le roi (du punk) est nu

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le roi (du punk) est nu

Message  CC Rider le Mer 16 Oct 2013 - 13:56



Désolé Hugo....c'est (encore) dans Télérama...Suspect 

Une longue, très longue, et intéressante interview de Johnny Rotten (Lydon), l'ex pistolero.
Où il cause de Neil Young, Alice Cooper, Mick Jagger et d'autres jeunes gens.
Certains habillés pour l'hiver, d'autres sur lesquels l'avis de Lydon est plus surprenant, plein d'admiration ou de tendresse ou d'anecdotes parfois inattendues.

Il parle aussi beaucoup de lui (ce qui me semble normal dans une interview qui lui est consacré Smile), avec la mauvaise fois dont il est coutumier.
Je n'aime pas du tout le bonhomme, pour des raisons "historiques" personnelles, mais force est de constater qu'il est loin d'être inintéressant avec son cynisme, son intelligence et sa liberté d'esprit.


Looooongue comme un jour de pluie....ca tombe bien:)



“En tant que roi du punk, je décrète cette loi : le punk n’a pas besoin de roi”

Il paraît loin, le garçon malingre au teint blafard et aux dents si abîmées qu'on le surnomma Johnny Rotten (pourri, en anglais). Il fit trembler le Royaume-Uni. Chanteur des Sex Pistols, le groupe punk suprême, il était le symbole de l'implosion d'une Angleterre rongée par la crise, les grèves et le chômage. John Lydon – il reprit son vrai nom dès 1978, à la fin des Pistols – était le porte-voix de l'individualisme positif, avec son chant effrayant et ses textes impitoyables, autant de cris d'insoumission d'un laissé-pour-compte face à l'ordre étouffant – la famille royale, les conservateurs, mais aussi les travaillistes.

On le retrouve aujourd'hui, joyeux et bondissant. Il ne cherche plus à vous intimider avec ses remarques cinglantes, sa carrure désormais imposante ou son regard terrifiant. Aimable, il savoure le bonheur de jouer avec son groupe PIL, sa world punk sans frontières so british, en travailleur enfin indépendant. Mais, derrière le quinquagénaire intarissable, l'observateur enragé de la société britannique est toujours là. L'antéchrist du « no future » n'oublie pas ses ennemis. « La colère est une énergie », clamait-il.

L'an dernier, vous avez publié avec PIL (Public Image Ltd) votre premier album depuis vingt ans.
Pendant tout ce temps, je n'étais pas libre de le faire. Depuis la fin des Pistols, j'ai été prisonnier de contrats, avec toujours plus de dettes à rembourser. Je ne pouvais m'en extraire, seulement gagner du temps, jongler avec les clauses. L'artistique était évacué, je n'avais plus affaire qu'à des comptables. Des gens froids, qui ne pensent qu'en chiffres. Pendant presque vingt ans, je n'ai plus pu enregistrer. C'est dur de se voir interdire de créer. Mais j'ai toujours refusé de sombrer dans l'aigreur. Au contraire. Je puise mon énergie dans l'adversité.

Vous avez pu racheter votre liberté grâce à une campagne de publicité pour le beurre outre-Manche...
Exactement. J'ai pu rembourser mes dettes et financer le dernier album. Quel bonheur d'être enfin indépendant ! On m'a reproché, comme tout ce que je fais, ces pubs pour le beurre, mais j'assume. Toujours la même accusation de trahir la cause, d'être vendu. Moi, je trouve ça plutôt punk et cohérent. L'argent a financé ma liberté artistique, et puis c'est vrai que je mange beaucoup de beurre. Ça se voit, non ? Ce n'est pas un mensonge. Pas comme Iggy Pop, qui pose pour une compagnie d'assurances qui refuse d'assurer les rock stars !
Avec cette nouvelle incarnation de PIL, vous vous entourez pour la première fois de musiciens avec lesquels vous vous entendez ?
Je n'avais jamais connu une telle complicité auparavant. En fait, comme j'ai démarré avec les Sex Pistols, j'ai longtemps cru que tous les groupes étaient un nœud de tensions et de conflits. S'apprécier était en option. Chacun avait des goûts et des buts différents, mais une curieuse solidarité nous unissait contre ceux qui voulaient nous abattre. En fait, j'aimais Paul Cook, le batteur, et même Steve Jones, le guitariste, au début.

