lorsqu’ils se trompent. Quand ils sont bien, je continue juste de chanter, de lâcher mes conneries et de raconter mes histoires. Je rentre en moi, donnant tout ce que j’ai, et je me contente de parler de Janis, de tous les hommes qui l’ont blessée, et de tous les hommes que peut-être elle a déçus. Et chaque chose qu’on veut dire commence soudain à sortir de la bouche sans même qu’on en ait l’intention. Dans les années 1950, on chantait parce qu’on avait de belles mélodies. Sans écouter les mots. Mais aujourd’hui, je dépasse ça, en disant : « Je ressens les choses, je me fais violence, au secours, à l’aide ! » Je lance des mots, et si je vois que le public ne réagit pas, c’est comme si je prenais un foutu coup en plein dans les dents."

La conversation se poursuit et Janis ne semble pas en veine de confidences :

"Une fois, à Las Vegas, on m’a demandé : « Mais où as-tu appris à chanter le blues comme ça ? Où as-tu appris à chanter de cette façon-là, si profonde ? » Mais j’ai pas appris, merde. J’ai juste ouvert la bouche, et ça s’est mis à sonner comme ça. On peut pas sortir quelque chose de valable si on le ressent pas. Je peux pas faire semblant. J’ouvre juste la bouche, et c’est là."


Ken Pearson, Janis Joplin & Brad Campbell

Le 4 juillet, Janis se trouve à Seattle, à l’Edgewater Inn. Elle passe la soirée en compagnie d’Eddie West, le road manager du grand harmoniciste et chanteur de blues James Cotton. Tous deux sont penchés sur un balcon de l’hôtel, et ils balancent des pétards comme des gamins. Epaté par la joyeuse insouciance de Janis, Eddie lui fait remarquer : "T’es vraiment trop cool en ce moment ! Qu’est-ce que ce sera quand t’auras 30 ans !" Mais le masque tombe aussitôt, Janis se rembrunit et lâche laconiquement : "Faut pas croire, man, j’arriverai jamais jusqu’à l’âge de 30 ans."



Le 6 juillet, devant 7000 personnes, Janis et le Full Tilt Boogie donne un concert à Honolulu, "Un délire foudroyant" selon la presse locale. Cependant, elle annule un autre concert sur l’île qui devait lui rapporter 15 000 $, pour se rendre à Austin afin de participer à la fête des 70 ans de son ami Kenneth Threadgill, elle chante seule deux compos de Kris Kristofferson, le Full Tilt Boogie étant resté à Hawaii, "Me And Bobby McGee" et "Sunday Morning Comin’ Down".

Pas de répit, le lendemain, concert à San Diego avec le Full Tilt Boogie, Big Brother & The Holding Company partage à nouveau l’affiche.


Full Tilt Boogie

Fin juillet, à Los Angeles, c’est le début des séances d’enregistrement de PEARL, elle croise James Taylor qui lui aussi enregistre son album. Elle réside au Landmark Hotel de Hollywood, sur Franklin Avenue. Elle est exaltée par la qualité des 1ers titres enregistrés. Cette fois, l’affaire est confiée à un redoutable expert, Paul Rothchild, le producteur vedette des Doors, déjà responsable d’une centaine de disques (Everly Brothers, Joni Mitchell, Crosby, Stills & Nash !). En pleine rupture avec les Doors, il a laissé le groupe en plan sur l’enregistrement de L.A. WOMAN, qui sera pourtant leur fabuleux chant du cygne. Rothchild, qui voulait jadis faire signer Janis pour le label Elektra, se montre alors encore plus emballé par la personnalité et le talent de la chanteuse, qui selon lui a un feeling énorme et se donne à 150 %. Il qualifiera plus tard l’album PEARL de « travail d’amour total ». Cette admiration est réciproque. Janis découvre en Rothchild un amateur de littérature et, surtout, le 1er producteur capable de déceler chez elle des aspects encore inexplorés de sa voix. Il tente de la convaincre de réduire le nombre de concerts, ainsi que sa consommation d’alcool. Il y parvient parfois en conversant avec Janis et en lançant quelques remarques subtiles.


Janis Joplin & Paul Rothchild

Le 2 août, avec Paul Butterfield Blues Band en 1ère partie, le Full Tilt Boogie donne un concert à Forest Hills, les effets mêlés de l’alcool et la cocaïne font que la voix n’est pas à la hauteur, cependant le public est conquis par la très bonne prestation du groupe. Après le concert, elle confie à son amie Myra Friedman : "Je vais encore essayer pendant 8 mois et demi… et si ça va pas mieux, je mettrai fin à tout ça." Myra lui demande : "Pourquoi 8 mois et demi ?". Janis répond d’une petite voix : "Sais pas. Ça sonne bien." En fait Janis a vu quelques jours plus tôt HUIT ET DEMI, le film de Federico Fellini.

Le 3 août elle fait une dernière apparition à la télévision, au Dick Cavett Show, belle performance de "Try (Just A Little Bit Harder)", mais certains observateurs croient qu’elle a replongé dans l’héroïne. Janis laisse paraître du ressentiment en évoquant sa période estudiantine à Port Arthur où elle fut un sujet de risée. Elle annonce aussi qu’elle a pris la décision de participer à une réunion pour fêter la dixième année de son départ du lycée. En réalité, cette résolution n’annonce rien de bon. Cela s’apparente surtout à un retour sur les lieux du crime, à une expérience masochiste sur les traces de l’un de ses doubles, « le mec le plus moche du campus ».


Janis Joplin & John Till au Peace Festival au Shea Stadium le 6 août 1970

Les derniers concerts de Janis ont lieu le 4 août au Ravina de Highland Park dans l’Illinois devant 18 000 spectateurs, le 6 août au Shea Stadium de New York dans le cadre du Peace Festival devant 20 000 spectateurs, le 8 août au Capitol Theater de Port Chester, NY, devant l’actrice Geraldine Page, impressionnée, qui lui dira : "Janis, la plupart des acteurs donnent seulement une partie d’eux-mêmes. Je ne me souviens pas en avoir vu un seul tout donner comme toi !" Mais Janis se laisse aller à une nouvelle crise, répétant qu’elle ne peut plus supporter tout ce cirque.



Plusieurs concerts de Janis restent menacés. Les promoteurs sont devenus nerveux et méfiants. Pour toute défense, Janis tient à préciser : "Ma musique n’est pas supposée vous pousser à provoquer une émeute. Ma musique n’est destinée qu’à vous donner envie de baiser !" Un argument typiquement joplinien… L’état dépressif de Janis ne peut donc aller en s’arrangeant, même si son sens de l’humour frappe toujours ceux qui l’approchent.
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Shenandoah

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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 19:00

Croisant Kris Kristofferson, Janis le prévient : "Si rien ne s’arrange, je vais recommencer la seringue." Elle lui parle même à plusieurs reprises de suicide. "T’en fais pas, tu ne seras pas là. Personne ne sera là."



Le 12 août 1970 a lieu le tout dernier concert de Janis Joplin, au Harvard Stadium de Cambridge, dans la banlieue de Boston, devant plus de 30 000 personnes. La sono fut dérobée dans la journée, une seconde sono l’est également juste avant l’ouverture des portes. Une course contre la montre s’engage pour débusquer une troisième sono. Quelques gauchistes ayant participé aux récentes émeutes dans la ville harcèlent la police avec délectation. La tension est à son comble lorsque la chanteuse paraît enfin sur scène. Galvanisée par l’électricité ambiante, Janis est sidérante de fougue et de sensibilité, de feeling étincelant. C’est le concert à ne pas rater, et surtout l’ultime show jamais donné par Janis.



Le lendemain elle s’envole pour le Texas où elle concrétise sa curieuse décision de revenir à Port Arthur pour assister à une réunion d’anciens élèves. C’est le 10ème anniversaire de la promotion 1960 du lycée Thomas Jefferson. Devenue entre-temps une véritable vedette nationale, Janis doit accorder une conférence de presse dans la salle du Petroleum, au second étage de l’hôtel Goodhue. Aussitôt, elle constate que les mentalités n’ont guère évolué, même si elle déclare à la télévision locale : "Ça s’est un peu dégelé depuis mon départ. Il y a pas mal de cheveux longs et de mouvement, ce qui veut dire défonce. Ça commence à ressembler au reste du pays. A l’époque, je dessinais, je vivais comme une recluse." On voit quelques extraits de cette journée du 14 août 1970 ô combien particulière dans le film JANIS THE WAY SHE WAS.

Le lendemain, elle en vient aux mains avec Jerry Lee Lewis qu’elle est allée voir se produire au Channel Club.



Fin août, Janis est prise de vomissements dans un transfert en voiture, ce qui inquiète Myra Friedman. Elle remarque le visage congestionné et sa pâleur d’un rose morbide. Elle parlera encore plusieurs fois au téléphone avec Janis, mais c’est la toute dernière fois qu’elle la voit vivante. Toby Ben alerte bientôt Myra sur le danger encouru par Janis : "Ecoute bien ! Il faut que tu en parles à Albert Grossman, sinon cette fille va mourir ! Si tu ne fais rien, elle va mourir. Mourir !"

Interloquée, Myra lui répond qu’il exagère, que Janis n’en est tout de même pas rendue là. A New York, les gens ignorent que la chanteuse a repris le chemin de l’héroïne sous l’influence de Peggy Caserta. Mais, en Californie, certains l’ont forcément remarqué… et n’ont rien dit, rien fait.

Début septembre, Janis retourne à Los Angeles et aux studios Sunset Sounds. Elle doit reprendre l’enregistrement de PEARL. Elle s’est donc installée au Landmark Hotel, tout comme les autres membres du groupe, plus John Cooke, Phil Badella et Vince Mitchell. Les musiciens, très concentrés sur les enregistrements, sont assez casaniers, tandis que Janis, entre les séances d’enregistrement, s’ennuie et déprime sans son amoureux Seth Morgan qui ne vient que le weekend, trop occupé à San Francisco la semaine par son business… Elle retombe donc facilement dans l’héroïne, cet hôtel étant un repaire pour toxicos, où les dealers se sentent chez eux. Kris Kristofferson, dont elle est sur le point d’enregistrer "Me And Bobby McGee", semble l’un des seuls à sérieusement s’alarmer. Il tente de prévenir son amie, mais en vain.


Janis Joplin & Kris Kristofferson

Janis focalise sur le disque en préparation. Elle y voit un probable chef-d’œuvre. Enfin ! 8 chansons sont quasiment bouclées et il reste encore de la place pour 2 titres. Mais les compositions satisfaisantes manquent. Janis devient très exigeante. Après discussion avec Paul Rothchild et les musiciens, elle demande à Nick Gravenites de venir la rejoindre au plus vite et de lui fournir le matériel pour deux titres. Nick relève le défi et arrive avec une chanson sur laquelle il est en train de travailler, "Buried Alive In The Blues" ("Ensevelie Vivante Dans Le Blues"), un titre incroyablement prémonitoire. Il n’a alors écrit que quelques vers a priori définitifs, mais tout le monde se montre emballé par le projet. Nick, cependant, qui connaît bien Janis, est effrayé de la voir boire et sans doute se droguer plus que jamais. Il tente de la ramener à la raison, mais Janis ne lui laisse pas le moindre espoir.

"Hey, man, je ne veux pas vivre de façon peinarde. Je veux flamber. Je veux couver sous la cendre. Je ne veux rien d’autre."

Nick comprend vite qu’il ne peut plus rien pour elle. Janis fait de la vitesse sur la moto de son futur mari (du moins l’a-t-elle envisagé) Seth Morgan, en se moquant de son inconscience : "Imaginez ma fin de carrière ! La brève et bienheureuse vie de Janis Joplin s’achève dans un accident de moto !" Mais on le sait, c’est Seth qui connaîtra ce destin tragique, 20 ans plus tard.

Les premiers enregistrements se révèlent prometteurs, mais Janis reste anxieuse face à l’enjeu de cet album. Elle s’interroge sur le choix des titres, sur la direction musicale à suivre. Elle raconte toutefois au photographe Baron Wolman qu’elle a déjà une idée précise de l’album : ce sera une sorte d’hommage à son goût immodéré pour les bars et l’alcool. Au recto de la pochette, on la verra debout derrière un comptoir, occupée à servir 4 péquins vus de dos, les musiciens du Full Tilt Boogie. Au recto, la photo serait inversée, Janis de dos, les musiciens de face, et on pourrait y lire : « Les consommations sont pour le compte de Pearl ». En révélant son idée, irrésistible selon elle, on l’imagine facilement lâcher son fameux rire.



Elle a aussi le projet de se marier avec Seth, d’avoir un enfant, tout en continuant d’enregistrer des disques mais en tournant beaucoup moins. Devant ses amis, elle se déclare enthousiaste, euphorisée même par cette nouvelle formation et les espoirs dont elle est porteuse. Le groupe est soudé, solidaire dans sa démarche artistique, bien encadré par le très attentif Paul Rothchild. Les séances se déroulent dans un meilleur climat que les précédents albums. Mais un problème majeur demeure quant au choix des compositions. Comme Janis est aussi exigeante que Rothchild, les choses s’éternisent, ce qui crée un climat d’incertitude particulièrement nuisible pour la chanteuse.


