[Set list] Toronto, On, 2 février 2016

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[Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Mar 2 Fév 2016 - 22:00



Ice coffee at a reasonnable price...






L'étape du jour du Frozen Lake Tour 2016. Avec Nicolas comme envoyé spécial.. Dans le pit?
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Mar 2 Fév 2016 - 22:18

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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Mer 3 Fév 2016 - 2:24

8:02

1. Meet Me In The City
2. The Ties That Bind
3. Sherry Darling
4. Jackson Cage
5. Two Hearts (W/ It Takes Two ending)
6. Independence Day
7. Hungry Heart
8. Out in the Street
9. Crush On You
10. You Can Look (But You Better Not Touch)
11. I Wanna Marry You (W/ Here She Comes intro)
12. The River
13. Point Blank
14. Cadillac Ranch
15. I'm A Rocker
16. Fade Away
17. Stolen Car
18. Ramrod
19. The Price You Pay
20. Drive All Night
21. Wreck on the Highway
22. The Promised Land
23. She's The One
24. Candy's Room
25. Because The Night
26. Brilliant Disguise
27. The Rising
28. Thunder Road

29. Badlands
30. Born To Run
31. Dancing In The Dark
32. Rosalita (Come Out Tonight)
33. Shout
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  dany le Mer 3 Fév 2016 - 6:28

Bon et bien, sans commentaires. flower
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  nicolasjz le Mer 3 Fév 2016 - 15:44

Concert absolument fabuleux. Mon premier concert outre-Atlantique et ça n'a pas déçu. Quelques remarques en vrac:

- Bon, il faut bien l'avouer, les fans nord-Américains sont légèrement plus... on va dire, "mûrs" que les fans Européens. La différence était assez frappante. Et ayant été baptisé dans un pit rempli d'Espagnols en délire, j'étais un peu perturbé au début par le fait que personne ne sautait en l'air durant les morceaux entraînants ou ne fasse la chorégraphie rigolote sur Cadillac Ranch. Je me suis senti un peu seul par moments  Laughing Voir les gens dans les gradins partir faire leur ravitaillement durant les ballades, ça m'énerve toujours. A part ça, j'ai trouvé que c'était un bon public

- La loterie, c'est magique ! Qui dit première fois en Amérique du Nord dit première loterie pour entrer dans le pit et cette fois, la premiere fois fut la bonne. Le numéro 434 a été tiré et coup de chance, j'avais le numéro 567. Résultat: troisième rang au centre ! C'était également de loin le pit le plus confortable que j'ai jamais vu, avec une très faible densité de population, parfait pour danser sans donner des coups de coude au voisin.

- Le ESB resserré, j'adore ! Le joyeux bordel qu'était le E Street Orchestra avait ses qualités, mais voir ces 10 musiciens jouer et interagir ensemble de cette façon, c'était génial.

- Je confirme ce qui a déjà été dit auparavant. Le fait que les setlists soient similaires d'un concert à un autre fait que les exécutions individuelles de chaque chanson sont très travaillées, très justes, un régal. Et c'est vrai que l'album joué en entier se prête drôlement bien aux performances live. C'est une vraie montagne russe émotionnelle qui intègre toute la passion, l'exubérance, l'intensité, la mélancolie et les larmes qui définissent la musique du boss.  Les ballades étaient particulièrement réussies - Stolen Car et Drive All Night m'ont poussées très près des larmes Laughing

- WOASD est parti, et ça ne déplaît a personne ! J'ai beaucoup aimé la sélection post-River et surtout, ma première Rosalita. Un fan dans le pit a eu un malaise et a du être évacué durant Brilliant Disguise, ce qui a un peu perturbé la performance. Bruce lui-même était conscient de ce qui se passait et avait l'air inquiet.

- Le travail à la guitare était bien réparti: chaque guitariste a pu briller, ce qui n'est pas toujours le cas ces jours ci. Steve avait l'air beaucoup plus présent que la dernière fois que je l'avais vu au SDF, ça fait plaisir.

Concert magistral, donc, et j'espère que nos amis sur le Vieux Continent auront la chance de le voir dans pas trop longtemps !