Mais le management ne cessait de nous monter les uns contre les autres. On s'est confronté très tôt à la perversité et à la malhonnêteté du monde adulte. Il y avait de la haine entre nous, mais on a réussi à en faire une force, qu'on a retournée contre les autres. On a appris que l'industrie de la musique était un univers cruel. Il a fallu une résistance inouïe pour s'en sortir. Certains ne l'ont pas eue. Et ont sombré dans la drogue dure…

Vous songez à Sid Vicious, qui, lui, était votre ami…
Oui, on s'était connus dans un établissement scolaire pour enfants difficiles. Le problème majeur de Sid était que sa mère était héroïnomane. Il y avait cet atavisme, qu'il cherchait vainement à repousser. Il déménageait tout le temps et, du coup, n'a jamais pu créer de liens forts avec d'autres gamins. Moi, je passais ma vie dans la rue, avec une bande de gosses. Ça structure, on y apprend à se débrouiller, à survivre, à s'entraider… et une forme de bon sens.

Vous aviez aussi une relation forte avec votre mère ?
A 7 ans, j'ai contracté une méningite. On vivait dans un taudis, sans eau courante, avec des rats… J'ai passé un an à l'hôpital. Et j'ai mis quatre ans à m'en remettre. Déjà, ma mère m'avait appris à lire et à écrire à l'âge de 4 ans. J'adorais ça. Mais, en sortant de la maladie, j'avais totalement perdu la mémoire. Il a fallu tout reprendre à zéro. Et c'est elle qui m'a tout réappris, car l'école n'avait pas de temps pour les enfants comme moi. Je ne savais plus rien, même pas si mes parents étaient vraiment les miens. Il fallait faire confiance aux autres.
Du coup, la vérité est devenue une valeur essentielle chez moi. Faire le tri entre les gens de confiance et ceux qui vous mentent et vous manipulent. Ma mère m'a toujours soutenu, elle a été ma bouée de secours. Comment ne pas rester proche après ça ? Elle m'a protégé, tout comme j'ai protégé mes trois petits frères. Et je conçois un groupe de la même manière. Malheureusement, la plupart des autres ne pensent qu'à l'argent.

La musique n'était pas votre vocation ?
C'est arrivé par hasard. Malcolm McLaren et Bernie Rhodes, le futur manager de The Clash, étaient en train de monter ce groupe, les Sex Pistols. Rhodes avait repéré ce drôle de gamin aux cheveux verts qui arpentait King's Road avec un tee-shirt sur lequel était inscrit : « Je hais Pink Floyd ». C'était moi. Ils m'ont demandé si je voulais chanter. Je n'y avais jamais pensé.
En fait, j'avais même développé un certain art de mal chanter. Parce que j'avais fréquenté un collège catholique où, dès qu'on repérait un garçon à jolie voix, il était enrôlé dans le chœur. Et on savait ce qui arrivait aux gosses qui tombaient entre les mains du prêtre… Voilà d'où vient ma voix si particulière. Une protection. Du coup, elle est assez unique. Et puis j'ai toujours été plus sensible à la force des mots, à leur prononciation qu'à une simple mélodie.

D'où votre admiration, très tôt, pour Captain Beefheart ?
J'appréciais sa manière de triturer les musiques qui l'inspiraient, le blues de Memphis ou du Delta, pour en faire cette décoction d'une divine non-musicalité. Il ouvrait le champ à toutes les possibilités. Ses paroles, tordues, hilarantes, souvent incompréhensibles, me bouleversaient. Il y avait une telle puissance dans son interprétation.
Ce type n'a jamais fait que ce qu'il voulait, que ce qu'il ressentait. Le succès et l'argent n'étaient pas son moteur. Tout l'opposé d'un bonnet de nuit nanti comme Sting, le bouddhiste à la gomme… Un de mes plus beaux souvenirs est une expo de peinture de Beefheart que j'ai vue à Hambourg… Il peignait comme il chantait. Quelle énergie, quelle intensité !

La douzaine de chansons, devenues autant de classiques rageurs et furieux, que vous avez écrites pour les Sex Pistols sont venues comment ?
Assez spontanément. J'avais toujours griffonné des choses, je lisais beaucoup de poésie, de Keats notamment. Je m'étais même imaginé devenir écrivain. Mais je sentais qu'il manquait toujours quelque chose. C'était la musique. Et ces textes pour les Sex Pistols sont sortis par jets. Ils devaient mûrir au fond de ma cervelle. Vous connaissez Robin Wil liams, l'acteur comique qui ne se tait jamais ? C'est comme ça dans ma tête. Je suis en ébullition permanente. Une fois guéri de ma méningite, je me suis juré de ne plus jamais laisser mon cerveau au repos. J'ai écrit le texte de God save the queen presque d'un trait, le temps d'avaler une boîte de baked beans [haricots blancs, ndlr] ! Une vérité qui ne demandait qu'à jaillir.