Jimi Hendrix & Janis Joplin

Suite à la mort de Jimi Hendrix le 18 septembre 1970, Jim Morrison revient vers Janis pour la saluer. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, pour de brefs adieux qu’ils devinent sans doute définitifs. A la nouvelle de la mort de Janis, Jim Morrison s’assombrit et lance à son interlocuteur, pensant aussi à Jimi : "Tu es en train de boire avec le n°3." Janis est aussi très choquée par la mort de Jimi, déclarant à Seth : "Je peux tout de même pas partir la même année, vu qu’il est plus célèbre que moi." Et elle ajoute : "Ce qui est plutôt bien, c’est que ça diminue les risques. Deux stars du rock ne peuvent décemment disparaître la même année !" Elle confiera cette réflexion à son amie Myra : "Je me demande bien ce qu’ils raconteront à mon sujet après ma mort…"

Les jours précédent sa disparition, Janis parle plusieurs fois au téléphone avec le musicien Eric Andersen, avec lequel elle a noué amitié lors du Festival Express. Il est de passage en Californie. Un matin, se promenant dans la rue, une affichette apposée contre un kiosque le laisse pétrifié : Female Rock Star Dead 27 Years Old. Aucun doute, il ne peut s’agir que de Janis. "Quand je pense que je lui parlais la veille encore et que tout semblait si bien aller pour elle. Quelque chose a dû arriver, une contrariété quelconque, et quelle qu’elle fût, elle a atteint son but."



Le 1er octobre, elle signe un nouveau testament destiné à remplacer celui paraphé en 1968, dans lequel elle désignait son jeune frère comme héritier, tout en réservant une somme conséquente pour sa grande amie d’alors, Linda Gravenites. Rien n’était prévu pour le reste de la famille. Dans ce nouveau testament, elle lègue la moitié de ses biens à ses parents, un quart à son frère Michael, et un dernier quart à sa sœur Laura. Le contenu de la maison à Lyndall Erb, chargée de distribuer le tout auprès des plus proches amis. La chanteuse réserve par ailleurs une somme de 2500 $ pour organiser une super-fête en sa mémoire, qui regrouperait ses principaux amis. Au dernier article de son testament, Janis précise qu’elle souhaite être incinérée et que ses cendres soient dispersées au large de San Francisco, dans l’océan Pacifique. Par contre, rien pour son futur mari Seth Morgan…

Janis achève la soirée en studio, où elle enregistre a cappella l’ironique "Mercedes Benz".

Le samedi 3 octobre, elle arrive en studio d’enregistrement, tout le monde la trouve en forme. Ce soir-là, en plus des membres du groupe et de quelques techniciens, il y a pas mal de monde dans les locaux du Sunset Sound. Une vingtaine de personnes au total, dont plusieurs choristes. On remarque surtout la présence de Nick Gravenites. Assis à même le sol dans un coin du studio, tandis que la formation est en pleine répétition, il termine la composition du morceau "Buried Alive In The Blues". Il y a aussi Bobby Womack qui, après avoir confié sa chanson "Trust Me" à Janis, y va de quelques accords à la guitare acoustique. Janis n’est pas venue pour chanter, même si, dans l’euphorie ambiante, elle participe à l’enregistrement d’un court et chaleureux "Happy Birthday, John (Happy Trails)". Ce présent est à l’attention de John Lennon dont l’anniversaire est proche, le 9 octobre. En début de prise, Janis s’adresse directement au destinataire : "Hello John, this is Janis…" Et à la fin, on entend distinctement l’ensemble des musiciens souhaiter un joyeux anniversaire à John, tandis qu’éclate le rire énorme de Janis, ravie de sa petite surprise. Hélas, John ne recevra la cassette à New York qu’après avoir appris la mort de Janis par les médias. On imagine son émotion à l’écoute de cet enregistrement…

John Lennon en témoignera avec Yoko Ono à ses côtés lors de sa venue au Dick Cavett Show en 1970:

http://www.youtube.com/watch?v=pTwS2qZVffw



En fait, Janis est venue au studio afin d’écouter les rushes enregistrés par les musiciens durant cette journée du 3 octobre. Il s’agit de la chanson de Nick Gravenites, "Buried Alive In The Blues". Janis se montre particulièrement enthousiaste à l’idée d’interpréter sa partie vocale, dès le lendemain dimanche. Paul Rothchild est également ravi, remerciant les musiciens pour s’être donnés à 110 %, et Janis pour s’être donnée à 150%. Lui, qui a déjà réalisé une bonne centaine d’albums, jubile littéralement et affirme à qui veut l’entendre que celui-ci sera assurément l’un des meilleurs. Elle se rend ensuite avec Richard Bell et Ken Pearson au Barney’s Beanery, pour y boire quelques verres. Janis se montre enjouée et s’exalte en parlant de l’album en cours et de ses musiciens, qu’elle trouve épatants, à tel point qu’elle précise : "Si l’un de vous me lâche, je l’abats aussitôt !" Bref, il est question d’avenir et d’idées positive, et aucunement de déprime suicidaire. Chacun rentre dans sa chambre, Janis s’administrera cette nuit-là sa dernière dose d’héroïne. Elle s’écroule vers 2h du matin en ce dimanche 4 octobre 1970. Rideau. Toute l’équipe l’attendait au Sunset Sound afin qu’elle enregistre la partie vocale de "Buried Alive In The Blues". Nick Gravenites, son compositeur, ayant décliné l’offre de le chanter, le morceau apparaît donc tel quel sur l’album, sous la forme brute d’un instrumental.

"Je préfère vivre une dizaine d’années hyper à fond plutôt que jusqu’à 70 ans, écroulée au fond d’un fauteuil face à une télé. Je ne veux rien faire à moitié et vivre uniquement l’instant présent."

Sam Andrew en reste persuadé : "Si Janis n’avait pas quitté Big Brother & The Holding Company, elle serait toujours en vie."

Jerry Garcia, le leader du Grateful Dead, est bien entendu choqué par la disparition de son amie Janis. Lui, qui a déjà frôlé la mort pour des raisons similaires, déclare avec fatalité :

"Janis, c’était quelqu’un de vrai. Elle a enduré ces mêmes bouleversements que nous avons tous traversés. Elle a vécu les mêmes trips. Elle s’est retrouvée comme nous tous : abîmée, en miettes. Quand elle s’engageait dans un truc, elle le faisait à bloc, bien plus que n’importe qui, beaucoup plus qu’on pourra jamais l’imaginer. Janis aura été comme une fusée et aura été détruite en plein vol."

La famille Joplin recevra des coups de fil haineux de personnes ravies de la mort de leur fille…

Juste après le décès de Janis, Sunshine et Linda Gravenites viennent retrouver Paul Rothchild et les musiciens du Full Tilt Boogie en studio. Tous, les larmes aux yeux, écoutent des extraits de cet album presque terminé. Albert Grossman lui aussi est présent.



La cérémonie funèbre a lieu le 7 octobre dans l’intimité familiale, au cimetière Westwood Village à Los Angeles, où elle est ensuite incinérée. Comme elle le désirait, ses cendres furent dispersées à partir d’un avion survolant l’océan Pacifique, au large de la côte californienne de Marin County, le mardi 13 octobre.





Toujours selon ses volontés, la fête en son souvenir est organisée le 26 octobre 1970 au Lion’s Share, un club de San Anselmo situé au 60 Red Hill Road. Le carton d’invitation, d’un humour noir très classe, stipule : Drinks Are On Pearl (Les boissons sont pour le compte de Pearl). Près de 200 personnes furent conviées, les membres de Big Brother & The Holding Company autour de Chet Helms, Albert Grossman, Laura Joplin sa sœur, John Cooke, Bob Neuwirth, Dave Richards, Lyndall Erb, Linda & Nick Gravenites, Kenai, Sunshine, Kim Chappell, Peggy Caserta, Seth Morgan son fiancé… mais pas Kris Kristofferson, qui reproche à tous de n’avoir rien tenté pour la protéger contre elle-même. Il lui dédiera la chanson "Epitaph (Black And Blue)", qui figure sur l’album THE SILVER TONGUED DEVIL AND I (1971). Une épitaphe amère adressée à tous ceux qui ont côtoyé Janis à la fin de sa vie et ont feint d’ignorer le danger mortel auquel elle était exposée, ou qui ont fini par s’habituer à la situation. Kris chante :

La fête est finie
Achève ton verre et rentre chez toi
Il est trop tard pour l’aimer
Et la laisser toute seule














CBS fera paraître l’album PEARL en février 1971, culminant à la 1ère place du Billboard pendant 9 semaines.



La chanson "Me And Bobby McGee" sera son unique n°1, hélas posthume. Avec son célèbre texte :

Dans la dèche à Baton Rouge, attendant un train
Je me sens presque aussi délavée que mes jeans...
…La liberté, c’est juste un autre mot pour dire qu’on n’a plus rien à perdre.


L’album PEARL est une réussite, de bout en bout, Janis n’a jamais aussi bien chanté, et les musiciens qui l’accompagnent sont les meilleurs qu’elle n’ait jamais eus à ses côtés. Ils jouent pour elle.

[couleur=#ffff00][g]PEARL

Album émouvant, posthume en quelque sorte, quand on sait qu’elle devait enregistrer sa partie vocale sur "Buried Alive In The Blues" ("Enlisée Vivante Dans Le Blues") le jour de sa mort. Ça commence fort avec "Move Over", à l’intro pêchue, la voix donne le ton. La claque, d’entrée.
Suit "Cry Baby", superbe blues, la grande spécificité de Janis, ce sont les chansons où elle peut monter crescendo, c’est le cas ici, c’est dans ce domaine qu’elle est la plus forte.

"A Woman Left Lonely", petite merveille, avec cet orgue qui tire les larmes, Janis émouvante, le titre lui correspond si tristement bien, "Une Femme Abandonnée Seule". Personne ne peut la chanter avec autant de vérité. Elle a la voix et le vécu.

Avec "Half Moon", changement radical de ton, funky, groovy, et la guitare au son Stax, des breaks typiques de la musique du Sud, on jurerait que ça a été enregistré aux studios Muscle Shoals.

Puis c’est le mythique "Buried Alive In The Blues", un instrumental par la force des choses, que Paul Rothchild et les membres du groupe ont eu le nez et l’intelligence d’inclure à l’album. Très pêchu, pour se donner une idée, le titre, écrit encore par Nick Gravenites, a été chanté et enregistré par ce dernier sur l’album HOW HARD IT IS de Big Brother & The Holding Company en 1971, mais sur un rythme complètement différent. Sûr que Janis en aurait fait tout autre chose. Dommage…. Mais on a perdu bien plus qu’une chanson dans l’histoire.

Autant la face A du vinyl était forte, la face B va définitivement placer PEARL au rang de CHEAP THRILLS, bien que différents. "My Baby", puissante, rageuse, Janis est énorme une fois de plus.

On passe à sa reprise sublime de "Me And Bobby McGee", je me suis toujours demandé si elle a eu le temps d’entendre le résultat final de cette chanson ou si Paul Rothchild et les musiciens ont fait des rajouts après la mort de Janis, qui ne saura pas qu’elle obtiendra un n°1 avec cette merveille, qui ne l’aurait peut-être pas été sans son tragique destin… Rien à dire sur cette version qui rejoint des sommets que furent "Imagine" ou "What A Wonderful World", juste parfaites, incontournables, INTOUCHABLES!

"Mercedes Benz" dont j’ai découvert récemment des versions live superbes, que je propose dans ce vine d’ailleurs, un titre a cappella enregistré deux jours avant sa mort. Son éclat de rire à la fin est légendaire, « That’s It »… Enregistrée en une seule prise le 1er octobre 1970.

Bobby Womack joue sur le titre suivant, son "Trust Me", qui est de toute beauté. Qu’on croirait – aussi – enregistré à Muscle Shoals…

Sur le même ton, PEARL se clôture avec "Get It While You Can", illustré par un superbe solo de guitare de John Till. PEARL reste un classique, le seul bémol étant le fait qu’il soit inachevé.[/g][/couleur]

Les notes de pochette de la réédition de PEARL en 1999 sont signées – comme pour CHEAP THRILLS et KOZMIC BLUES – John Byrne Cooke, son road manager.

PEARL est un album extraordinaire pour plusieurs raisons. C’est le dernier album que Janis ait fait avant de nous quitter, trop tôt, victime d’une overdoe à l’âge de 27 ans. Pour elle, cet album représentait la meilleure musique qu’elle n’avait jamais faite de toute sa vie, et Janis était avant tout une musicienne dévouée, sérieuse à propos de son art. Depuis ses premières apparitions sur scène dans des bars ou des coffeehouses au Texas, sa carrière fut une quête, une recherche sans repos pour la musique qui pourrait le mieux laisser s’exprimer tout le potentiel de sa voix, pouvant exprimer toutes les émotions qu’elle a vécues, la musique qui pourrait la dévoiler complètement et la faire s’épanouir.

Aucun courant musical à lui seul ne pouvait réussir cette tâche, ni le country blues ou le bluegrass, ni le folk, le rhythm and blues ou le rock and roll. Alors elle va chercher, essayant toutes les formes établies de cet art jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle devra elle-même trouver sa propre musique et son propre chemin.

Son succès commercial avec l’album I GOT DEM OL’ KOZMIC BLUES AGAIN MAMA ! ne fera que l’encourager à continuer cette quête.La vie en tournée avec le KOZMIC BLUES BAND ne fut jamais paisible. Il y avait des conflits personnels et musicaux au sein du groupe, on était loin de l’ambiance bien plus familiale qu’il y avait au sein de Big Brother.