Dernière édition par nicolasjz le Mer 3 Fév 2016 - 18:06, édité 6 fois
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  CC Rider le Mer 3 Fév 2016 - 15:46

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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  bill horton le Mer 3 Fév 2016 - 15:59

Merci pour le partage (tu es peut être dans cette video?)



Dernière édition par bill horton le Mer 3 Fév 2016 - 16:14, édité 1 fois
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Marc le Mer 3 Fév 2016 - 16:02

Merci Nicolas pour ce CR

Mais putain pourquoi je lis ces CR moi Question Sur ce coup-là y'a pas de discussion je mérite le carton rouge

Enfin ce serait bien que setlist et CR fassent de deux topics séparés, je lirais les Topics Setlist pour me faire du bien et les Topic Compte-Rendus pour me faire du mal Idea Idea
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  bill horton le Mer 3 Fév 2016 - 16:10

Marc a écrit:Enfin ce serait bien que setlist et CR fassent de deux topics séparés, je lirais les Topics Setlist pour me faire du bien et les Topic Compte-Rendus pour me faire du mal Idea Idea

Dans ce cas, je te conseille de commencer par le topic compte-rendus avant de passer au topic setlist (ça doit mieux passer dans ce sens) mr green




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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Mer 3 Fév 2016 - 16:16

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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  outlawpedro le Mer 3 Fév 2016 - 16:18

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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Mer 3 Fév 2016 - 16:56

Merci Nicolas! Tu n'as pas souffert de la désorganisation (selon BTX..) de la loterie. Effectivement, les concerts en Amérique du Nord offrent un contexte bien différent de l'Europe. Le public de Toronto a la réputation d'être assez réservé. En 2012, j'avais trouvé que généralement, c'était un public plus attentif que la moyenne nord-américaine. Ce qui n'est ni une mince affaire ni une mauvaise chose...
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  nicolasjz le Mer 3 Fév 2016 - 17:12

Fabrice a écrit:Merci Nicolas! Tu n'as pas souffert de la désorganisation (selon BTX..) de la loterie. Effectivement, les concerts en Amérique du Nord offrent un contexte bien différent de l'Europe. Le public de Toronto a la réputation d'être assez réservé. En 2012, j'avais trouvé que généralement, c'était un public plus attentif que la moyenne nord-américaine. Ce qui n'est ni une mince affaire ni une mauvaise chose...

Effectivement, une fois le numéro gagnant de la loterie annoncé, ça a été un sacré bordel. Chacun a du trouver sa place dans la file d'attente en se débrouillant tout seul, puis on nous a bougé sans raison vers un autre couloir, puis vers un autre couloir, etc etc. Rien avoir avec l'organisation militaire au SDF.
Il faut dire que Tom, qui d'habitude gère toutes les loteries en Amérique du Nord, n'était pas de service hier (comme sur pas mal de dates cette année), et le roadie qui le remplaçait ne savait visiblement pas comment se débrouiller.
Mais finalement j'ai trouvé ma place dans le pit sans me faire doubler, et c'est tout ce qui compte !
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  nicolasjz le Mer 3 Fév 2016 - 17:27

bill horton a écrit:Merci pour le partage (tu es peut être dans cette video?)  


Je suis le jeune avec des lunettes et le T-shirt violet en bas à gauche à 1:21 Cool
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  bill horton le Mer 3 Fév 2016 - 17:46

nicolasjz a écrit: Je suis le jeune avec des lunettes et le T-shirt violet en bas à gauche à 1:21 Cool

Faut dire que c'est dans l'ordre des choses que les jeunes soient devant.
(au fait, tu veux dire jeune par rapport à la moyen d'âge de la salle ou par rapport aux types sur scène. Wink

Je plaisante évidemment, tu as l'air de t'éclater, good for you.