« God save the queen, the fascist regime »… La chanson, sortie au moment où la reine célébrait son jubilé, en 1977, a fait de vous l'ennemi public n° 1… Trente-cinq ans après, les Sex Pistols fêtés lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Londres, c'est une victoire ?
Une victoire, non. Mais ça fait plaisir. Au départ, je ne voulais surtout pas à être associé à tout ce cirque horripilant. Mais Danny Boyle, le metteur en scène de la cérémonie, m'a fait changer d'idée. Il a voulu rendre hommage à l'Angleterre dans ce qu'elle a de mieux et de plus précieux, un peu à la manière de Dickens autrefois. Montrer le peuple, celui que l'on n'a cessé de mépriser et d'écraser, et qui est l'âme de l'Angleterre, en célébrant le système de santé gratuite qui a longtemps été l'honneur du pays. Quelle joie de voir la famille royale au grand complet obligée d'écouter sans sourciller notre chanson Pretty Vacant en entier ! God save the queen aurait été encore plus jouissif, mais il ne fallait pas pousser.

Londres a bien changé…
Je ne suis pas opposé au changement, loin de là, mais, dans le cas de Londres, comment s'en réjouir ? J'ai le souvenir du Londres de mon enfance, sombre et mal éclairé certes, mais qui ressemblait à ces décors de vieux films avec Alec Guinness. Il y avait peu de voitures et la rue était livrée à des hordes de gamins. C'était leur territoire. Il y avait encore beaucoup de terrains vagues, à cause de la guerre, et l'on vivait en marge de la société des adultes. On jouait et on se battait, mais ça n'avait rien à voir avec la délinquance d'aujourd'hui. Nous étions tous pauvres, mais on se sentait en sécurité. Il n'y avait pas de jalousie ou d'envie puisque personne n'avait rien.

Tout a changé quand la télé en couleurs est arrivée. Et, avec elle, ces publicités pour voitures et appareils d'électroménager auxquels on n'avait pas accès. A partir de là, nous avons pris conscience d'être des citoyens de seconde zone. La pub a développé la frustration, l'envie, la tentation, et avec, le vol et la violence.

Avec les Pistols, le punk divisait le pays, et vous avez été confronté à une autre forme de violence…
J'ai grandi à l'ombre d'Arsenal, le club dont je suis supporter, et une certaine violence ne m'était pas étrangère. Ça pouvait être brutal, mais ça restait presque bon enfant. Avec le punk, une autre violence a été mise au jour. Celle d'une société britannique bâtie sur l'humiliation constante d'une classe ouvrière traitée comme une bande de demeurés.

Quand j'étais jeune, à Finsbury Park, il y avait une mixité incroyable : des Blancs, des Noirs, des Indiens, des Irlandais, des Anglais, des Grecs, des Turcs, qui s'entendaient très bien. On ne jugeait que les personnalités, pas la couleur ou la nationalité. Tous les gouvernements qui se sont succédé se sont acharnés à détruire cette solidarité. Le pire étant probablement Tony Blair, avec sa promesse d'un pseudo-New Labour. Ce type n'est qu'un imposteur, un avocat véreux qui ne vaut pas mieux que ceux qui tiennent des officines de paris. En un peu plus éduqué, bien sûr.

Il était pire que Margaret Thatcher, à vos yeux ?
Avec Thatcher, on savait à qui on avait affaire. Le punk a explosé sous Callaghan, le travailliste. Le Royaume-Uni était dans un état désastreux. Thatcher et nous, les Pistols et le punk, étions les deux réactions opposées au même problème. Il n'y a pas un mot avec lequel je pourrais être en accord avec elle sur le plan politique, mais elle était mon adversaire préférée. Cette femme a fait plus de mal au peuple anglais qu'aucun autre leader. Mais elle disait ce qu'elle pensait, et faisait ce qu'elle disait. Je la respecte pour cela. Elle m'a aidé à affûter ma pensée, mes convictions. D'être toujours du côté du peuple et de l'individu face aux institutions.

Avant, l'Angleterre était entre les mains de conservateurs sérieux, qui posaient problème dans tous les domaines, mais au moins on savait quelles étaient leurs valeurs. Quand on venait d'un milieu prolétaire, on savait comment manœuvrer pour passer entre les lignes. C'était instinctif. A présent, tout n'est que bureaucratie, une suite de règles et d'interdictions qui régissent notre vie comme si on était gouverné par la Sécurité sociale. L'ironie étant que ce sont ces mêmes gens au pouvoir qui rêveraient de se débarrasser de la Sécu et du service public. Parce que les supposées élites qui nous gouvernent aujourd'hui n'ont aucune culture.

Le grand projet de Thatcher était de bâtir une nation de classe moyenne, mais le résultat, dramatique, est que plus personne ne sait d'où il vient. Et, du coup, plus personne ne ressent un sentiment d'appartenance à une communauté. Il faudrait renier ses origines mais être fidèle à son entreprise ? Mais tout le monde s'en fiche ! Aujourd'hui, personne n'aime son entreprise, le produit qu'il fabrique et encore moins ceux qui l'emploient. Voilà ce qu'a fait Margaret Thatcher. La reine des conservateurs a tué toute notion de loyauté et de dévouement. Car on ne produit plus que pour une société égoïste et inculte.