A la fin de 1969, Janis dissout le KOZMIC BLUES BAND. Elle fit un break, partit quelques jours à Rio de Janeiro pour le Carnaval. Elle arrête même un temps l’alcool et la drogue qui avaient affecté quelques-unes de ses performances avec le Kozmic Blues Band. Elle se rachète une conduite. Et durant ces mois de réflexions, sa chance tourna. Au cours de sa première année en tant que leader d’un groupe, elle a appris beaucoup. Elle est maintenant prête pour se servir de ce vécu.

Le KOZMIC BLUES BAND avait été assemblé pour elle par des conseillers musicaux. En assemblant son futur groupe, Janis était impliquée dans chaque étape. Elle garde deux membres du KOZMIC BLUES BAND, Brad Campbell le bassiste et John Till, qui avait fini la tournée 1969 à la lead guitare. Avec son manager Albert Grossman, ils sont allés écoutés des musiciens, et en ont recruté trois, le batteur Clark Pierson, le pianiste Richard Bell et l’organiste Ken Pearson.Avant que ce groupe ne fasse son 1er concert, ils ont été baptisés par un nom qui exprime bien tout ce que Janis espère de ce nouveau groupe : FULL TILT BOOGIE.

J’ai travaillé avec Janis pendant 2 ans en tant que road manager, mais je l’ai quitté dans les dernières semaines de l’aventure KOZMIC BLUES BAND parce que ce n’était plus un plaisir. Je suis revenu pour la tournée d’été1970, et après deux semaines je savais que Janis avait encore gagné son pari. Pour commencer, cet assemblage de musiciens était un groupe. Les gars du FULL TILT BOOGIE BAND aimaient Janis et elle les aimait aussi bien sur scène qu’en dehors. Elle était le leader, pour de vrai, et les gars la suivaient là où elle les emmenait. Avant même que la tournée ne débute, elle était suffisamment à l’aise avec eux pour leur demander de lui trouver un surnom. Elle voulait un nom qui pourrait le mieux représenter sa personnalité qui porte des chaussures en or et attrape des mecs dans les bars. Pourquoi pas "Rose", ou "Ruby", proposa-t-elle, ou "Pearl" ? C’est ce dernier qui devint, pour son plus grand plaisir, le surnom qui était le plus proche de ce qu’elle était, et qui était utilisé par les membres du groupe quand ils lui parlaient avec amour et affection.



La tournée d’été aux Etats-Unis nous emmena de Miami à Honolulu et de Toronto à L.A. Janis chanta au Shea Stadium et au Harvard Stadium, au stade de tennis de Forest Hills. Je ne l’avais jamais vu aussi heureuse avec sa musique. Quand vint le moment d’enregistrer, sa bonne étoile continuait de briller au-dessus d’elle. Pour la 1ère fois, elle a le producteur de ses rêves. Paul Rothchild a produit le Paul Butterfield Blues Band, les Doors. Il ne pouvait pas écrire la moindre chanson, mais il savait parler aux musiciens, et il savait comment faire pour que ceux-ci donnent leur meilleur. Janis s’aperçut vite qu’elle aimait discuter avec Paul Rothchild. Ils discutaient dans le studio mais aussi dans les bars pendant des heures. Elle a appris de Paul Rothchild quelque chose qu’elle n’aurait jamais espéré apprendre : comment chanter d’une manière complètement différente, sans retenue, ce qui lui permettrait de pouvoir chanter pendant encore des années. Pour elle, c’était une révélation.

Pour Paul, chaque jour avec Janis était une révélation : "De tous les chanteurs que je connais, ou avec qui j’ai travaillés, c’était la plus bosseuse", raconte-t-il quelques années après l’enregistrement de cet album. "Elle était le rêve personnifié de tout producteur, pour moi. C’était l’union parfaite. Il ne se passe jamais une semaine sans que je ne pleure sa disparition, pas seulement pour elle, mais pour moi, parce que c’était parfait. Pour moi c’est comme si j’avais fait toute ma carrière pour en arriver à enregistrer cet album – travailler à cet album et travailler avec Janis."

Cela faisait 4 semaines que les sessions d’enregistrement avaient débuté, l’album été fait aux ¾, et Janis meurt subitement, inexpliquablement, tragiquement. Elle avait recommencé l’héroïne, pensant qu’elle pouvait contrôler ça, mais sa chance a tournée, et elle est morte. A partir de là, il ne pouvait y avoir d’autre titre pour l’album que PEARL. Et le miracle de PEARL c’est que ce n’est pas un demi album conçu après sa mort comme un hommage sentimental ; c’est exactement ce que Janis et Paul en avaient décidé dès le départ de leur collaboration – leur meilleur album pour toujours. Parce que Janis a enregistré just assez de parties vocales pour finir l’album.



Paul et le FULL TILT BOOGIE BAND ont travaillé pendant des semaines, jour et nuit, construisant entièrement de nouvelles parties instrumentales derrière les parties vocales de Janis. Le bassiste Brad Campbell s’en souvient comme de l’une des plus intenses périodes de sa vie : "Vous devez vous rendre compte d’une chose, de jouer derrière cette vois, c’était quelque chose. Vraiment. Ce n’est pas comme si on pouvait le faire le lendemain ou le jour suivant. C’était plutôt, "Ce doit être la bonne prise". Je ne peux pas vraiment l’expliquer, car c’était un incroyable sentiment. La voix était la seule chose qui m’obsédait". Paul Rothchild est d’accord : "Nous avons eu peur un moment, un état d’âme, des interrogations. Et puis nous avons su nous soutenir nous-mêmes émotionnellement, en se basant sur le bon temps que nous avions passé avec elle"

PEARL est le testament pour l’admiration et l’amour mutuels que Janis et son groupe ont partagés ensemble. La joie de Janis au sein de son groupe, dans le matériel proposé dans cet album, dans sa vie, se rejoignent dans chaque chanson, même si "Buried Alive In The Blues" de Nick Gravenites, qu’il avait écrite pour Janis, et et qui était la seule chanson pour laquelle elle n’a pas eu le temps d’enregistrer de parties vocales.

"Me And Bobby McGee" de Kris Kristofferson devint N°1 aux Etats-Unis. L’album en fit de même, restant à cette première place pendant 9 semaines. Parmi le TOP 100 des albums entre 1955 et 1996, PEARL atteint le N°80. C’est l’album de Janis qui a eu le plus de succès :

"Je pense que c’est le meilleur album de Janis. Je pense que c’est probablement mon meilleur album. Je pense que c’est l’un des meilleurs albums provenant des sixties. Je pense que c’est MAGNIFIQUE." Paul Rothchild





En 2005, l’album PEARL fera l’objet d’une Legacy Edition, un double CD qui reprend l’album plus des bonus sur le premier CD, parmi lesquels le message adressée à John Lennon pour son anniversaire, que ce dernier reçu après la mort de Janis, et l’instrumental "Pearl" en hommage à Janis. Le second CD est une compilation d’enregistrements live captés lors du Festival Express au Canada. Cette édition augmentée de PEARL est INDISPENSABLE !!! Elle met aussi en valeur ce superbe groupe que fut le Full Tilt Boogie qui eut malheureusement une courte vie.



[couleur=#ffff00][g]PEARL – LEGACY EDITION

CD 1

Sur le premier CD on retrouve bien sûr les 10 titres de l’album original, ainsi que 6 bonus tracks.

3 d’entre eux étaient déjà sur le coffret JANIS paru en 1993. Il y a dans ce cas "Happy Birthay, John (Happy Trails)", ce message délivré sur bande à John Lennon qui ne le recevra qu’après la mort de Janis, la version demo de "Me And Bobby McGee" telle que Janis l’a chantée devant Paul Rothchild, s’accompagnant seule à la guitare, un mois avant le début de l’enregistrement de l’album rappelons-le. Et enfin cette version alternative de "Cry Baby" contenant des parties vocales différentes.

3 sont ici complètement inédits. Tout d’abord une version alternative de "Move Over", avec claquements de mains en intro, une version plus brute, moins volumineuse, laissant plus de place à la guitare, sauf le solo qui est moins tranchant, avec le piano tout là-bas dans le fond.

Suit une autre version alternative, celle de "My Baby", la différente se fait ressentir surtout dans els parties vocales, la voix est moins en avant ici que sur l’originale, le son est aussi plus aéré, encore une fois moins de volume, et il n’y a pas les chœurs à la fin.

Et enfin le cadeau du groupe à Janis, un instrumental nommé "Pearl", le surnom qu’ils lui ont donné, une composition du groupe au complet. On avait déjà "Buried Alive In The Blues", instrumental par la force des choses, on a aussi l’instrumental "Full Tilt" qu’ils jouaient sur scène, voir le vine, il y avait aussi "That’s Rock ‘N Roll" qu’on entend en live sur le second CD, tiré des concerts au Festival Express au Canada. Cette fois, c’est un instrumental plus doux, qu’ils ont appelé … "Pearl", en hommage à Janis bien entendu, qui tire la larme, sûr qu’ils ont dû tous en verser pendant plusieurs jours, quand on sait qu’ils ont enregistré cela le 10 octobre, soit 6 jours après la mort de Janis. La preuve qu’il y encore de la délicatesse et de l’humanité dans l’industrie du disque, Columbia a tout de même attendu 35 ans avant de publier ce titre. C’est beau, bel hommage, on sent qu’ils y ont mis tout leur cœur, on ressent à son écoute l’amour que ces musiciens vouaient à Janis.

CD 2

ENFIN !!! Enfin un CD entièrement consacré à cette série de concerts donnés lors du Festival Express au Canada, à bord de ce fameux train qui les emmena de Toronto le 28 juin, à Winnipeg le 1er juillet et enfin à Calgary le 4 juillet. Les 6 titres présents sur le live IN CONCERT en 1972 n’avaient pas un très bon son, la compilation d’outtakes FAREWELL SONG en 1982 nous avait offert "Tell Mama" enregistrée à Toronto, rien de nouveau sur le coffret JANIS en 1993, et enfin la 1ère réédition de PEARL en 1999 avait donné 4 titres, tous inédits, tous enregistrés à Calgary, bien qu’il est vrai que "Try (Just A Little Bit Harder)" était déjà sur IN CONCERT et le coffret JANIS.

Ici on a 13 titres live, 5 des 6 qui se trouvaient sur IN CONCERT, "Tell Mama" qui était sur FAREWELL SONG, "Little Girl Blue" qui était sur l’Expanded Edition de PEARL en 1999. On nous annonce 6 inédits, mais en réalité "Try (Just A Little Bit Harder)" – encore elle – était déjà sur la B.O. du film JANIS en 1975 enregistrée à Toronto.

L’un des – nombreux – intérêts de ce CD réside aussi en l’instrumental "That’s Rock ‘N Roll", composé par le FULL TILT BOOGIE BAND. Avec Janis qui présente le titre comme étant pourtant un titre de Little Richard, c’est vrai que l’intro au piano. Ce titre est l’occasion pour chacun des membres du groupe de montrer ses talents, la chaleur de l’orgue, la puissance de la section rythmique, le piano virevoltant (à la Little Richard…) et la guitare rageuse, yep, le FULL TILT BOOGIE BAND était un Putain de groupe !!!

Les autres intérêts de ce CD sont notamment qu’enfin, comme dit plus haut, ce festival est mis à l’honneur dans la discographie de Janis, la sortie du DVD FESTIVAL EXPRESS en 2003 y est peut-être pour quelque chose.

Et puis le son, autrement meilleur que sur IN CONCERT. Frappant dès "Tell Mama", et voir la version éposutouflante de "Half Moon", bien supérieure à la version studio. Et le son donc est de bien meilleure qualité que sur IN CONCERT.

Autre point fort de ce live, "Maybe", titre de la période Kozmic Blues, ça manque de cuivres, un peu…

"Summertime" est sensiblement différente aux versions de Big Brother et Kozmic Blues Band, non pas sur un plan musical, mais vocal, elle la chante de manière plus feutrée, moins éraillée.

On revient à la période Kozmic Blues Band avec "Little Girl Blue", un autre standard de la chanson américaine, qu’elle n’aura jamais aussi bien chantée que lors de sa prestation au Tom Jones Show en 1969, version émouvante, accablante. Cependant la version proposée ici est de toute beauté, on reconnaît la douceur du toucher de John Till, qui fait chanter ses cordes, elle avait – avec ce groupe – trouvé le groupe avec lequel son avenir était tout tracé, hélas…

Le ton change avec l’enchaînement des 2 titres qui suivent, l’instrumental "That’s Rock ‘N Roll" et "Try (Just A Little Bit Harder)", bien plus sauvage.

Avant l’un des chefs-d’œuvre de Janis, "Kozmic Blues", puis retour à la sauvagerie avec "Piece Of My Heart" avant de terminer par trois blues, "Cry Baby", "Get It While You Can" et "Ball And Chain", tout y passe, ce live survole les différentes facettes du talent de son interprête, avec un groupe raffiné et talentueux qui l’accompagne, la guitare, l’orgue et le piano donnent juste du plaisir à l’auditeur.