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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  TOF le Mer 3 Fév 2016 - 21:44

@ nicolasjz

Merci pour cette review.
Très heureux de lire cette aventure.
C'est vrai que le show Album entier prend une drôle de dimension avec The River, vu le nombre de titres.
Et c'est vrai aussi que le panel de cette oeuvre est remplit d'émotion différentes qui doivent franchement bien passé en live ...
Par contre sincèrement .... à saisir sur LOHAD ... pffff c'est chiant !!!!!
Bon par contre .. en fin de tournée je saurais chaque position de chaque titre dans l'album par coeur !!!!!!!
Je serais incollable !!!!!!!!!
J'organiserai un blind test !!!! Histoire d'être sur de gagner !!!!!
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  nicolasjz le Jeu 4 Fév 2016 - 4:37

Quelque chose de très important que j'ai oublié de dire dans mon premier post: j'ai touché le postérieur de boboss lorsqu'il crowdsurf-ait sur Hungry Heart Laughing

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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  bill horton le Jeu 4 Fév 2016 - 5:30

nicolasjz a écrit:Quelque chose de très important que j'ai oublié de dire dans mon premier post: j'ai touché le postérieur de boboss lorsqu'il crowdsurf-ait sur Hungry Heart Laughing
Laughing

Il y a pas mieux pour remotiver un fan (et le Boss par le même occasion) Wink


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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  CC Rider le Mar 9 Fév 2016 - 10:35

« Êtes-vous prêts à continuer? » La question, qui n'en était pas vraiment une, a été accueillie par une immense clameur dans le Centre Air Canada vers 23 h. Cela faisait exactement trois heures que l'E Street Band s'était pointé sur les planches et Bruce Springsteen, visiblement, n'en avait pas terminé.

Avait-il vraiment le choix, outre le fait que l'Américain aime offrir des spectacles-marathons à ses admirateurs? Encore moins que d'ordinaire, dirais-je, quand on trimbale sa rivière dans ses valises. En fait, The River, plutôt, le disque-fleuve de 20 chansons paru en 1980 que Springsteen a décidé d'interpréter intégralement et en séquence lors de cette tournée qui faisait sa seule escale en sol canadien, mardi soir, à Toronto.

The River est bien plus que la somme de ses chansons. Cet album, c'est la vie avec la joie et ses peines au quotidien, vue à travers les yeux d'un jeune homme à l'aube de la trentaine rempli d'interrogations à l'époque.

« J'ai composé ses chansons afin de voir où je me situais dans le monde, moi qui provenais d'un milieu de négligés et de marginaux à Asbury Park », a expliqué Springsteen après avoir chauffé l'aréna avec la rutilante Meet Me in the City, chanson inédite dévoilée avec une dizaine d'autres dans le coffret commémoratif paru en décembre qui a été l'incitatif de cette tournée.

« En parlant de travail, d'engagement et de la famille, je me disais que cela allait me permettre de réaliser ma vie et de trouver certaines réponses », a-t-il ajouté.

Spectacle générationnel

Trente-six ans plus tard, le disque permet encore aux auditeurs de toutes les générations de renouer avec leur passé, leur famille et leurs proches. Il me semble ne jamais avoir vu autant de familles à une tournée de Springsteen : la jeune fille deux rangées devant moi qui danse avec son père qui, lui, revit son adolescence à l'écoute de la festive Sherry Darling et de la supersonique I'm A Rocker, quand Max Weinberg martyrise sa batterie. Et toute cette famille - père, mère, fils et fille - qui hurlent le refrain d'Out in the Street, comme chaque personne dans l'aréna. Rassembleur.

Parfois, le rapport émouvant avec les chansons n'est pas un rapport de nostalgie joyeuse. Quand Springsteen prend la peine d'expliquer la genèse d'Independence Day, tout le monde pense à son père présent, absent ou disparu.

« Ça a été la première chanson père-fils que j'ai composée. Une chanson que l'on écrit assez jeune, quand on commence à mesurer que nos parents, eux aussi, avaient leurs propres rêves et que l'on ne réalise pas toujours les sacrifices qu'ils ont faits. C'est une conversation tardive autour d'une table de cuisine entre un père et son fils qui cherchent à se comprendre. »

Springsteen, qui a eu une adolescence difficile avec son paternel, a eu le temps d'avoir cette conversation. Moi pas. J'ai perdu le mien à l'âge de 13 ans et je n'ai jamais eu de conversation d'homme à homme avec lui, peu importe le sujet. C'est la raison pour laquelle l'écoute de cette chanson laisse toujours des traces.