Vous sentez-vous relié, aujourd'hui, aux insurgés punk de 1977 ?
La fameuse « classe de 77 » ? Je déteste cette formule. Tout ça, ça vient de Mick Jones, de The Clash. Un type adorable, trop gentil même… Il pense que tous les anciens punks devraient se serrer les coudes. Mais pourquoi ? Je réfute l'idée qu'on était tous dans le même sac. Le punk était justement pour moi la révolte contre la ghettoïsation, et il faudrait en créer une nouvelle ?

Le punk est vite devenu un horrible cliché, juste des pauvres mecs qui s'habillaient tous pareil. Etre punk, c'est trouver sa voie, son style, surtout ne pas suivre bêtement les autres. La même chose s'est produite avec le rap, qui n'est vite devenu qu'un produit commercial à base de clichés, à des années-lumière de l'esprit, marginal et joyeux, du hip-hop des origines.

Les expos consacrées au punk, comme celle du MoMA, à New York, actuellement, ne sont pas votre tasse de thé ?
J'ai parlé à ceux qui l'ont conçue, mais ils n'ont visiblement rien compris. Ou ne peuvent pas comprendre. Une expo sur le punk doit être plus qu'une série de mannequins habillés de vêtements « dingues ». Il y a tout un contexte historique, politique qu'il aurait fallu expliquer, présenter. Et ça se finit en expo chic où Madonna peut aller traîner avec sa suite… Punk, tu parles ! De toute façon, le punk, l'authentique, c'est moi. Personne ne peut m'enlever ça. Je l'ai défini, j'en suis le roi. Et, en tant que roi, je décrète cette loi : le punk n'a pas besoin de roi.

Vous êtes en tournée avec PIL, reformé depuis 2009. Comment cela se passe-t-il ?
La tournée avec PIL se passe très bien parce que c'est la première fois que je suis en compagnie de gens avec qui je m'entend réellement. Je travaille avec des personnes que je respecte et qui me respectent aussi. On pourrait presque dire qu'on est amis ! Nous sommes totalement libres de toute la merde du business. Les maisons de disques ne peuvent plus me nuire. J'ai enfin le contrôle financier, donc absolu sur mon travail. Si PIL se plante, échoue, ce sera de notre seule faute. Et ça, c'est un sentiment merveilleux. J'ai toujours pensé, rêvé, que les choses devaient être ainsi. Mais il y avait toujours quelqu'un d'autre qui tenait les cordons de la bourse. Ça m'a pris trente-cinq ans pour atteindre mon idéal.

PIL serait donc seulement maintenant, et enfin, un vrai groupe ?
Oui, parce qu'un groupe doit être comme une famille. Je déteste la mesquinerie, l'envie, l'égoïsme. Je suis quelqu'un de généreux et de partageur. Mais, apparemment, dans le monde de la musique du moins, c'est rare. La plupart des musiciens de rock ne pensent qu'à leur intérêt, à leur profit personnel. Quand on s'engage, c'est à fond. L'important, dans la vie, n'est pas de trahir ses amis, mais de bien connaître ses ennemis.

Lorsque vous avez fondé PIL, en 1978, après l'implosion des Sex Pistols, vous pensiez avoir formé le groupe idéal, avec des gens de confiance (Keith Levene et Jah Wobble) ?
Oui, mais ça n'a pas duré. Suffisamment cependant pour que je me reconstruise un peu, pour savoir la direction que je souhaitais prendre désormais. Pendant quelque temps, c'était même extraordinaire, magique, la combinaison parfaite. Mais trop vite, les egos, immenses, ont commencé à détruire ce bel équilibre. Naïvement, j'avais décidé qu'on partagerait tous les droits d'auteurs. Et ça a été mon erreur. Parce que ça a créé des querelles d'argent. Ils en voulaient toujours plus, pour eux, sans jamais rien reverser pour l'entretien du groupe. Ça, c'était pour ma pomme. C'est triste, non ?
J'ai découvert que les gens étaient vénaux. J'ai mis des années à trouver des personnes honnêtes. Bruce Smith et Lu Edmonds sont de ceux-là. Ils sont avec moi, dans PIL, depuis très longtemps. Et Scott Firth aussi, maintenant, ça fait plus de six ans. Cette confiance, cette solidarité, cette amitié se ressentent dans la musique que nous jouons aujourd'hui. Il n'y pas de mensonge entre nous.

Le mensonge est votre principal ennemi ?
Sûrement. C'est pourquoi beaucoup de gens me trouvent difficile, car je hais toute forme de mensonge et de malhonnêteté. Enfant, j'étais faible, et j'ai trop souffert du mensonge des autres. Un oncle pervers, et surtout les profs et les éducateurs. A onze ans, ils ont décrété que j'étais un gamin à problème, incapable de suivre une éducation normale. Mon problème était juste que je posais tout le temps des questions, et ça, ils ne le supportaient pas. Comme si chercher des réponses était quelque chose de mauvais, une menace à l'ordre public.