Quel bonheur, tous ces titres joués live par le dernier groupe de Janis, le FULL TILT BOOGIE BAND, qui était – déjà – bien en place alors qu’ils ne tournaient que depuis moins de deux mois au moment de ce festival. Les enchaînements sont excellents, on passe sans broncher de Toronto à Winnipeg, pour revenir à Toronto avant de partir à Calgary, du très bon boulot.

Si LIVE AT WINTERLAND ’68 est L’Album live essentiel de Janis Joplin avec Big Brother & The Holding Company, le second CD de la LEGACY EDITION de PEARL est son équivalent pour le Full Tilt Boogie Band.[/g][/couleur]

Les notes de pochette sont TOUJOURS signées John Byrne Cooke, ex-road manager de Janis Joplin.

"C’était le bon temps, c’était la pire période. C’était 1970, l’année du groupe FULL TILT BOOGIE, et de l’album PEARL. C’était le meilleur album de Janis, et FULL TILT BOOGIE fut son meilleur groupe.

Je n’ai jamais vu Janis aussi heureuse que quand ce groupe était prêt pour prendre la route et monter sur scène pour la première fois. C’était en mai 1970, c’était le printemps en Californie. Elle était heureuse de son groupe et des chansons qu’elle avait répétées avec eux. Elle était heureuse et fière d’elle-même. Elle était loin de l’ombre de Janis que j’avais vu 6 mois auparavant à New York, alors qu’elle baignait dans la drogue. Depuis elle a banni ces substances de sa vie. Elle a déménagé de Haight-Asbury, le paradis hippie de San Francisco, et s’est achetée une maison isolée à Marin County. Elle allait mieux que jamais et était impatiente de retourner chanter devant son public. Ce qui me faisait le plus plaisir, c’est qu’elle avait repris le contrôle de sa vie et elle s’en vantait.

John Till, le guitariste, raconte son arrivée au sein du Kozmic Blues Band suite au départ de Sam Andrew : "Le Kozmic Blues Band était une sorte de corporation. Beaucoup d’employés. Chacun était un professionnel et l’album était bon, mais le groupe avait ses conflits de personnes et ses problèmes de communication".

Rapidement, Janis et Albert Grossman constatèrent que ce big band, avec sa section de cuivres, n’était pas le son idéal pour Janis. Ils décidèrent de prendre un nouveau départ, mais Janis a voulu garder deux membres du KOZMIC BLUES BAND. D’abord John Till. L’autre étant Brad Campbell, qui était le bassiste du groupe depuis le début. Janis demanda à John et Brad de venir à San Francisco.Elle leur proposa de les garder en tant que salariés, s’ils voulaient bien faire partie de son nouveau groupe, en attendant qu’elle change son mode de vie. Ils saisirent cette opportunité. Janis se mit au vert quelques mois avant de réapparaître au printemps 1970, transformée, comme un papillon sorti de son cocon, pleine d’énergie, prête àen découdre. Aux yeux de John Till, c’était une toute autre femme : "Après son rétablissement, elle revivait".

A ce moment, le nouveu groupe de Janis semblait être guidé par des esprits bienveillants. Albert amena deux claviers du Canada, Ken Pearson et Richard Bell, rejoignant leurs camarades canadiens John Till et Brad Campbell. Brad et John jouaient à Broadway, San Francisco, dans un bar de striptease. Le batteur, Clark Pierson, était au bon endroit au bon moment. Janis et Albert étaient venus écouter le groupe jouer et ont apprécié. Ils invitent alors Clark chez Janis à Marin County.Un samedi après-midi le groupe joua deux chansons. Janis demanda à Clark s’il était prêt à faire des tournées. "Pour sûr !", répondit Clark, et le groupe était formé. 4 Canadiens et un batteur américain, tout comme le groupe de Bob Dylan, plus connu sous le nom du Band. Ça sent plutôt bon.

Lors des dernières semaines de répétition, il y eut la visite de Bob Neuwirth, un peintre et un songwriter qui devint le confident de Janis l’année précédente lors de sa mauvaise passe. Avec lui un autre songwriter, du nom de Kris Kristofferson. Janis avait joué "Me And Bobby McGee" avec le Kozmic Blues Band, et elle était heureuse de rencontrer l’homme qui l’a écrite. Bob et Kris vont arpenté la baie de San Francisco pendant quelques jours, accompagnés de Janis en dehors des répétitions. Kris était à l’aube de la célébrité mais il ne le savait pas encore. Un soirque Janis et le groupe avaient fini les répétitions, Bob et Kris se pointèrent, cherchant des volontaires pour partager la nuit avec eux, "Vous êtes prêt pour un Full Tilt Boogie ?", s’exclama Neuwirth. Et Janis s’écria "Full Tilt Boogie !", et le FULL TILT BOOGIE BAND était né.

J’ai le sentiment que toute sa vie fut une préparation pour le FULL TILT BOOGIE BAND et pour l’album PEARL. Dès le 1er jour sur la route, il n’y avait pas de question au sujet de qui était le leader du groupe. Janis leur a dit ce qu’elle voulait et elle l’a obtenu d’eux. Pour Clark Pierson, elle a tout fait pour donner au groupe ce dont il avait besoin : "Elle savait ce qu’elle voulait. Elle savait ce que tu voulais, ce que tu ne voulais pas, ou ce que tu pensais vouloir. Elle a essayé de protéger tout le monde tout le temps". Avec le groupe, Brad Campbell trouva que les musiciens "étaient plus en communion avec leurs instruments. Ils étaient plein d’énergie. En particulier Clark. C’était un batteur fabuleux".

Nous avons joué 3 shows en Floride, puis nous sommes allés à Columbus, Indianapolis, Louisville , Kansas City et College Park, Maryland. C’était la tactique de Albert Grossman de chauffer le groupe petit à petit loin des grandes villes et du regard des critiques rock. Au vu de l’évolution des évènements, on s’est aperçu que ces précautions furent inutiles car quel que soit l’endroit où nous avons joué, quelle que soit le nombre de spectateurs, Janis et le Full Tilt Boogie Band ne ressentaient rien d’autre que du plaisir sur scène.

A New York, Janis apparut au Dick Cavett Show. Cavett était le seul animateur de talk-show pour qui Janis avait du respect, parce qu’il était à l’écoute de ses invités. Comme elle, il avait l’esprit vif et aimait avoir des conversations intelligentes. Janis s’asseyait à ses côtés et discutait avec les autres invités avant de rejoindre le FULL TILT BOOGIE BAND afin de montrer à Cavett et aux téléspectateurs qu’elle en était capable.

Deux jours plus tard nous nous sommes embraqués vers Toronto pour ce qui promettait d’être un trip unique, une tournée rock and roll à travers le Canada appelée le Festival Express 1970. Après un concert d’une journée entière à Toronto, environ 150 musiciens et roadies embarquèrent dans un train, nous emmenant dans les grandes prairies et les montagnes. Le train était notre maison pendant 5 jours, avec un concert à Winnipeg et un autre à Calgary. Parmi les autres passagers il y avait le Band, le Grateful Dead, New Riders Of The Purple Sage, Delaney & Bonnie, Tom Rush, Buddy Guy, Ian & Sylvia, Mountain, Seatrain, James & The Good Brothers, Robert Charlebois, et Mashmakhan. Il y avait deux wagons bars, climatisés. L’un deux étaient équipés d’amplis, de micros et d’un télégraphe, l’autre était acoustique. J’avais aménagé deux couchettes pour Kristofferson et Neuwirth mais hélas ils n’avaient pas pu se joindre à nous. Dommage.



Pour un road-manager, c’étaient des vacances sur la route avec quelqu’un d’autre qui conduisait. Pas de stress avec le temps qu’on mettrait pour atteindre l’aéroport, l’hôtel, le sound check. Les promoteurs du Festival Express controlaient TOUT. Enfin presque tout. En arrivant à Calgary, quelqu’un avait mis du LSD dans la tequila. "Le show de Calgary était bizarre", raconte Clark Pierson. "Je ne me souviens de rien." Richard Bell se souvient juste de… : "Je volais comme un cerf-volant chinois !"

Après Calgary, c’était les avions et les hôtels à nouveau, avec des concerts à Seattle et Honolulu, puis San Diego, Santa Clara et Albuquerque avant de partir vers l’est à nouveau, pour jouer à New York et Boston. C’était la fin de la tournée, mais Janisn’est pas redescendue de son nuage. Elle avait hâte d’entrer en studio et d’enregistrer avec le FULL TILT BOOGIE.

Pour CHEAP THRILLS et KOZMIC BLUES, Albert Grossman avait choisi les producteurs avec les meilleures intentions possibles, mais aucun d’entre eux ne parlait le langage de Janis. Cette fois il proposa Paul Rothchild, le producteur des Doors et du Paul Butterfield Blues Band et d’autres artistes du mouvement folk revival. En la personne de Paul, Janis a rencontré son égal en articulation, en agilité mentale, et en loquacité. Mieux encore, elle l’aimait et très vite elle allait aussi trouver des raisons de le respecter.

Paul n’était pas musicien, à peine capable de tenir une mélodie, mais il avait une bonne oreille pour la musique et il savait parler aux musiciens dans leur langage.Il m’expliqua sa façon de procéder : "Quand je travaille avec un groupe, j’ai besoin de connaître chacun d’entre eux et de trouver pour chacun dans quel langage je dois leur parler. Dès que j’ai trouvé la bonne formule, je peux parler de musique avec eux. J’aime la communication verbale, surtout parce que c’est très difficile".

Je connaissais Paul depuis des années. Dans une autre vie j’étais un musicien de bluegrass, j’ai joué sur le tout premier album qu’il a produit, THE CHARLES RIVER VALLEY BOYS : BLUEGRASS AND OLD-TIMEY MUSIC. J’ai fait se rencontrer pour la 1ère fois Janis & Paul afin qu’ils puissent parler d’une éventuelle collaboration, et je me suis chargé de prendre soin que Janis ne juge Paul trop vite. Les jugements trop rapides étaient sa spécialité, mais elle savait que c’était dans son intérêt que cette association fonctionne. Les dates pour l’enregistrement ont été planifiées, nous étions dans un motel sur les collines de Hollywood, et ils allaient travailler sur le nouvel album en studio à Sunset Sound.

Un jour, après une semaine d’enregistrement, je reviens au motel en fin d’après-midi et je trouve Janis assise sur une chaise au bord de la piscine, l’air pensif. "Que se passe-t-il Pearl ?" Elle remue la tête et me dit : "Man, ce Paul." Son expression était sérieuse, et un instant j’ai eu peur qu’elle avait trouvé des raisons de croire que Paul, comme ses prédécesseurs, ne ferait pas l’affaire. Et ensuite elle m’explique, après un long silence, pourquoi il n’est pas comme les autres producteurs avec qui elle a travaillés avant et pourquoi travailler avec lui est la plus belle expérience de toute sa carrière.

L’admiration était mutuelle. Après notre première rencontre avec Janis, Paul m’a dit : "John, j’ai appris quelque chose de très important hier. Janis Joplin est une femme très élégante." Les premiers jours en studio, il en a appris plus encore sur sa capacité d’apprendre. Elle révéla de la curiosité à propos des techniques d’enregistrement, et Paul répondait à ses questions. "A la minute où je me suis aperçu qu’il y avait un intérêt en quoi que ce soit, chaque fois qu’elle avait l’air curieuse je lui demandais ce qu’elle voulait savoir et je lui donnais toutes les informations dont elle avait besoin. Elle était étonnamment douée. Elle pouvait emmagasiner des tonnes d’informations et s’ens ervir après".

Pour Paul Rothchild, l’empressement de Janis pour apprendre était crucial, parce qu’il ne s’était pas seulement focalisé sur l’album à venir, mais aussi sur l’avenir de la carrière de Janis. C’était son intention de lui apprendre à propos de sa propre voix, comment l’utiliser dans de nouvelles directions musicales, et comment faire pour qu’elle puisse chanter plus longtemps qu’elle ne le croyait possible pour elle. "Parce qu’elle ne pourrait plus chanter "Ball And Chain" à 40 ans, n’est-ce pas ? Ce serait ridicule. Et elle aimait ça parce qu’on lui parlait de vraies directions à prendre, de ce qu’elle devrait faire avec sa carrière de chanteuse et son avenir."

Et ensuite, en un coup du destin, suite à cette tragédie, l’avenir de Janis a disparu, et Janis avec lui. Lassée par les jours de travail de Paul avec le groupe, seule car son petit ami était à Berkeley, elle s’est punie elle-même, elle est retombée dans l’héroïne, achetée dans la rue, une « mauvaise » héroïne qui en a tué plusieurs autres dans la même semaine, rideau…

C’était en mai qu’on lui avait trouvé ce surnom de Pearl qu’elle avait choisi parmi d’autres qu’on lui avait proposés. Janis Joplin était célèbre, un personnage public, avec ses amis, Pearl était son nom pour les intimes, qu’on utilisait pour lui des familiarités. Quand ce fut annoncé dans la presse pendant la tournée estivale qu’elle avait ce surnom de Pearl, les fans dans la rue lui disaient "Hi, Pearl !", elle adorait, mais elle aimait plus encore quand c’était un de ses amis proches qui lui disaient. Paul Rothchild se souvient :"Sur une journée, je pouvais l’appeler Janis 50 fois et Pearl 3 ou 4 fois. C’est comme tous ces noms marrants qu’on s’affuble entre personnes quand on veut dire un truc perso."