Les liens de sang

Un autre point fort de la soirée est Stolen Car, « ma première chanson homme-femme », qui est sertie de magnifiques arrangements. Et que dire de Drive All Night, cette complainte d'amour nocturne dont les points d'orgue sont les solos de saxophone de Jake Clemons qui auraient rendu fier son oncle Clarence, compagnon de longue date de Springsteen disparu en 2011. Dans l'E Street Band, on privilégie aussi la famille.

C'est d'ailleurs l'une des différences marquantes des dernières années. Les solos qui étaient précédés du cri « Big man! » suivent désormais un « Jaaaake! » bien senti. Cette tournée est également le retour à l'avant-plan de Steven Van Zandt, qui n'a jamais caché que The River était son disque favori. Durant l'intégrale, il se tape tous les solos de guitare dont Springsteen ne se charge pas. Il n'en laisse aucun à Nils Lofgren, arrivé au sein de l'E Street en 1984, soit après la création de l'album.

Et Van Zandt partage plus que jamais le micro avec le « Boss ». Durant Two Hearts, comme d'habitude, avec sa finale en symbiose entre les deux hommes, mais aussi durant l'introduction chantée et ajoutée de Here She Comes - qui n'était pas sur le disque - juste avant I Wanna Marry You. Cet échange à deux voix devient presque un chant gospel et arrime comme jamais l'une des plus belles chansons d'amour qui soit.

On passe ainsi du désir à la demande en mariage pour arriver au mariage en soi dans la déchirante The River, qui révèle des lendemains difficiles. The River avec un premier couplet interprété par la foule à l'unisson. J'avais déjà entendu ça à New York et au New Jersey, mais pas à Toronto. Et on termine le segment avec la bouleversante Point Blank, chanson de rupture de de mensonges. Durant près d'une demi-heure, l'E Street Band nous défile en chronologie ce que la vie a de plus beau et plus triste. L'un des enchaînements de chansons les plus réussis jamais entendus durant un spectacle, toutes catégories confondues.

Point Blank, justement, est offerte avec une introduction majorée au piano de Roy Bittan. Même dans une prestation où l'on sait quelle chanson est la suivante, l'E Street Band varie ses offrandes. Bon point aussi pour le pont musical de Cadillac Ranch où les guitares de Springsteen, Van Zandt et Lofgren précèdent le solo de violon de Soozie Tyrell. Une version plus terroir, finalement, que sa mouture d'origine.

Mais il y a des choses qui ne changent pas. Springsteen se fait encore porter par la foule du parterre durant la fédératrice Hungry Heart. Surfer sur le public à 66 ans, c'est proprement insensé. Et il sait faire la part des choses. Dans un spectacle où les chansons de The River prennent le devant de la scène durant deux heures, celles qui ne sont pas offertes à chaque spectacle doivent faire l'unanimité.

Crescendo d'exception

Le public de Toronto a été gâté avec un crescendo exceptionnel formé de Promised Land (archiconnue) et des robustes et incendiaires She's the One, Candy's Room et Because the Night. Chaque chanson faisait monter le mercure d'un cran. Quand Lofgren a livré le solo mordant de la dernière en tournoyant sur un pied, j'ai cru que le Centre Air Canada allait exploser.

À la limite, les trois dernières chansons de cette séquence peuvent presque être perçues comme des raretés de scènes. Elles ne sont pas si souvent interprétées. Donc, équilibre. L'immense Thunder Road précède le rappel et Badlands l'amorce. S'il fallait trouver des chansons plus populaires, on parlerait de Born To Run, qui suit, interprétée à la lumière crue. Frissons et délire garantis.

Et puis Dancing in the Dark, durant laquelle une spectatrice monte sur scène chaque soir pour danser avec le « Boss », comme Courteney Cox le faisait dans le clip de la chanson en 1984. Mardi, ce fut une dame âgée de 89 ans. C'était inscrit sur la pancarte brandie par sa fille au parterre. Et pendant que Jake Clemons étirait et étirait le solo à n'en plus finir, Bruce dansait avec une dame qui aurait pu être la mère de Keith Richards dans un aréna qui avait l'air d'une ruche en folie.