Vous aviez une conscience politique ?
Je savais juste que les discours des chefs d'Etat ne servaient qu'à nous embobiner. Je me souviens que Harold Wilson semblait avoir été au pouvoir depuis toujours. Et puis est arrivé, derrière lui, Edward Heath. Un Premier Ministre célibataire, sans épouse ni compagne connue, qui avait comme hobby de jouer de l'orgue. Bienvenue chez les conservateurs, ha, ha, ha ! Mais personne n'osait s'interroger sur sa sexualité. Tout était verrouillé. C'était comme la musique. Le rock et la pop d'intérêt n'ont pu émerger que grâce aux radios pirates, pas à la BBC ! Le pire, c'est que des types comme Tony Blackburn ont commencé comme DJ sur des radios pirates pour devenir les plus conservateurs et ringards des animateurs de la BBC. Lui, il détestait le rock, le métal, le punk… Tout est fait pour rentrer dans le rang, dans le moule, et ne rien questionner.

Vous ne croyez pas non plus à l'anarchie…
Surtout pas. L'anarchie est juste un petit jeu d'esprit pour les classes moyennes, plutôt aisées. Une sorte de Monopoly mental, sans enjeu réel. « Waow, l'anarchie, c'est trop cool ! » Le pire, c'est en Amérique où il y toutes ses organisations anarchistes avec des sites en « .org ». Ce qui signifie que ce sont des organisations subventionnés par le gouvernement ! Je me souviens d'un grand rassemblement anti Bush où ils étaient tous sagement parqués là où la police leur avait dit de se mettre, avec leurs Dr. Martens et leurs portables payés par papa. Quels bidons, ces types !

D'où vous vient votre assurance, ce sens des certitudes ?
Du jour où j'ai compris que le petit garçon timide et timoré que j'étais n'irait nulle part dans ce monde. Je savais juste que j'éprouvais un besoin de m'exprimer. Je ne chantais pas comme il fallait. Je n'écrivais pas ce qu'il fallait écrire. Et puis un jour, je me suis décidé. Quand j'ai appris à nager, je n'ai pas passé des jours à patauger dans le petit bain. J'ai plongé directement dans le grand et il a bien fallu que je me débrouille. Pareil pour le reste. Et ça a marché. Voilà comment nait la confiance en soi.

Les Sex Pistols auraient-ils pu exister sans vous ?
Le groupe était la somme de tous ses éléments. Personne, ni moi, ni Malcolm McLaren, ne peut prétendre être l'âme unique des Pistols. Une série de coïncidences a fait du groupe une exception. Il s'agit presque d'un acte divin, ou du moins de la nature. Autant dire que ça n'arrive pas souvent, que des éléments épars se combinent pour produire quelque chose de fantastique, d'unique. Et les Pistols furent vraiment extraordinaires. Cette vérité doit toujours être rappelée. Je ne les renierai jamais.

Hormis la chanson Public Image elle-même, vous avez radicalement changé de style musical avec PIL…
Parce j'avais d'autres choses à dire, à exprimer. Le changement de propos a fait changer la musique. De toute manière, je n'étais pas fanatique de la structure et de l'idéologie musicales des Sex Pistols. Beaucoup trop étroites et convenues. Les autres étaient dans la logique classique pop-rock des Small Faces, couplet-refrain, couplet-refrain, gnagnagna… C'était aussi prévisible que la plus routinière des existences. Quel intérêt ?

Mais vous aviez chanté I'm Eighteen, d'Alice Cooper, le jour où vous avez auditionné pour le groupe ?
Mais parce que la chanson était sur le juke-box du magasin de McLaren, c'est tout ! Je détestais cette chanson. J'adorai Alice Cooper, mais pas ce titre ! Pour moi, Alice, c'était I Love The Dead. Ça, c'est de la chanson ! Un titre génial. Je l'ai rencontré et c'est une des rares fois où un type qu'on a admiré se révèle à la hauteur dans la réalité. Drôle, intelligent et courtois. La classe. Il n'est pas le seul, mais il y en tellement d'autres qui ne sont que des pauvres mecs, des mégalos aigris et minables, dénués de toute élégance. C'est pour ça je n'aime pas trop jouer dans des festivals, parce que c'est là qu'on en croise des paquets. Le cauchemar…