Après la mort de Janis, l’album ne pouvait s’appeler que PEARL. Et le miracle de PEARL c’est qu’il est exactement l’album que Paul et Janis avait décidé de faire, même si Janis n’était plus là pour le finir. Paul et le FULL TILT BOOGIE BAND ont travaillé 3 semaines supplémentaires dans ce que Paul décrit comme "un enthousiasme presque monastique", finissant les bandes du groupe, faisant des nouvelles pistes derrière les parties vocales de Janis, et dans certains cas ils ont assemblé soigneusement différentes parties vocales de différentes prises."C’était comme si elle était encore là, ou sur le point d’entrer dans le studio. Chacun continuait de faire l’album avec un petit peu plus d’amour qu’ils en avaient avant sa mort.Il n’y avait pas de portes de sortie pour aucun d’entre nous. C’était comme si nous étions en dehors du temps et de l’espace".

Dans cette LEGACY EDITION, l’album studio PEARL est augmenté de quelques musiques que Janis a faites avec FULL TILT BOOGIE lors de ce trip en train à travers le Canada. Vous ressentirrez à la fois dans les enregistrements studios et les titres live l’amour qu’elle avait pour ce groupe, et celui que le groupe avait pour elle. Pour Brad Campbell, jouer avec Janis fut la plus importante expérience musicale de toute sa vie, et elle ne l’a jamais quitté. En 2004, en se replongeant sur cette période il déclarait : "Je me sens toujours comme si j’étais à côté de Janis, à chaque fois que je joue."








A savoir que Big Brother & The Holding Company a continué après le depart de Janis, ils continueront sans elle, avec des albums comme BE A BROTHER en 1970 (avec Janis qui fait les chœurs sur "Mr. Natural") et HOW HARD IT IS en 1971 qui contient leur version, chantée par son auteur Nick Gravenites de “Buried Alive In The Blues”, sur cet album ils sont rejoints par Kathi McDonald. A noter qu’en 2008 le label Acadia, celui-là meme qui avait réédité le live CHEAPER THRILLS en 2000, a réédité les deux albums post-Janis sur un seul CD, avec des notes de pochette signees Sam Andrew.



En 1972, parution de l’album IN CONCERT, comprenant des titres enregistrés avec Big Brother & The Holding Company et avec le Full Tilt Boogie lors des concerts du Festival Express à l’été 1970.

[couleur=#ffff00][g]Divisé en deux parties distinctes, ce live (double à l’époque du vinyl), comprend d’une part diverses prestations de Big Brother & The Holding Company, et d’autre part le Full Tilt Boogie Band lors du Festival Express en juin-juillet 1970.

"Down On Me" à Detroit en 1968, bien plus puissante que la version studio, qui est bien pâle en comparaison. "Bye Bye Baby", idem, enregistrée un mois plus tard au Winterland.

"All Is Loneliness" et "Ego Rock" ont été enregistrés le 4 avril 1970 au Fillmore West lors d’un concert de retrouvailles du Big Brother avec Janis. Un an et demi qu’ils n’avaient plus joué ensemble et la magie opère à nouveau. Cependant le concert entier existe, je l’ai inclus dans le vine, y compris ces deux titres qui ont été raccourcis pour l’album IN CONCERT.

Suit "Piece Of My Heart" enregistrée à Detroit en mars 68, du son brut et un solo de guitare incendiaire.

"Road Block", "Flower In The Sun" et "Summertime", tous trois enregistrés au Carousel Ballroom de San Francisco en juin 68, qui rappellent si besoin que ce groupe avait un potentiel scénique monstrueux. Beaucoup d’énergie qui se dégagent de ces enregistrements avec Big Brother. Superbe version de “Summertime” par ailleurs, quel plaisir.

Place aux enregistrements au Festival Express avec le Full Tilt Boogie Band, là aussi on a un groupe bien en place, qui hélas n’aura pas accompagné longtemps Janis, ça semblait partie pour durer.

“Half Moon” tout d’abord, avec son rythme funky, peu différente de la version studio qui sera – rappelons-le – enregistrée après ces concerts au Canada. Suit “Kozmic Blues”, merveilleuse chanson dans sa version live telle qu’on la voit dans le film JANIS – THE WAY SHE WAS 3 ans plus tard. Ce sont les deux titres enregistrés à Toronto le 28 juin 1970.

Les 4 derniers viennent du 3ème et dernier concert du Festival Express, Calgary le 4 juillet. C’est le concert qu’elle fera avec ses froufrous rouge et bleu, le concert de cloture donc de ce trip de folie. Janis est heureuse sur scène, heureuse avec son groupe, heureuse en coulisses... voir le DVD FESTIVAL EXPRESS, la fête est permanente. Et on le resent sur scène avec cette version endiablée de “Move Over”, suivie de “Try (Just A Little Bit Harder)”, deux titres brûlants. Et ce n’est pas avec les deux gros blues que sont “Get It While You Can” et l’apothéose “Ball And Chain” que cela se calme. Seul reproche sur cette partie de cet album live, c’est le son, pas très très bon, je conseillerai plutôt le second CD de la LEGACY EDITION de PEARL qui contient ces 6 titres avec le FULL TILT BOOGIE BAND.

Pour ceux qui aiment à la fois le son remasterisé du CD et qui sont nostalgiques des formats vinyls, il y a un beau compromis avec la réédition Vinyl Replica japonaise de cet album en double CD, séparant les parties Big Brother et Full Tilt Boogie comme à l’époque du vinyl. Dans ce format sont également sortis GREATEST HITS, JANIS / EARLY PERFORMANCES et FAREWELL SONG, qui ont d’ailleurs été regroupées dans un boitier sous la forme d’un coffret cartonné, regroupant ainsi les albums que Columbia a laissés de côté lors de la sortie du coffret BOX OF PEARLS.[/g][/couleur]



Parution en 1973 du GREATEST HITS.
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Shenandoah

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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 19:02







C’est en 1975 que sort le film JANIS, THE WAY SHE WAS, un assemblage de vidéos de cocnerts et d’interviews pour la télé. Le film sera ressorti en DVD en 2007, en France sous le titre LA VERITABLE JANIS.

Le film commence par des images de sa cabriolet peinte, exposée dans un musée, avec en fond musical, "Mercedes Benz", logique ! Plus un documentaire, une collection d’images d’archives, d’interviews et d’extraits de concert qu’un véritable film, mais c’est tellement bien fait.
Suivent le long du film :
"Ball And Chain" live sur le plateau de COME UP THE YEARS à San Francisco en 1967 avec Big Brother.
Une interview lors de cette émission.
"Ball And Chain" encore, cette fois à Monterey 1967.
Interview à Stockholm en 1969 en noir et blanc.
"Tell Mama" au Festival Express à Calgary, Canada, le 4 juillet 1970.
La sublime version de "Kozmic Blues", toujours au Festival Express, mais cette fois le 28 juin 1970 à Toronto.
Interview devant le Royal Albert Hall de Londres en 1969.
"Cry Baby", retour au Festival Express, à nouveau à Toronto le 28 juin 1970.
On ne quitte pas la scène de Toronto, et Janis raconte cette anecdote à propos de cette voisine à San Francisco qui emballait plus de mecs qu’elle, c’est l’intro de l’endiablée "Try (Just A Little Bit Harder)".
3 jours avant elle est sur la scène du Dick Cavett Show pour interpréter "Move Over" et accorder une interview non sans humour. Un moment que je qualifierai juste de DELICIEUX !
Le retour début août à Port Arthur pour le 10ème anniversaire de la promotion 1960, où elle accorde une interview.
Bon dans le temps, les sessions de CHEAP THRILLS en 1968, avec l’arrivée de Janis en studio, interprétation de "Coming Home". Janis raconte une histoire dont tout le monde se fout apparement en studio, suit "Summertime", suivi du débat entre Janis et le reste du groupe sur l’enregistrement et les diférentes prises de cette chanson.
Suit le concert de Francfort en Allemagne en 1969, avec le Kozmic Blues Band, et à nouveau "Summertime".
Interview devant le Royal Albert Hall de Londres en 1969.
Des images rares, "Can Turn You Loose" à Woodstock en 1969. Faut vraiment que ce concert sorte en DVD, en intégralité !!! Epoustouflant passage.
Interview devant le Royal Albert Hall de Londres en 1969.
Le film se termine par une large portion consacrée à son passage à Francfort en avril 1969, avec tout d’abord des témoignages de fans, dont une surexcitée se retrouvera sur scène un peu plus tard dans la soirée avec d’autres fans que Janis fera monter sur scène, Janis voulait partager la fête avec son public. "Me" l’instrumental, coupée d’une interview, puis "Maybe" la magnifique.
Interview devant le Royal Albert Hall de Londres en 1969.
Retour à Francfort avec "Ball And Chain" et "Piece Of My Heart" dans une folies partagée avec ses fans.
Les crédits du générique sont accompagnés par "Me And Bobby McGee" dont il n’existe hélas aucune trace vidéo de Janis chantant cette merveilleuse chanson.



Un double album accompagne la sortie du film, JANIS / EARLY PERFORMANCES, le 1er disque comprenant des titres entendus dans le film (pas tous dans les mêmes versions d’ailleurs), le second étant un recueil d’enregistrements inédits d’avant Big Brother & The Holding Company, de 1963 à 1965.

[couleur=#ffff00][g]JANIS / EARLY PERFORMANCES

CD 1

JANIS

From the Soundtrack of the Motion Picture JANIS (with substituted performances of “Piece Of My Heart” and “Cry Baby”)

Outre les enregistrements qu’on trouve déjà sur els albums “classiques”, comme “Mercedes Benz”, “Cry Baby”, “Piece Of My Heart” et “Me And Bobby McGee”, le premier disque de ce double album contient plusieurs enregistrements live inédits ailleurs. Tout d’abord une version live torride de “Ball And Chain” enregistrée lors du concert filmé de Francfort en Allemagne en avril 1969, lors de son unique tournée européenne. De ce même concert où elle est accompagnée du Kozmic Blues Band, on peut entendre “Summertime”, avec son intro à la trompette et une sublime version (elles le sont toutes) de “Maybe”. Et dans le film, on voit de ce concert “Piece Of My Heart”, mais comme dit dans le livret de l’album, sans qu’on sache pourquoi, Columbia a mis sur la B.O. la version studio de l’album CHEAP THRILLS.

On a aussi “Try (Just A Little Bit Harder)” enregistré lors du concert de Toronto le 28 juin 1970, qu’on retrouver en version plus longue sur la LEGACY EDITIN de l’album PEARL en 2005, annoncée comme inédite... Par contre on devait avoir aussi “Cry Baby” enregistrée lors des concerts du Festival Express au Canada à l’été 1970, et là aussi, Columbia a choisi de metre la version de l’album PEARL...

Et pour finir, on a une version live de “Move Over” lors de son avant-dernière participation au Dick Cavett Show le 25 juin 1970.

On trouve aussi trois interviews, l’une donnée au Royal Albert Hall de Londres, une au Dick Cavett Show, et enfin une à la reunion des anciens “camarades” de classe à Port Arhur à l’été 1970.

L’album commence et se termine, comme le film, par “Mercede Benz” en intro, et “Me And Bobby McGee” en clôture.

CD 2

EARLY PERFORMANCES

C’est le titre du second CD de cette B.O., précisons tout de même que ce second CD est un bonus à la B.O. et qu’en aucun cas ces 17 titres ne sont présents dans le film JANIS THE WAY SHE WAS. On pourrait presque le nommer THE ROOTS OF JANIS JOPLIN, tant ici on a ses tout débuts, dans des clubs bruyants d’Austin en 1963 et 1964, la ville aux mille clubs de blues ! Surprenant d’entendre “Silver Threads And Golden Needles” par Janis, avec un harmonica, et un bruit de verre qui roule sur le sol, rien à voir avec la version de Linda Ronstadt. Beaucoup de reprises évidemment, ce qu’on pourrait appeler les Bessie Smith Sessions, tant on est proche des enregistrements de son idole. “Trouble In Mind” de Richard M. Jones, “Silver Threads And Golden Needles” de Jack Rhodes & Dick Reynolds, le traditionnel “Mississippi River”, “Stealin’” de Stock & Lewis, “Black Mountain Blues” de Hazel Cole, et tout de même deux compositions de Janis Joplin, le fameux “What Good Can Drinkin’ Do” et “No Reason For Livin’”, du blues tout simplement, presque déjà autobiographique,

Il y a au milieu de ces enregistrements live acoustiques, 4 titres enregistrés à San Francisco en 1965 avec le Dick Oxtot Jazz Band, oui oui, Janis a chanté avec un orchestre de jazz, sa seule experience connue à ce jour. “Walk Right In” de Gus Cannon & Hosea Woods, “le traditionnel “River Jordan”, “Mary Jane”, compo de Janis, et enfin “K. C. Blues” de Charlie Parker. Une curiosité qui ajoute encore de l’intérêt à ce double album et à son oeuvre.

On revient à Austin en 1963 ou 1964, avec une compo de Janis, “Daddy, Daddy, Daddy’, suivi de sa cover de l’inévitable “See See Rider” de Ma Rainey, un classique, “San Francisco Bay Blues” de Jesse Fuller, “Winin’ Boy Blues” de Jerry Roll Morton, “Careless Love” de Huddie Ledbetter (Leadbelly), Alan & Jackie Lomax, et enfin “I’ll Drown In My Own Tears” de Henry Glover, bref la deuxième partie des enregistrements d’Austin est encore plus belle.