Vous comprenez maintenant pourquoi les shows de Springsteen sont longs (comme ce texte, d'ailleurs). Parce qu'il ne peut faire dans la spécificité (jouer un album-fleuve dont la moitié des chansons sont inconnues du grand public) et se contenter d'interpréter une poignée de titres après coup. Il veut satisfaire les gens qui ne l'ont jamais vu, comme le couple derrière moi qui n'en revenait pas de cette performance, ainsi que le grand public et ses fidèles qui l'ont vu des dizaines et des dizaines de fois. Donc, il en donne toujours plus que le client en demande.

Quand il a hurlé : « Êtes-vous prêts à continuer? », le « Yeah! » collectif était sans équivoque. Et ce fut Rosalita (Come Out Tonight), la chanson de clôture des spectacles du début des années 1970 - avant l'album Born To Run - jouée avec un abandon total. Et non, ce n'était pas assez.

L'Américain a décidé de montrer jusqu'où remontaient ses racines musicales. La présentation des membres du groupe s'est terminée sur une version dynamique de Shout (des Isley Brothers, 1959), durant laquelle les poings de tous les spectateurs de 7 à 77 ans étaient en l'air. Pardon. De 7 à 89 ans...

Mais il ne faut pas se tromper. Si les 75 dernières minutes - frénétiques - ont été à la hauteur des spectacles de légende de Springsteen (3 heures et 15 minutes), la raison d'être de cette tournée se veut avant tout les compositions de l'album The River. Cette rivière qui, on l'espère, coulera peut-être jusqu'aux rives du Québec d'ici la fin de l'année.
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Marc le Mar 9 Fév 2016 - 10:56

CC Rider a écrit:
« Êtes-vous prêts à continuer? » La question, qui n'en était pas vraiment une, a été accueillie par une immense clameur dans le Centre Air Canada vers 23 h. Cela faisait exactement trois heures que l'E Street Band s'était pointé sur les planches et Bruce Springsteen, visiblement, n'en avait pas terminé.

Avait-il vraiment le choix, outre le fait que l'Américain aime offrir des spectacles-marathons à ses admirateurs? Encore moins que d'ordinaire, dirais-je, quand on trimbale sa rivière dans ses valises. En fait, The River, plutôt, le disque-fleuve de 20 chansons paru en 1980 que Springsteen a décidé d'interpréter intégralement et en séquence lors de cette tournée qui faisait sa seule escale en sol canadien, mardi soir, à Toronto.

The River est bien plus que la somme de ses chansons. Cet album, c'est la vie avec la joie et ses peines au quotidien, vue à travers les yeux d'un jeune homme à l'aube de la trentaine rempli d'interrogations à l'époque.

« J'ai composé ses chansons afin de voir où je me situais dans le monde, moi qui provenais d'un milieu de négligés et de marginaux à Asbury Park », a expliqué Springsteen après avoir chauffé l'aréna avec la rutilante Meet Me in the City, chanson inédite dévoilée avec une dizaine d'autres dans le coffret commémoratif paru en décembre qui a été l'incitatif de cette tournée.

« En parlant de travail, d'engagement et de la famille, je me disais que cela allait me permettre de réaliser ma vie et de trouver certaines réponses », a-t-il ajouté.

Spectacle générationnel

Trente-six ans plus tard, le disque permet encore aux auditeurs de toutes les générations de renouer avec leur passé, leur famille et leurs proches. Il me semble ne jamais avoir vu autant de familles à une tournée de Springsteen : la jeune fille deux rangées devant moi qui danse avec son père qui, lui, revit son adolescence à l'écoute de la festive Sherry Darling et de la supersonique I'm A Rocker, quand Max Weinberg martyrise sa batterie. Et toute cette famille - père, mère, fils et fille - qui hurlent le refrain d'Out in the Street, comme chaque personne dans l'aréna. Rassembleur.

Parfois, le rapport émouvant avec les chansons n'est pas un rapport de nostalgie joyeuse. Quand Springsteen prend la peine d'expliquer la genèse d'Independence Day, tout le monde pense à son père présent, absent ou disparu.