Vous faites allusion aux Rolling Stones, avec qui vous avez joué à Glastonbury cet été ?
Justement, non. Qu'on soit clair : si j'ai des ennemis, ce ne sont sûrement pas les Stones. Et ils ne l'ont jamais été, contrairement à ce que la plupart des gens pensent. Qui imaginerait que lorsque Sid Vicious a connu de très sérieux problèmes à New York, c'est Mick Jagger qui a offert son soutien et son aide ? Personne ne le sait, parce que c'est resté discret, mais il a nous a offert, par ses avocats, une aide juridique. Ce n'est pas Malcolm McLaren qui a démêlé les choses, il en était bien incapable. Après, Sid est allé trop loin, personne ne pouvait plus rien pour lui. Mais je garde à jamais un profond respect pour Jagger et les Stones. Ne vous fiez pas aux stars qui font parler d'eux. Mon expérience prouve le contraire. Il y a des gens super, mais personne ne s'en doute. Comme Pete Townshend. Ou Chris Spedding. Spedding, c'est la générosité et l'altruisme incarnés.

Vous paraissez beaucoup plus détendu qu'autrefois. Vous ne cherchez plus à intimider, à mettre mal à l'aise avec votre regard inquiétant et vos réponses cassantes ou condescendantes. Comme si vous jouiez le rôle du méchant Johnny Rotten…
Mais je ne jouais pas un rôle. J'étais juste rongé par la dépression ! Je me protégeais, tout simplement. Je protégeais le peu qui me restait qui n'avait pas été broyé par le système. Et ça a fonctionné, je me s'en suis sorti. A l'époque, j'avais des comptables sur le dos au quotidien. Comme un cauchemar qui n'en finissait pas. De l'autre côté, la presse ne ratait pas une occasion pour m'enfoncer un peu plus, me planter des couteaux dans le dos. Tout ce que je pouvais faire était indigne à leurs yeux, au regard de mon passé. J'étais seul, isolé. J'aurais dû passer mon temps à supplier, à m'expliquer, à demander de l'aide. Mais personne ne voulait m'aider. Alors je me suis fermé, replié sur moi-même. Et on a pris cela pour de l'arrogance. Je ne suis pas le seul à me retrouver prisonnier de ce cercle vicieux. On ne peut rien faire, la vérité n'intéresse personne. Quand vous êtes à terre, c'est fou le nombre de gens qui cherchent à vous piétiner.

Vous avez suivi une thérapie ?
Thérapie ? Je n'ai pas besoin de payer quelqu'un pour connaître mes problèmes ! Je les connais mieux que quiconque. Tout n'est question que de temps, de patience. Les problèmes finissent par disparaître, si on arrive à avoir un minimum de contrôle sur sa vie.

Problems, c'était une chanson des Sex Pistols…
Oui, et une bonne ! Mes chansons ont toujours été des instants de vérité, elles racontent mon histoire, ce que je vivais. Pas de fiction là-dedans. C'est pourquoi je ne peux dissocier mes disques, ils racontent tous la même histoire : la mienne. Pour me comprendre, il faut les écouter tous depuis le début.

Dans quel état d'esprit êtes-vous lorsque vous rechantez avec les Sex Pistols ?
Ces chansons me ramènent à l'endroit précis dans mon passé où je les ai écrites. C'est pourquoi je n'aime jamais les reprises des Sex Pistols par d'autres. Parce que ceux qui les chantent ne les comprennent pas, elles deviennent juste des mauvaises caricatures, du heavy metal balourd. Même avec PIL, j'ai arrêté de les jouer. Le public de PIL, surtout en Amérique, n'est pas le même que celui des Pistols.

En revanche, vous chantez toujours Death Disco, une chanson incomprise, douloureuse pour vous.
Oui, et elle toujours douloureuse à chanter. Mais je me dois de le faire. Elle me renvoie à la période la plus tragique de ma vie, la mort de ma mère. Avec le temps, elle n'a pris que plus de force encore, depuis la mort de mon père il y a quatre ans. Et puis, en 2010, ma belle-fille Ari Up, des Slits, a succombé à un cancer. Toutes ces personnes sont aujourd'hui dans Death Disco, une chanson de deuil, une chanson qui tente de surmonter la perte d'êtres proches. Mais la peine est toujours là, je la ressens à chaque fois que je la chante. C'est un cri de douleur, une quête d'explication à laquelle on ne trouve aucune réponse. Quand je pense que la plupart de gens prenaient Death Disco pour un titre anti disco, pfffffff…

Ari Up, vous l'aviez connue du temps des Slits, le groupe punk féminin, avant qu'elle ne devienne votre belle-fille lorsque vous avez épousé Nora, sa mère.
Sa mort n'a pas franchement égayé la vie de famille au quotidien. La famille a été ébranlée, évidemment, mais il manque aussi sa présence fantastique, cet élan constant de créativité qu'elle avait. Nora et moi, on a accueilli ses enfants pour les élever. Ça fait une grande famille, la plus heureuse possible, dans un contexte des plus malheureux.