Rigoureusement INDISPENSABLE, pour ceux qui aiment creuser et fouiller dans l’histoire de la musique américaine, et qui aiment connaître un peu mieux ce que les artistes ont fait avant d’exploser mondialement comme ce fut le cas pour Janis Joplin, c’est le disque qu’il faut se procurer. Il existe d’ailleurs une très belle version CD Vinyl replica qui restitue le format avec livret de 16 pages, sinon il y a le vinyl qu’on peut trouver facilement, pour l’objet déjà et si en bon état c’est Byzance. Qui plus est, cette edition Vinyl Replica est évidemment japonaise, ce qui veut dire qu’il y a un livret avec les paroles de toutes les chansons !

Et si c’était ce double album qui serait la meilleure compilation survolant la carrière de Janis Joplin ? [/couleur][/g]



Parution en 1982 d’un nouvel album d’enregistrements inédits, live et studio, FAREWELL SONG. Avec des notes de pochette signées Country Joe McDonald. On comprend bien que ce qu’il préfère chez Janis c’est sa période Big Brother…

Comme Mike Bloomfield et d’autres qui sont partis – morts – Janis avait son avenir tout tracé pour la célébrité et la souffrance dès son plus jeune âge, comme un jeune animal traumatisé. Dès qu’elle a quitté le Texas pour rejoindre Big Brother & The Holding Company, son destin était scellé. Elle se sentait plus dans son élément sur scène face au public qu’en dehors. Elle avait les deux qualités requises pour être une grande artiste américaine, de l’arrogance et de l’irréverence. En privé, elle était soit trop heureuse, soit trop triste, trop gentille ou trop méchante, trop ouverte et généreuse ou trop fermé.

"Je n’ai pas besoin d’un connard de mec ! Je ne demande rien ! Tu es stupide, si tu penses que n’importe qui peut t’aider à te sentir mieux juste en parlant c’est des conneries", m’a-t-elle lancé dans notre appartement de Haight Asbury. "Personne ne sait plus que toi ce dont tu as besoin".

Elle se demandait tout le temps, "Penses-tu que je serai une grande chanteuse, tu vois, comme Otis Redding ou Tina Turner, je veux dire ils savent chanter. Ecoute ce ba-ba-ba-ba-bababy que je chante. Je l’ai fait moi-même. T’aimes bien, ça sonne bien ?"

Big Brother & The Holding Company répétaient 8 heures par jour, Janis ne jammait, n’improvisait jamais sur scène, tout avait été répété avant. Quand tu travailles beaucoup avec des musiciens tu te rapproches d’eux. Janis se sentait chez elle à San Francisco avec ce groupe. Elle était plus relax qu’avant et elle chantait mieux qu’elle n’ait jamais chanté. Big Brother était un groupe de gens dont elle ne sentait pas différente.

Mais à New York ils l’ont surnommaient "La plus grande chanteuse de blues de notre époque", ou "la nouvelle Billie Holiday".

6 titres de cette collection ont été enregistrées avec Big Brother & The Holding Company et ce n’est pas surprenant si j’apprécie beaucoup cette collection de 9 titres. Ces 6 titres avec Big Brother sont superbes. "Harry" et "Amazing Grace" sont un coup de pied au cul du jazz et de la religion, un passage obligé pour tout groupe de rock hippie comme "Mary Had A Little Lamb" pour les musiciens Noirs. "Misery ‘N" est une belle performance vocale de Janis et Big Brother sonne comme un garage band. C’est comme s’ils partageaint le fait que la vie est difficile et cette musique le retranscrit parfaitement. Le fait de vivre à lui seul était un problème. "Hi Heel Sneakers" est l’exemple typique de ce que Janis improvisait sur scène. Je me souviens que c’était un titre qu’ils jouaient souvent à leurs débuts.

"Farewell Song" est l’un des meilleurs titres rock’n’roll venant de la West Coast que je n’ai jamais entendus. C’est une composition du groupe contrairement à "Piece Of My Heart". C’était sa dernière grand enregistrement avec un groupe de rock, et selon moi son meilleur. Nous nous efforcions tous d’être originaux et ceci est l’original Janis Joplin avec Big Brother & The Holding Company. Ça s’appelle "Farewell Song" et il se trouve que c’est la dernière chanson qu’elle a enregistrée avec Big Brother et c’est sa dernière participation à la scène West Coast. Au début elle chante comme Tracy Nelson selon moi et la fin de la chanson sur la mort fait froid dans le dos…

"One Night Stand" est le titre parfait après la séparation d’avec Big Brother. La paranoïa et la confusion de la vie de star sans un foyer stable. Elle chante : "Partout où je vais-je rencontre des gens qui veulent être à mes côtés. C’est OK jusqu’au lendemain où je suis tranquille." Ça reflète clairement ses conditions de vie à ce moment. Même les musiciens viennent et partent. Elle s’est enlisée dans le professionnalisme du music business – comme nous tous. Ils divisent pour mieux régner – pour le moment. Et quelques-uns d’entre nous sont morts dans la solitude jusqu’à Janis, il semble qu’en dépit du fait qu’elle était une superstar, "Toute la solitude est pour moi" ("All Is Loneliness").

Mais en repensant au bon vieux temps, on se mentait mutuellement dans notre lit à Haight Asbury riant et causant, en attendant KMPX pour jouer avec Big Brother & The Holding Company et Country Joe & The Fish. Nous étions amoureux et elle était belle et nous avions des espoirs et des rêves.

Quelques années plus tard dans une fête à New York, Jim Morrison des Doors la tire par les cheveux et elle s’est mise à pleurer et quitte alors la fête comme une gamine. Il la suit, plaque sa tête sur la voiture et l’engueule. Elle l’attrape et le coince dans la porte en fermant la fenêtre, et elle lui brise une bouteille de whisky sur la tête. Elle pourrait survivre dans une grande ville. Ils sont morts tous les deux maintenant. Et il semble qu’on ait besoin d’eux plus que jamais.

Dommage, elle ne vécut pas assez pour voir arriver la scène punk-rock. Je pense qu’elle aurait aimé les années 80 et je l’aurai classé quelque part entre Pat Benatar et Nina Hagen. Tous les groupes punks me rappellent Big Brother. J’aurai aimé entendre une réunion B52s – Big Brother avec Janis en concert aujourd’hui. C’est vraiment terrible qu’elle soit morte et qu’elle ne soit pas avec nous pour écouter ce disque.

"Bien que je sache que toi et moi
On n’ait jamais trouvé l’amour qu’on voulait
Ensemble – Seul
Je me surprend à repenser à…
Toi et Moi,
Toi et Moi,
Toi et Moi."*

Country Joe McDonald, San Francisco, California, August 13th, 1981
* From "Janis" by Joe McDonald, 1967.


[couleur=#ffff00][g]FAREWELL SONG

C’est le début des années 80, 1982 pour être exact, rien de nouveau depuis 1975 et le film et sa B.O.. Columbia sort de ses tiroirs des archives live et studio.

Tout d’abord de ce fameux Festival Express, "Tell Mama", et sa folie débridée. Le seul enregistrement de cet album avec le Full Tilt Boogie Band.

Cette folie déborde sur "Magic Of Love", enregistré dans la capitale de la soul Motown, Detroit, en 1968, avec Big Brother bien sûr.

Place à un premier inédit, "Mysery N", des sessions de CHEAP THRILLS, un blues, qui aurait eu sa place sans problème sur l’album tant c’est une vraie perle.

Puis "One Night Stand", à tendance plutôt soul avec cuivres, et le Paul Butterfield Blues Band, Janis était alors sans groupe, l’aventure Kozmic Blues étant bel et bien terminée, le Full Tilt Boogie Band même pas à l’été de conception. Une curiosité, une île isolée dans sa carrière, dommage qu’il n’y ait pas plus d’enregistrements qui aient filtrés de ces sessions.

"Harry", court délire avec – qui d’autres – le Big Brother & The Holding Company.

Le seul enregistrement avec le Kozmic Blues Band est une cover d’Eddie Floyd, "Raise Your Hand", enregistrée à Francfort le 12 avril 69.

"Farewell Song" avec Big Brother lors d’une des deux fameuses soirées au Winterland en avril 1968, une voix incroyable de puissance. Comment ont-ils pu attendre aussi longtemps pour publier cette chanson, complètement inédite jusque là.

Suit une curiosité, enregistrée le 31 janvier 1967 au célèbre Matrix, un club de San Francisco qui appartenait à Marty Balin du Jefferson Airplane. Janis n’était pas encore très connue en dehors de la ville, Monterey fait encore partie de son futur, le 1er album aussi. Tout d’abord une version a cappella par le groupe de "Amazing Grace", suivie d’une courte reprise de "Hi Heel Sneakers".

FAREWELL SONG se termine – déjà… 32’ seulement – par "Catch Me Daddy" avec Big Brother (largement majoritaire sur cette compilation d’inédits), une version studio très puissante avec un superbe solo de guitare en son sein.[/g][/couleur]



En octobre 1993, la presse spécialisée américaine fait état de la découverte dans une décharge publique de plusieurs bandes contenant près de 200 titres de Janis Joplin, dont une centaine d’inédits.
Info ou intox, l'apparition de ces fameuses bandes coïncide avec la sortie du coffret de 3 CDs “JANIS”, une collection de 50 chansons où l'on retrouve tous les classiques de la chanteuse, plus 18 inédits. Il contient dans un ordre chronologique classiques et enregistrements à ce jour inédits allant de 1962 à 1970. Il y a aussi deux longues préfaces dans le livret, signées Ellen Willis et Ann Powers.

[couleur=#ffff00][g]BOX SET: JANIS

Pour ce coffret, je ne vais m’attarder que sur les 18 inédits qui le composent, ainsi qu’une version légèrement rallongée de "Mercedes Benz".

Période SOLO

1962, décembre 1962, c’est chez un ami à Austin, John Riney, que sont enregistrées les plus vieilles bandes connues de Janis. "What Good Can Drinkin’ Do", une compo personnelle qui est hélas autobiographique. Elle n’a que 19 ans, et pourtant quelle maturité et quel vécu, déjà !

On fait ensuite un bon de 3 ans, jusqu’aux mythiques Typewriter Tapes enregistrées chez Jorma Kaukonen (Jefferson Airplane, Hot Tuna), avec sa femme Margaretta, qui « joue » de la machine à écrire, d’où le terme de Typewriter Tapes. Ambiance première partie du XXème siècle, très Bessie Smith son idole, des enregistrements incroyables, ici "Trouble In Mind" et "Hesitation Blues", le reste de cette bande sont dans mon vine.

Période BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY

"Call On Me", j’adore cette chanson, une superbe mélodie, le sentiment que le blues et la pop ne se sont jamais titillés d’aussi près. Enregistré dans leur fief de l’Avalon Ballroom le 17 mars 1967. Et, à noter, superbe solo de guitare.

Même endroit, mais cette fois le 9 décembre 1966, "Women Is Losers", 5’ au lieu des 2’ sur la version studio, choix judicieux car ce titre prend toute son ampleur sur scène, David Getz maintenant une frappe constante.

"Farewell Song", outtake studio des sessions de CHEAP THRILLS le 25 mars 1968, qui avait donné son nom à l’album d’outtakes paru en 1982, mais à l’époque c’était un enregistrement live au Winterland. Superbe chanson, Janis alternant voix veloutée et éraillée avec une aisance rare (sauf chez elle…).

Enregistré le même jour, voici une autre version d’un superbe blues écrit par le groupe, "Misery ‘n", dont on avait déjà une autre version sur l’album FAREWELL SONG.

Suivent des bandes live du fameux festival de Monterey de juin 1967, la performance du samedi après-midi, le 17 juin.

En fait, que ce soit "Roadblock" ou "Ball And Chain", on retrouvait déjà ces prises sur le coffret MONTEREY INTERNATIONAL POP FESTIVAL de 4 CDs paru en 1992.

"Catch Me Daddy", outtake enregistrée également le 25 mars 1968, toujours énergique, les sessions de CHEAP THRILLS ont décidément été un grand moment de la rock music, la voix de Janis est puissante, et le groupe bien en place.

Puis c’est "Summertime", une version alternative avec de nombreux solos de guitare différents de l’originale, c’est la principale variation, plaisir intact, à préférer l’originale car intouchable.

Période KOZMIC BLUES BAND

"Dear Landlord", une outtake des sessions de l’album I GOT DEM OL’ KOZMIC BLUES AGAIN MAMA ! Ambiance plutôt festive, plus relâchée que sur l’album.

Deux titres enregistrés au célèbre Ed Sullivan Show, "Raise Your Hand" d’Eddie Floyd et la magnifique "Maybe", enregistrés le 16 mars 1969, bien avant l’enregistrement de l’album d’ailleurs. "Maybe" et la chaleur de l’orgue, Janis qui clame "Please" à plusieurs reprises, frissons !!! Le groupe était bien plus à l’aise sur scène qu’en studio, c’est certain. Voir ces deux titres sur le DVD de l’Ed Sullivan Show, FABULOUS FEMALES / BAD BOYS OF ROCK’N’ROLL.

