La grande escroquerie du rock...

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La grande escroquerie du rock...

Message  Fabrice le Mer 10 Juin 2015 - 10:12

Suite et sans doute pas fin... affraid

http://www.pollstar.com/news_article.aspx?ID=818601
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Re: La grande escroquerie du rock...

Message  CC Rider le Mer 10 Juin 2015 - 10:33

Rotten a toujours été d'un cynisme poussé. Simplement très british, déjà à l'époque de la formation du groupe.
Ca fait longtemps qu'il a renoncé à toute éthique pour peu qu'il en ait eu une un jour.
Rien d'étonnant et carrément amusant.
Ca lui fera un point commun avec les Stones qu'il dénonçait à l'époque.
Comme quoi le romantisme qui va avec chaque mouvement musical ou social trouve toujours son ou ses mecs pour relever le compteur en passant.

N'est pas Strummer qui veut Smile
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Re: La grande escroquerie du rock...

Message  CC Rider le Mar 7 Juil 2015 - 14:31

Puisqu'il est fait référence à la mastercard Sex Pistols et qu'après tout le NME a beaucoup aidé à la vague musicale décapante de la seconde moitié des 70's, cet article, au moment ou le NME, institution absolue d'un Atlantide musical, passe en gratuit.

Ca raconte une époque, le changement d'époque et le vide qui va suivre pour une génération habituée à feuilleter avant de parfois acheter.

Le célèbre hebdomadaire musical anglais sera distribué gratuitement dans les gares et les facs à la rentrée. Une révolution dans la presse britannique, qui marque aussi la fin d'une époque.

Sale temps pour le rock : 2015 sera donc l’année où les Sex Pistols s’affichent sur des cartes de crédits et le New Musical Express, bible irrévérencieuse de six décennies électriques, passe en gratuit. Après 63 ans d’existence, le magazine hebdomadaire britannique, communément appelé NME (à prononcer «ennemi», c’est presque fait exprès) et vendu £2.60 (2,30 euros), a annoncé lundi qu’il deviendrait un gratuit à partir de septembre, distribué dans les stations de métro, les campus et les «détaillants partenaires». Au passage, son tirage passera à 300 000 exemplaires, contre environ 15 000 aujourd’hui, un seuil jugé critique pour sa survie après une décennie de ventes en chute libre. Enfin, l’hebdo abordera désormais, en plus de la musique, «cinéma, mode, télévision, politique, jeux vidéo et technologies».
Certes, le magazine actuel en papier glacé n’a plus grand-chose à voir avec la feuille de chou légendaire des années 1970-1980, imprimée à l’encre baveuse sur du papier journal, format tabloïd. Une époque où une critique dans NME pouvait faire ou défaire une carrière, un temps désormais révolu. Comme l’a fait remarquer sur Twitter la peu charitable chanteuse indé galloise Helen Love, «NME est gratuit depuis des années : on l’ouvre chez Tesco (la plus grosse chaîne de supermarché britannique, ndlr), on le feuillette, on rigole un coup, et on le replace dans l’étal à journaux.»

PIONNIER DU JOURNALISME «GONZO»
Lancé en 1952, le journal a épousé dès son lancement les contours de la «musique à guitares», écrivant la légende du rock au fil des décennies. La plupart de ses couvertures dans les années soixante sont dévolues aux Beatles et aux Stones, pendant que le magazine pousse les groupes psychédéliques dans ses colonnes. En 1972, alors en perte de vitesse face à la popularité grandissante de son principal concurrent Melody Maker (que NME, ironie de l’histoire, finira par englober en 2000), les propriétaires du titre, IPC, donnent à la rédaction douze numéros pour redresser la barre. La direction du journal débauche alors les plumes les plus acérées de la presse indépendante, introduisant le journalisme «gonzo» alors en vogue aux Etats-Unis de ce côté de l’Atlantique. Reportage à la première personne, anecdotes surréalistes et cynisme à tous les étages, le nouveau NME est né. C’est l’ère du critique rock star, incarné par Nick Kent, chantre du Nouveau journalisme, plumitif héroïnomane et confident de Led Zeppelin, qui flaire les prémisses du punk et conseille les Sex Pistols à leurs débuts. (Sid Vicious le remerciera en lui assénant un coup de chaîne de vélo sur le crâne). La formule marche et NME se proclame «revue musicale la plus lue du monde», avec une circulation aux alentours de 150 000 exemplaires au milieu des années 1970.

Plus influent et mordant que jamais dans la décennie suivante, capable de titrer «Voici ce dont vos pères vous ont sauvé…» au sujet des allemands Kraftwerk, le journal prend un ton de plus en plus politique, avec Margaret Thatcher et le National Front en ligne de mire, ouvrant ses colonnes aux antifas et au parti travailliste. Après avoir surfé sur la vague post-punk et porté The Smith au pinacle (The Queen is Dead est très officiellement le meilleur album de tous les temps selon l’hebdo), la rédaction se déchire sur le fait de savoir s’il faut couvrir l’émergence du hip-hop. Les ventes s’effondrent à nouveau et le magazine se fâche durablement avec Morrissey, l’une de ses icônes, après un article resté célèbre où NME s’interroge sur ses «déviances fascisantes».

LES ANNÉES BRITPOP PUIS LE DÉCLIN
Une fois de plus, le salut viendra du renouveau de la scène rock britannique avec le phénomène «Madchester» porté par les Stones Roses puis l’avénement d’Oasis et Blur dans les années 90. L’«affrontement poid lourds», tel que présenté et en grande partie fabriqué par le magazine, entre les deux groupes qui s’insultent à longueurs d’interviews, remet une pièce dans le jukebox durant les années fastes de la Britpop. «Si vous voyez un journaliste de NME à l’un de nos concerts - et soyons clairs, ils sont faciles à repérer : ils sont toujours près du buffet, portent des fringues moches et ont d’horribles coupes de cheveux avec des têtes de victimes - allez leur tirer l’oreille de ma part en leur disant de se tenir à carreau», lance Noel Gallagher à ses fans, histoire de souffler sur les braises.

Au finale, le déclin de NME est en grande partie du à la relative désuétude dans laquelle les «guitar bands» sont peu à peu tombés, l’hebdo ne pouvant être accusé de ne pas avoir anticipé la révolution numérique, puisqu’il est l’un des premiers titres à se lancer sur le Web, dès 1996. Le site est aujourd’hui l’une des plateformes musicales les plus consultées au monde, touchant environ 4 millions d’internautes par semaine selon NME.  

Au début des années 2000, le magazine reprend quelques couleurs avec l’émergence d’une nouvelle génération de rock stars (les Strokes, les White Stripes, Muse) et l'arrivée de nouveaux groupes britanniques à succès, à l'instar des Arctic Monkeys et des Libertines. Mais à l’ère de MySpace et des premiers blogs musicaux, l’autrefois indispensable listing hebdomadaire des concerts et les recommandations du magazine peinent à toucher cette nouvelle génération. Surtout, comme l’expliquait Nick Kent à Vanity Fair, en 2010, «le marché de la presse musicale est désormais dominé par la nostalgie et s’adresse aux seniors qui fantasment encore sur les années 1960. Il n’y a plus vraiment de scène sur qui écrire, juste cinq six groupes phares qui sortent un album tous les quatre ans.»

Les récentes tentatives d’ouverture du magazine vers le rap, l’electro et la pop ont le plus souvent été couronnées de ricanements, voire perçues comme un renoncement par les puristes. Comme s’interroge cruellement Ben Cardew, contributeur à NME, dans The Guardian : «Quand la musique est gratuite, qui a encore besoin de magazines musicaux?»
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