Vous auriez aimé avoir vos propres enfants ?
Oui, bien sûr. On a essayé. Mais on échoué. Peut-être qu'inconsciemment, je redoutais d'être un mauvais parent. A cause de ma personnalité, mon activité avec PIL et tout le reste. Mais j'ai toujours adoré les enfants. Avant les Pistols, je m'occupais de gamins à problème. Et c'est ce que j'ai préféré faire dans toute ma vie. On m'a peut-être viré du collège à treize and et demi, mais j'ai passé le diplôme pour m'occuper d'enfants en difficulté. Quand j'ai rejoint les Pistols, je travaillais à moitié sur des chantiers, à moitié à éduquer des gamins à problèmes. On peut difficilement rêver meilleure formation, non ?

Malcolm McLaren, disparu en 2010, vous manque-t-il ?
Pas comme sparring-partner. Mais il manque forcément, ne serait-ce que sa formidable énergie. Les types comme lui sont rares. C'est donc une grande perte. Mais on était tout sauf amis. Il avait quelque chose du rat, Malcolm. Et quelle lâcheté ! Mais ça m'amusait, au fond, cet art qu'il avait de toujours se défiler face au moindre souci. Je crois que ça m'a stimulé, inspiré, de pouvoir me dire : « Au moins, je ne suis pas comme lui ! » On apprend toujours des pires défauts des autres. Même de l'héroïnomanie d'Eric Clapton. Ado, je me suis juré de ne jamais devenir comme lui ! Il y a toujours du positif à puiser dans le négatif.

La réaction a toujours été votre moteur, en somme. C'est parce que votre père vous a ordonné de vous faire couper les cheveux que vous les avez teints en vert, juste pour le faire enrager, non ?
Ha, ha ! Mais c'était un choix, pas juste une bête provocation. Il avait un problème avec mes cheveux longs ? Alors, je lui en ai fourni un nouveau. De toute manière, j'en avais marre des cheveux longs. C'était l'époque de Bowie et cie, tout le monde avait ces horribles coiffures avec des queues de rats derrière. Je ne voulais pas ressembler à un clone de plus de Rod Stewart. Il y avait un coiffeur délirant à Knightsbridge. J'en suis ressorti relooké en chou de Bruxelles ! Mais mon père avait raison aussi. Il m'a fichu à la porte à quinze ans. Ça tombait bien, je n'avais pas envie d'être un de ces pauvres types qui restent chez leurs parents le plus longtemps possible.

Pourquoi trainiez-vous sur King's Road ?
La mode me fascinait. Celle qui prône l'individualisme, en tout cas. Cette manière de définir son apparence, de se montrer, de présenter son corps aux autres. Tout petit déjà, j'étais fasciné par les Teddy Boys. Je les observais, en groupe, au coin de ma rue. Ce mélange d'élégance et de menace. Cette manière d'assumer sa marginalité, son non-conformisme. Tous les mouvements individualistes me passionnent.

Vous auriez gardé le nom Rotten si vous aviez pu, pour PIL ?
Quelle importance ? Je me suis battu pour garder le droit de porter ce surnom, parce qu'on a cherché à me l'interdire après les Pistols. Et j'ai gagné. Je suis Lydon et Rotten. Je n'ai pas inventé ce surnom, mais on me l'a donné. C'est Steve Jones, à cause de mes dents immondes. Aujourd'hui, elles sont toutes fausses, c'est la plus grande dépense que j'ai faite de ma vie. Je n'avais pas le choix. Mes dents étaient tellement infectées menaçait ma santé toute entière. J'étais constamment malade à cause de mes dents.

Vous auriez aimé avoir la voix de ces crooners de reggae que vous admirez ?
Non. J'adore toutes ces grandes voix du reggae, et tant d'autres. Roy Orbison me fait pleurer. Dolly Parton ou Patsy Cline aussi, mais je ne chanterai jamais comme elles. Elles racontent leur histoire et c'est ce qui me touche. Je raconte la mienne, avec ma voix. Je ne cherche à imiter personne. Des artistes avec des voix et des paroles fortes, personnelles, authentiques, voilà ce qui me stimule.

Et Neil Young, il même parlé de vous dans sa chanson Hey Hey, My My.
Quelle étrange histoire… Des années après, je présentais une émission sur la chaîne musicale VH1. Et j'ai voulu interroger Neil Young sur cette chanson. Vous savez ce que son management m'a répondu ? « Désolé, mais Neil ne sait pas qui vous êtes. » Si ce n'est pas se foutre du monde ! J'ai donc insisté, alors on m'a répondu que mon nom n'avait été utilisé que pour les besoins de la rime ! Et j'allais croire ça, que Neil Young, qui fait gaffe à tout ce qu'il écrit, avait juste balancé un nom parce qu'il rimait… J'avoue que j'ai été sérieusement douché. Je n'ai pas compris. Je crois qu'il a eu peur, qu'il pensait que je voulais le piéger, l'humilier, que j'étais son ennemi. Mais j'ai des disques de Neil Young empilés jusqu'au plafond, chez moi !!!