« Ça a été la première chanson père-fils que j'ai composée. Une chanson que l'on écrit assez jeune, quand on commence à mesurer que nos parents, eux aussi, avaient leurs propres rêves et que l'on ne réalise pas toujours les sacrifices qu'ils ont faits. C'est une conversation tardive autour d'une table de cuisine entre un père et son fils qui cherchent à se comprendre. »

Springsteen, qui a eu une adolescence difficile avec son paternel, a eu le temps d'avoir cette conversation. Moi pas. J'ai perdu le mien à l'âge de 13 ans et je n'ai jamais eu de conversation d'homme à homme avec lui, peu importe le sujet. C'est la raison pour laquelle l'écoute de cette chanson laisse toujours des traces.

Les liens de sang

Un autre point fort de la soirée est Stolen Car, « ma première chanson homme-femme », qui est sertie de magnifiques arrangements. Et que dire de Drive All Night, cette complainte d'amour nocturne dont les points d'orgue sont les solos de saxophone de Jake Clemons qui auraient rendu fier son oncle Clarence, compagnon de longue date de Springsteen disparu en 2011. Dans l'E Street Band, on privilégie aussi la famille.

C'est d'ailleurs l'une des différences marquantes des dernières années. Les solos qui étaient précédés du cri « Big man! » suivent désormais un « Jaaaake! » bien senti. Cette tournée est également le retour à l'avant-plan de Steven Van Zandt, qui n'a jamais caché que The River était son disque favori. Durant l'intégrale, il se tape tous les solos de guitare dont Springsteen ne se charge pas. Il n'en laisse aucun à Nils Lofgren, arrivé au sein de l'E Street en 1984, soit après la création de l'album.

Et Van Zandt partage plus que jamais le micro avec le « Boss ». Durant Two Hearts, comme d'habitude, avec sa finale en symbiose entre les deux hommes, mais aussi durant l'introduction chantée et ajoutée de Here She Comes - qui n'était pas sur le disque - juste avant I Wanna Marry You. Cet échange à deux voix devient presque un chant gospel et arrime comme jamais l'une des plus belles chansons d'amour qui soit.

On passe ainsi du désir à la demande en mariage pour arriver au mariage en soi dans la déchirante The River, qui révèle des lendemains difficiles. The River avec un premier couplet interprété par la foule à l'unisson. J'avais déjà entendu ça à New York et au New Jersey, mais pas à Toronto. Et on termine le segment avec la bouleversante Point Blank, chanson de rupture de de mensonges. Durant près d'une demi-heure, l'E Street Band nous défile en chronologie ce que la vie a de plus beau et plus triste. L'un des enchaînements de chansons les plus réussis jamais entendus durant un spectacle, toutes catégories confondues.

Point Blank, justement, est offerte avec une introduction majorée au piano de Roy Bittan. Même dans une prestation où l'on sait quelle chanson est la suivante, l'E Street Band varie ses offrandes. Bon point aussi pour le pont musical de Cadillac Ranch où les guitares de Springsteen, Van Zandt et Lofgren précèdent le solo de violon de Soozie Tyrell. Une version plus terroir, finalement, que sa mouture d'origine.

Mais il y a des choses qui ne changent pas. Springsteen se fait encore porter par la foule du parterre durant la fédératrice Hungry Heart. Surfer sur le public à 66 ans, c'est proprement insensé. Et il sait faire la part des choses. Dans un spectacle où les chansons de The River prennent le devant de la scène durant deux heures, celles qui ne sont pas offertes à chaque spectacle doivent faire l'unanimité.

Crescendo d'exception

Le public de Toronto a été gâté avec un crescendo exceptionnel formé de Promised Land (archiconnue) et des robustes et incendiaires She's the One, Candy's Room et Because the Night. Chaque chanson faisait monter le mercure d'un cran. Quand Lofgren a livré le solo mordant de la dernière en tournoyant sur un pied, j'ai cru que le Centre Air Canada allait exploser.