One Night with Paul Butterfield Blues Band & Todd Rundgren

Le Paul Butterfield Blues Band en accompagnement, Todd Rundgren à la production, une dream team qui peut laisser de nombreux regrets, car le seul titre issu de cette rencontre, "One Night Stand", est une réussite. On avait déjà entendu une autre version enregistrée le 28 mars 1970 aussi, sur FAREWELL SONG. Ce blues cuivré qui effleure la soul d’Aretha Franklin, oui de gros regrets que cette association fut sans suite, intercalée entre la rupture d’avec le Kozmic Blues Band et la fondation du proche Full Tilt Boogie Band.

Qui nous dit qu’il ne reste pas des bandes perdues ou oubliées ?...

Période FULL TILT BOOGIE BAND

"Me And Bobby McGee" acoustique, une version démo livrée telle qu’elle l’a présentée au producteur du futur album PEARL, Paul Rothchild, plus d’un mois avant le début des sessions. Si la larme ne vient pas, faut consulter. Version incroyable de beauté, d’émotion, on croirait que Janis est dans la pièce tellement le son au travers des enceintes restitue la réalité. Aussi indispensable que la version de l’album. Les « la la la » en toute fin de chanson chantés avec légèreté. A noter que c’est Janis elle-même qui s’accompagne à la guitare acoustique, TALENT, juste du talent. Pas besoin de grand-chose de plus, si ce n’est de la souffrance intérieure.

"Cry Baby" Alternate Version, pas une prise lors des sessions d’enregistrement mais lors des répétitions pour l’album, laissant une plus grande place à l’orgue de Ken Pearson. Version qui a moins de volume que celle de l’album, plus directe, plus brute.

"Happy Birthday, John (Happy Trails)". John, oui, c’est John Lennon, né le 9 octobre 1970. Ce message qui lui est adressé par Janis et quelques membres du groupe en studio, lui fut envoyé sous la forme d’une cassette… Enregistré selon les sources le 24 septembre ou le 26 ou le 1er octobre, ou encore le 3 octobre selon le livre de Jean-Yves Reuzeau, soit la veille de sa mort.

"Mercedes Benz" version identique à celle de PEARL, juste précédée d’un discussion en studio entre Janis et Paul Rothchild.[/g][/couleur]





En 1995 Janis Joplin est intronisée au Rock & Roll Hall Of Fame à Cleveland, où séjourne sa célèbre Porsche peinte par son ami Dave Richards.



1995 marque également la sortie d’une vidéo, en VHS uniquement, jamais rééditée depuis en DVD, chez Rhino, appelée BALL AND CHAIN, qui contient juste l’intégralité du show TV de 1967, COME UP THE YEARS,





En 1999, parution d’un nouveau coffret, BOX OF PEARLS, reprenant cette fois ses 4 albums studio agrémentés de titres inédits, ainsi qu’un CD Bonus de 5 titres studio et live tous inédits intitulé RARE PEARLS.

[couleur=#ffff00][g]BOX OF PEARLS

Les bonus tracks de l’album BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY, renommé depuis BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY Featuring JANIS JOPLIN sont au nombre de 4. Les deux premiers étant les faces A & B d’un 45 tours paru en1968, mais enregistré en même temps que cet album en décembre 1966. La face A étant "Coo Coo", qui – à l’instar de l’album – prendra plus d’ampleur sur scène car plus longue et plus explosive. Ils joueront très souvent ce titre. Enfin deux alternate takes, d’ailleurs les deux seuls – excellents – blues de l’album, "Call On Me" et "Bye Bye Baby".

Les bonus tracks de CHEAP THRILLS sont composés tout d’abord de deux titres des sessions de l’album, "Roadblock" et "Flower In The Sun", sans doute joués live de par l’énergie et la spontanéité qui s’en dégagent, là aussi ce sont des titres joués depuis plusieurs mois sur scène. Puis deux titres live enregistrés à Detroit le 2 mars 1968, tout aussi énergiques, "Catch Me Daddy" et "Magic Of Love". 4 bonus tracks – inédits jusque là – qui ne dépareillent pas de l’album, excellent travail de la part de Columbia sur ce point.

Les bonus tracks de I GOT DEM OL’ KOZMIC BLUES AGAIN MAMA ! comportent un titre extrait des sessions de l’album, "Dear Landlord", qu’on trouvait déjà sur le coffret JANIS en 1993. Et enfin deux extraits inédits du mythique concert de Woodstock, "Summertime" et "Piece Of My Heart", un concert bien évidemment spécial, que Janis n’a peut-être pas abordé dans les meilleures conditions, ça s’entend, un peu, ça reste bon, sans plus. Espérons qu’un jour le concert sorte en DVD et en CD en entier, au lieu d’avoir des bribes de concert ça et là. Une petite surprise à la fin du CD, le spot publicitaire de l’époque qui annonce la sortie de l’album, sûr que ça donnait envie de l’acheter à l’époque.

Les bonus tracks de PEARL ont été enregistrés à Calgary le 4 juillet 1970, dans le cadre du Festival Express. Excellent choix qui le sera en encore plus en 2005 lorsque Sony dans sa série Legacy Edition rééditera l’album avec bonus tracks + 1 CD entier enregistré lors du Festival Express. Le Full Tilt Boogie Band n’a été enregistré live – tout au moins publié live – que lors de ce festival, et au Dick Cavett Show. Ces documents sont la preuve que ce groupe était au point. Energie, générosité, et musiciens bien en place, le tout d’un seul bloc, au service de Janis. Pour preuve ces versions débridées de "Tell Mama" et "Try (Just A Little Bit Harder)", et les magnifiques "Little Girl Blue" et "Cry Baby". Bien qu’annoncée comme inédite, la version live de “Try (Just A Little Bit Harder)” du 4 juillet à Calgary figurait déjà sur le live IN CONCERT en 1972 et sur le coffret JANIS en 1993.

Place au CD Bonus de ce coffret BOX OF PEARLS, CD intitulé RARE PEARLS. Attention il existe un CD qui circule sous ce nom, contenant 16 titres, en provenance de Russie… c’est un pirate. 5 titres, tous inédits.

Big Brother pour deux titres des sessions de CHEAP THRILLS, "It’s A Deal" et "Easy Once You Know How", qui rappellent la folie des premiers concerts du groupe.

Les trois derniers titres sont des enregistrements live du Kozmic Blues Band. "Maybe" et sa magnifique nappe d’orgue chaude, enregistrée en avril 1969 lors d’un show à Amsterdam, diffusé à l’époque sur les ondes radio néerlandaises, lors de son unique excursion en Europe (le reste du show se trouve dans le vine). Et deux covers pour finir, "Raise Your Hand" d’Eddie Floyd et la rare "Bo Diddley" de… Bo Diddley, enregistrés dans l’une de ses salles fétiches, le Fillmore West de San Francisco, le 5 octobre 1969. Et en fin de CD on entend Janis et des amis dans une voiture, et toujours ce rire…[/g][/couleur]



En 2001, sortie par Eagle Vision du superbe DVD NINE HUNDRED NIGHTS, comprenant des documents vidéos de Janis Joplin exclusivement à l’époque de Big Brother & The Holding Company, agrémenté d’un documentaire et de nombreuses interviews des membres du groupe et de son entourage.

Des interviews d’époque du groupe, mais aussi des membres aujourd’hui, des amis, de l’entourage, mais plus largement c’est un document sur l’époque, sur l’environnement dans lequel ce groupe et cette génération vivait en Californie, et plus précisément à San Francisco. Ce DVD dure au total 2h30’ ! Il y a d’abord ce documentaire d’une heure sur le groupe. Qui relate les débuts, les deux albums, Monterey et l’arrivée d’Albert Grossman en tant que manager, les dissenssions entre Janis et le reste du groupe, la séparation et le sentiment de chacun des membres qu’elle a laissé derrière elle.

Inclus dans le documentaire, des vidéos du groupe, "Piece Of My Heart" et "Comin’ Home", filmées au Generation Club de New York par D.A. Pennebaker pour le film COMING HOME. Les deux vidéos tirées de Monterey, "Ball And Chain" évidemment et "Combnation Of The Two". Les sessions studios d’enregistrement de "Summertime" de CHEAP THRILLS. Les performances live en studio de "Down On Me", "Blow My Mind", "Hall Of The Mountain King" et "Light Is Faster Than Sound".

Il y a dans le DVD une section COMPLETE PERFORMANCES avec quelques-unes de ces vidéos intégrales, "Down On Me" et "Coo Coo" lors de leur prestation dans le show TV COME UP THE YEARS, en noir et blanc, "Ball And Chain" de Monterey, et enfin "Piece Of My Heart" au Generation Club de New York. Un bonus audio, "Hall Of The Mountain King" lors de l’émission COME UP THE YEARS, pourquoi seulement en audio d’ailleurs ?

Et enfin la partie Interview, très longue, où – il est vrai – on n’apprend pas grand-chose. Témoignages des 4 membres du groupe, Peter Albin, David Getz, Sam Andrew et James Gurley, ainsi que des amis Nick Gravenites, Ellen Willis et Lenny Kaye. Au total 1h30’ d’interviews avec quelques anecdotes tout de même.

On trouve également sur ce DVD une biographie du groupe par dates importantes, une gallerie de photos avec plusieurs posters de concert, des photos du groupe, etc… et une section discogrpahie.



En 2003, encore un DVD consacré à Janis Joplin avec Big Brother & The Holding Company, sobrement intitulé LIVE, plutôt court (37’). Il contient une session studio de "Summertime", une interview, de nombreux extraits de l’émission Come Up The Years, et Monterey.



En 2003, parution d’une nouvelle compilation, double cette fois, THE ESSENTIAL.

[couleur=#ffff00][g]THE ESSENTIAL

Deux prises inédites de Woodstock, "To Love Somebody" et "Kozmic Blues", franchement qui a dit que sa performance fut mauvaise lors de ce festival mythique ? Pas la meilleure c’est sûr, espérons que 2009, avec les 40 ans du festival, on aura droit à quelque chose de plus consistant de cette performance, autre que des titres ça et là éparpillés dans sa discographie, et autre que ce bootleg qu’on trouve partout… Espérons que des bandes vidéos verront également le jour, tout a été filmé…

L’autre inédit de cette compilation est le remix de "Mercedes Benz", n’écoutez pas cette daube !!![/g][/couleur]



En 2005, sortie d’un autre DVD consacré à Janis Joplin couvrant la période Big Brother & The Holding Company, plus précisément l’année 1967 avec notamment de larges extraits de leur passage dans un show télé appelé COME UP THE YEARS. C’est d’ailleurs en Noir & Blanc, avec les titres "Down On Me", "Coo-Coo", "Hall Of The Mountain King", "Blow My Mind" (avec les sous-titres en anglais !) et "Light Is Faster Than Sound", ce sont vraiment les débuts du groupe. Ce DVD est trouvable un peu partout, cependant on peut se poser quelques questions sur son officialité. Il comprend également les deux titres du film MONTEREY, "Ball And Chain" évidemment et "Combination Of The Two". Ainsi qu’une discussion en studio lors de l’enregistrement de "Summertime" (1968), et "Piece Of My Heart" enregistrée au New Generation Club à New York le 7 avril 1968.



En 2006, voici un autre DVD indispensable de ce show télé très populaire aux Etats-Unis, le Dick Cavett Show. Janis Joplin y est venue à 3 reprises en moins d’un an, une fois avec le Kozmic Blues Band en 1969, et à deux reprises avec le Full Tilt Boogie en 1970. Le coffret de 3 DVD fait honneur à Janis, puisque le second DVD lui est entièrement consacré, reprenant l’intégralité des 3 shows auxquels elle a participé, avec les chansons – 6 au total – les interviews, les sketchs, etc… C’est truffé de grands moments, comme la participation de Dick et Janis a un orchestre d’émotion dirigée par la troupe The Committee, et puis surtout les interviews de Janis et des invités en présence de Janis, qui de temps à autre envoie quelques jolies banderilles. Une grande complicité entre Dick Cavett et Janis qui s’appréciaient mutuellement, à n’en pas douter. Voir la scène avec Raquel Welch que Janis rend quasiment invisible et inexistante avec son humour piquant.



En 2007, sortie d’un DVD intitulé bêtement KOZMIC BLUES, alors qu’il survole toute la carrière de Janis. Très complet, 100 minutes, 22 chansons, mais rien de nouveau comparé à tout ce qui est sorti auparavant. Tout comme le LIVE consacré à Big Brother & The Holding Company, ce DVD n’a rien de très officiel, il compile des enregistrements vidéos venant de différents concerts filmés avec des ayant droit différents…

On y trouve les extraits du Festival Express au Canada à l’été 1970 avec le Full Tilt Boogie Band. Puis l’intégrale de ce qui fut filmé au New Generation Club de New York en avril 1968 par D.A. Pennebaker pour le film COMING HOME, c’est l’un des principaux intérêts du DVD, les trois titres sont entiers, "Coming Home”, “Piece Of My Heart” et “Down On Me”. Puis c’est la longue partie de 14 minutes en studio lors des sessions d’enregistrement de CHEAP THRILLS, et plus précisément “Summertime”, c’est là que Janis explique que pour elle, ce qui compte c’est la voix, et à moins qu’un des musiciens fasse une grosse boulette, personne ne prête attention aux instruments, ce qui vient en avant, c’est la voix. Passionnant cette session, filmé un peu comme Blood Brothers de Springsteen 27 ans plus tard… Puis l’avant-dernière performance au Dick Cavett Show avec “Move Over” et “Get It While You Can”, nous sommes alors le 25 juin 1970, soit à 2 jours du début du Festival Express… euh oui ce DVD est dans un ordre “non-chronologique” ! Puis Monterey, juin 1967, “Combination Of The Two” avec des images du festival, artistes et public, et bien sûr “Ball And Chain”, mythique ! "Down On Me” en noir et blanc, en studio, courte version d’une minute. Puis on passé au TV Show COME UP THE YEARS avec seulement un titre, “Coo Coo”.

Courte version de “Summertime” à Stockholm avec le Kozmic Blues Band, version amputee, voir le vine pour la version complete. “Summertime” encore, en studio à nouveau, une partie du même passage que ci-dessus, mais avec des sous-titres en français! “Work Me Lord” à Woodstock, qu’on voit dans la version longue du film, datant de 1994. Autre intérêt de ce DVD, “Try (Just A Little Bit Harder)” enregistré lors du show TV Music Scene, forcément en 1969 vu qu’elle est accompagnée du Kozmic Blues Band. Puis “Raise Your Hand” et “Summertime” – cette fois complete, provenant du concert de Stockholm en avril 1969.

"Comme tout le monde le sait, Janis était la meilleure chanteuse de blues que nous ayons eue. Elle possédait plus de passion, et chantait avec plus d’abandon que quiconque. Elle était la meilleure." (David Crosby)

SOUVENIRS…

http://www.youtube.com/watch?v=WISX2oSExIA

http://www.youtube.com/watch?v=5FMhnl0__Vo

http://www.youtube.com/watch?v=px82tS6T2r0

http://www.youtube.com/watch?v=OTHRg_iSWzM

http://www.youtube.com/watch?v=m3gZrmbTmGo

LIVRES :


JANIS JOPLIN par Jean-Yves Reuzeau (2007 ; Folio Biographies)


LOVE, JANIS par Laura Joplin, petite sœur de Janis (1992 ; Villard Books)


BURIED ALIVE par Myra Friedman (1ère édition en 1973, réédité en 1983, puis en 1992)

LIENS INTERNET :

http://www.officialjanis.com/index.html

http://janisjoplin.net/

http://www.janis.user.icpnet.pl/index.htm

http://smironne.free.fr/JANIS/JOPLIN/index2.html
Superbe site en français.

Voir d’autres liens ici : http://smironne.free.fr/JANIS/JOPLIN/lyn.html

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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 19:04

J'enrage un petit peu pour le coup, ce vine, j'y travaillais déjà en mai, même que le téléchargement du concert de reformation de Big Brother & The Holding Company datant du 4 avril 1970 sur trader's den s'était terminé non sans mal (à 0,1 ko/sec dans la dernière semaine...) dans la dernière heure qui précédait mon départ pour Dublin le 21 mai !!!

Il a fallu que je le lance pour qu'un fan lance sur dime plusieurs enregistrements dont celui dont tu parles Michel, je remarque surtout celui-ci qui m'aurait permis d'inclure dans mon vine LA chanson qui manque, "Me & Bobby McGee", what a shame !!!, enfin merci quand même Kozmic69, j'ai arrêté tous mes DL en cours pour finir au plus vite celui-ci, afin d'écouter cette version de cette magnifique chanson de Kris Kristofferson:

http://www.dimeadozen.org/torrents-details.php?id=210743

Janis Joplin: Rarer Pearls! - R
various Locations
1962 - 70
SBD/FLAC

01. So Sad To Be Alone
(inspired by the Ugliest Man
on Campus Incident 1962)
02. Combination Of The 2
(Chep Thrills sessions)
03. Farewell Song
(Cheap Thrills sessions)
04. Respect
(1968 Studio improv)
05. Try (Just A Little Bit Harder)
(6.28.70 Festival Express Tour
@ CNE Stadium, Toronto, CAN)
06. Me & My Bobby McGee
(Kenneth Threadgill's B-day party
7.10.70)
07. Sunday Morning Coming Down
(Kenneth Threadgill's B-day party
7.10.70)

Autres enregistrements qu'il propose:

http://www.dimeadozen.org/torrents-details.php?id=210817

Big Brother And The Holding Company(Janis Joplin)
Electric Factory, Philadelphia
1968/11/1

FLAC

audience recording

01 Summertime
02 Farewell song
03 Time to go
04 Mr. Natural
05 Ball and chain

bonus:
equalized version

http://www.dimeadozen.org/torrents-details.php?id=210304

Big Brother And The Holding Company
Santa Clara Fairgrounds
San Jose, California, USA
1967/10/08

Source: AUD Sony 3-inch reel mono portable tape recorder; taped by Tom Ordon

setlist:

01 Down On Me
02 Road Block
03 Bye Bye Baby
04 Light Is Faster Than Sound
05 Coo Coo
06 Farewell Song
07 Combination Of The 2
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  Shenandoah le Jeu 16 Juin 2011 - 19:05

Triste nouvelle, je viens d'apprendre le décès de James Gurley, l'un des deux guitaristes de Big Brother & The Holding Company, des suites d'une crise cardiaque le 20 décembre dernier, il avait définitivement quitté le groupe en 1997.

James Gurley died of a heart attack today 20 December 2009 in a hospital in Palm Springs, California.

I wrote about him just this last week that at The Maritime Hall in San Francisco, sixteen years ago, he played such great solos at our benefit for Chet Helms. He was on fire that night, and we have that on video tape so there will be no doubt about it. When conditions were right, the man could really play.

James was the most unusual person I ever met, a pioneer, a real original, a very funny man and truly alive with an energy that not many people have. When James was around, life seemed to be magnified. Everything was more interesting, had more meaning, was more vital. He kept that energy right up to now, really. He and I did a set of interviews together in San Diego at the beginning of last summer and he was as wry and spry as ever.

When Big Brother lived at our Lagunitas house a few miles from where I am sitting, we all had our first Christmas together, was it 1967? We both had birthdays right around this time and James handed me a small present and growled, “Let’s put the X back in X-mas.” It was a bah, humbug moment that I know he would truly appreciate now. James has gone to the great X two days shy of his birthday, and two days after mine.

For me and for many people, James was the real 1960s, the real exemplar of that counterculture, the forerunner. Peter Albin, Chet Helms and I founded Big Brother and the Holding Company, but James was the spirit and the essence of the band in its early days. He showed us the way as a Zen master would show the way, without sermons, without lectures, with as little talk but with as much humor as possible.

When I met James in 1965, he was going to die in two weeks. Of pleurisy. It was always something. James was such a hypochondriac that I was sure he was going to outlive all of us. Now he is gone.

Goodbye, old friend. Ave atque Vale.

Sam Andrew

Big Brother and the Holding Company

It is with heavy heart that the original remaining members of Big Brother & the Holding Company announce the passing of James Gurley. He died at home of a heart attack on Sunday, December 20th. Our hearts go out to his dear wife, Margaret Nelson Gurley, his sons, Hongo Ishi Gurley, Django Gurley, and his sisters. There will be a memorial for James in San Francisco sometime in January. We will dearly miss this gentle person who was one of the most unique guitarists of our time.

Peter Albin
Big Brother and the Holding Company

James Gurley
My first memory of James was after I had met Peter Albin but before I had joined the band as the drummer. I had gone to see Big Brother play at the Fillmore, ‘The Peace Rock’ show, February 10th 1966. The first song they did was “Oh My Soul”. Peter came out front first, singing and playing bass like a madman, but when James’ guitar solo started the whole audience was drawn toward the stage. I’d never seen anyone play guitar like that, heard a sound like that. It was this frenzy of notes that took one to the kind of place that people like Ornette Coleman and John Coltrane were trying to reach, not something you expected to hear from a rock band.
The energy was incredible.
The last song was “Hall of the Mountain King’ and at the end of this song, again this crazed guitar player blew everyone’s mind by embracing and shaking his amplifier and banging it against the stage to produce the sound of thunder and a storm Maybe it was the storm of what was coming in the next two years After I joined the band James and his wife Nancy became my closest friends. We spent many a nights together in their apartment on Oak Street getting high and rolling on the floor laughing for hours at a time. Those were sweet times in the early days of Big Brother and the Holding Co.

James was the star of Big Brother and then Janis came along.

Much has been written of the following two years but the first chapter of BBHC ended late in 1968. We had, as a band scored the number one album in the world, Janis was leaving the band and James’ life was in disarray. As Sam went off to play with Janis in the Kozmic Blues Band and Peter and I went off to tour Europe with Country Joe and the Fish, James’ life really hit the skids, maybe bottoming out with the death of Nancy from an OD and James being charged with second degree murder for injecting her (he was aquitted)

Now here’s something incredible: After this James re-invented himself and so did Big Brother and the Holding Co as a band, James cut his hair short, started playing the bass, moved out of the City and into my house in Marin for about a month, (during the period of his trial) then eventually bought a house in Marin. He also fathered another son during this period. This was also a very creative and beautiful time for Big Brother and we produced music that I’m still proud of today. James was the bass player, Peter moved over to guitar. James’ bass playing was creative, and unique and it allowed me, inspired me to be just as creative with what I played on the drums.

This period again lasted about two years but eventually was brought to ruin by drugs, egos and the weight of our own history.
In the early 80s I lived in LA and James and Robin (his girlfriend and musical partner) would come to LA from Palm Desert and stay at my house. We had some good moments together and I still felt that we were close, were family. When Robin left James he was really hurting bad and almost suicidal. He came up to LA and I remember driving him back to Palm Desert one afternoon, trying to give him some hope, being there for him in his darkest despair and his despair was as dark and heavy and any I’ve ever known. I took him to an AA meeting. I remember that time as maybe the last time we truly connected.

Big Brother re-united in 1987 and has been performing since that time. James left the Band in 1997. I have decided that at this time I will not write about what happened between James and me or between James and other members of Big Brother. It wasn’t pretty; it wasn’t a happy ‘parting-of-the-ways. Yet despite that, and despite all the things that happened and whatever negative things he’s said about me or about anyone else in Big Brother over the last 12 years the bottom line is that I still had and have a lot of love in my heart for James and I cried a little yesterday.

James was a large personality. He had real charisma. He was as unique an individual as they come. For a moment in time he was ‘the man’. His guitar playing was original and there is no question that his approach to life and music had a profound effect on me, on Janis, on Sam and on Peter, as well as on everyone in the San Francisco music scene of the 60s. I will forever remember him and be grateful that I knew him and that he was a part of my life.
Dave Getz
December 21, 2009
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  JC le Jeu 16 Juin 2011 - 20:48

Merci Isabelle !!!
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  outlawpedro le Ven 15 Juil 2011 - 9:32

Avis aux amateurs.

http://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Universes/U2__Echapp_C3_A9es__culturelles/04-Dossier/edition-2011.04.26__SummerOfGirls/01__Programmes/07.19-Icons_20and_20Idols/1907_20Janis_20Joplin/3870514.html
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  bobe le Dim 17 Juil 2011 - 9:45

outlawpedro a écrit:Avis aux amateurs.

http://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Universes/U2__Echapp_C3_A9es__culturelles/04-Dossier/edition-2011.04.26__SummerOfGirls/01__Programmes/07.19-Icons_20and_20Idols/1907_20Janis_20Joplin/3870514.html

Merci pour l'info
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  JC le Lun 23 Jan 2012 - 21:45

Le Black Friday Record Day de Thanksgiving a permis de sortir deux belles pièces vinyliques consacrées à la Perle, tout d'abord THE CLASSIC LP COLLECTION, coffret réunissant ses 4 albums dits "classiques" (BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY, CHEAP THRILLS, KOZMIC BLUES et enfin PEARL), en format 180 g, et aussi MOVE OVER, un coffret 4 x 7" réunissant 8 titres dont 2 raretés (provenant du CD Bonus du coffret BOX OF PEARLS) et 6 inédits.

Un sticker accompagnait ce dernier coffret MOVE OVER, annonçant la sortie prochaine d'une énième réédition de PEARL avec des outtakes inédites, ça sortira le 17 avril, le contenu est encore inconnu mais le commentaire de présentation sur Amazon US dit ceci:

A collection of never-before-heard studio outtakes, live recordings, and other rarities, The Pearl Sessions documents the legacy of Janis Joplin's masterpiece album. In 1971, the posthumous release of Pearl topped the charts, yielding the hit single "Me and Bobby McGee" and going on to sell nearly 8 million copies.

For the first time in one package, the original mono versions of the album's 45s can be heard alongside the original LP tracks, as well as intriguing newly-discovered alternate versions, outtakes and vocal takes of Pearl classics. With this exciting discovery of previously uncatalogued tapes, listeners can hear Janis in the studio, joking with producer Paul Rothchild (the Doors) and Full Tilt Boogie band mates, and working through what would become some of her best known songs.

Joplin's way-too-short life is memorialized perfectly with this upbeat expression of joy she found in the studio: her singular, impassioned vocals, boundless energy, and the greatest music of her career.
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Re: Janis Janis Janis by JC

Message  JC le Mar 5 Jan 2016 - 21:12

Sortie demain 6 janvier du film JANIS - LITTLE GIRL BLUE, et j'en suis ravi, que je vais voir à Lille très très vite dans ce petit cinéma que j'adore, le Majestic, et en VOST, parce que ce n'est pas possible autrement.

















Un beau complément au film JANIS sorti en 1975 qui était déjà très bon.
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Re: Janis Janis Janis by JC

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