À la limite, les trois dernières chansons de cette séquence peuvent presque être perçues comme des raretés de scènes. Elles ne sont pas si souvent interprétées. Donc, équilibre. L'immense Thunder Road précède le rappel et Badlands l'amorce. S'il fallait trouver des chansons plus populaires, on parlerait de Born To Run, qui suit, interprétée à la lumière crue. Frissons et délire garantis.

Et puis Dancing in the Dark, durant laquelle une spectatrice monte sur scène chaque soir pour danser avec le « Boss », comme Courteney Cox le faisait dans le clip de la chanson en 1984. Mardi, ce fut une dame âgée de 89 ans. C'était inscrit sur la pancarte brandie par sa fille au parterre. Et pendant que Jake Clemons étirait et étirait le solo à n'en plus finir, Bruce dansait avec une dame qui aurait pu être la mère de Keith Richards dans un aréna qui avait l'air d'une ruche en folie.

Vous comprenez maintenant pourquoi les shows de Springsteen sont longs (comme ce texte, d'ailleurs). Parce qu'il ne peut faire dans la spécificité (jouer un album-fleuve dont la moitié des chansons sont inconnues du grand public) et se contenter d'interpréter une poignée de titres après coup. Il veut satisfaire les gens qui ne l'ont jamais vu, comme le couple derrière moi qui n'en revenait pas de cette performance, ainsi que le grand public et ses fidèles qui l'ont vu des dizaines et des dizaines de fois. Donc, il en donne toujours plus que le client en demande.

Quand il a hurlé : « Êtes-vous prêts à continuer? », le « Yeah! » collectif était sans équivoque. Et ce fut Rosalita (Come Out Tonight), la chanson de clôture des spectacles du début des années 1970 - avant l'album Born To Run - jouée avec un abandon total. Et non, ce n'était pas assez.

L'Américain a décidé de montrer jusqu'où remontaient ses racines musicales. La présentation des membres du groupe s'est terminée sur une version dynamique de Shout (des Isley Brothers, 1959), durant laquelle les poings de tous les spectateurs de 7 à 77 ans étaient en l'air. Pardon. De 7 à 89 ans...

Mais il ne faut pas se tromper. Si les 75 dernières minutes - frénétiques - ont été à la hauteur des spectacles de légende de Springsteen (3 heures et 15 minutes), la raison d'être de cette tournée se veut avant tout les compositions de l'album The River. Cette rivière qui, on l'espère, coulera peut-être jusqu'aux rives du Québec d'ici la fin de l'année.

Merci CC

En fait ça a l'air assez nul après tout, merci Snowzilla Very Happy
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Sam 27 Fév 2016 - 2:26

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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  bill horton le Dim 28 Fév 2016 - 9:37


Plutôt bien, oui, mais me semble quand même moins défini que le Newark par exemple (mais sinon les mêmes remarques que pour le show du New Jersey)

Ce qui est curieux c'est que ces dl arrivent pour l'instant près de trois semaines après les concerts dont ils sont tirés, il y a quand même eu une dizaine de shows depuis Toronto...



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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Dim 28 Fév 2016 - 15:06

Visiblement, l'équipe de production de ces dl a encore été étoffée, ce qui explique peut-être cela... je trouve que c'est pas plus mal de prendre un peu de temps et d'avoir un enregistrement de meilleur qualité. Comme pour l'instant, je ne fais qu'écouter les samples.. je verrai bien plus tard si un enregistrement se dégage pour la qualité particulière du concert.. et comme la tournée va encore durer un peu, ça laisse de la marge.
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Zigomar le Mar 1 Mar 2016 - 15:50

oh ! c'est drôle de voir ici cité un article du blog de mon pote Philippe Rezzo, qui est le plus grand fan fini de la mort de bruce Wink

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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

Message  Fabrice le Mer 2 Mar 2016 - 18:35

Zigomar a écrit:oh ! c'est drôle de voir ici cité un article du blog de mon pote Philippe Rezzo, qui est le plus grand fan fini de la mort de bruce Wink


Tiens d'ailleurs à Radio Can', ils ont des échos de la tournée d'été qui ferait peut-être un autre petit tour par chez vous dans l'Est?

Ben, oui, il va pas s'arrêter à Grostambour notre bon Bruce. pirat
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Re: [Set list] Toronto, On, 2 février 2016

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