Vous avez un goût musical très large.
Toute bonne musique m'inspire, me met en joie. Vraiment. J'adorais Can ou Magma. Tout se nourrit de tout. Bob Dylan a puisé dans le folk, la country, mais ses textes sont toujours pertinents aujourd'hui. Ce qui est terrible, c'est quand je suis invité dans une émission de radio. On ne passe que du punk, et même du mauvais, on a l'impression qu'il n'y a que Iggy Pop dans la vie. C'est déprimant. Désolé, mais on retrouve mes racines punk bien plus dans Dylan que chez lui.

Henry Rollins cherche aussi à élargir la culture de ses fans et les racines du punk, non ?
Non, pas lui. Il est peu pathétique, avec sa fixette de Hemingway du pauvre. Tout est forcé, laborieux chez lui. Toutes ces photos ou ces prestations où il pose, assis en tailleur, un livre à la main. Pas très punk, tout ça, Henry. De toute manière, ses tatouages le trahissent. Pour moi, un tatouage se lit comme un certificat d'incompétence. Aujourd'hui, la moitié de la planète est tatouée. Et chaque tatouage exhibé ne fait que crier la même chose : « Je n'ai aucune personnalité ! » Moi, je sais qui je suis, je n'ai pas besoin d'afficher ma tendresse ou mon agressivité avec un tatouage. Ma gueule me définit assez, et surtout bien mieux, non ? Notre visage est le seul tatouage dont on a besoin.
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  calispera le Mer 16 Oct 2013 - 16:46

Je suis complètement ignare dans le domaine punk (je connais un peu pil, mais c'est tout).
J'ai lu l'interview et j'ai adoré. Pleine de franchise, de lucidité, de cohérence.
Je ne pense pas forcément comme lui, mais ce gars a clairement quelque chose à dire.

J'ai retiré deux citations que j'ai trouvé géniales :

« Quand vous êtes à terre, c'est fou le nombre de gens qui cherchent à vous piétiner. »
« Pour moi, un tatouage se lit comme un certificat d'incompétence. Aujourd'hui, la moitié de la planète est tatouée. Et chaque tatouage exhibé ne fait que crier la même chose : « Je n'ai aucune personnalité ! » Moi, je sais qui je suis, je n'ai pas besoin d'afficher ma tendresse ou mon agressivité avec un tatouage. Ma gueule me définit assez, et surtout bien mieux, non ? Notre visage est le seul tatouage dont on a besoin. »
Désolée de mettre en évidence la seconde pour ceux qui ont des tatouages et qui vont lire. Mais c'est super bien dit, même si je suis loin d'être aussi radicale. On porte tous nos masques après tout, mais de manière si flagrante, moi ça me pose question. Je veux dire par là que j'ai du mal à comprendre qu'on puisse se mutiler, pour s'enlaidir la plupart du temps, juste par effet de mode.
Mais c'est relatif, donc ça n'engage que moi.

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Re: le roi (du punk) est nu

Message  garageland le Dim 20 Oct 2013 - 9:32

Merci pour cette itw très intéressante. Ce type a toujours été hors normes et avec un ton bien perso. sa vie n'a pas du être facile pendant le hype Pistols puis ensuite quand on lui reprochait d'avoir sabordé le groupe.
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  Michel le Dim 20 Oct 2013 - 9:38

Après lecture, cela me conforte dans l'idée que Rotten/Lydon est un pauvre mec, et sa manière de revisiter l'histoire est pathétique!
Ce mec a surtout été une marionnette dans les mains de Mac Laren mais il croit qu'il a tout inventé !
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  garageland le Dim 20 Oct 2013 - 9:56

Perso, je pense plutôt qu'il était le seul à s'opposer à Mc Laren, en comparaison des 3 autres bien ternes et dépassés par les plans marketing de leur manager. Bon, je n'y étais pas non plus pour vivre le truc de l'intérieur; mais je me rappelle de ce sentiment à travers la lecture du bouquin des Vermorel; rédigé en pleine époque. Comme pour tout, il faut attendre l'ouverture des archives, ou la ré écriture de l'Histoire ? Par exemple, jamais lu l'info sur l'aide de Jagger pendant l'épisode new yorkais du vicieux, réalité ou fiction ?
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  CC Rider le Dim 20 Oct 2013 - 10:10

La suite des pérégrinations manageriales de Mac Laren ont souligné à quel point le talent d'un manager est limité a la force du concept ou des individus qu'il accompagne.
Bides sur bides...et branlage de nouille a répétition.

Je trouve par contre a la lecture de cette riche intv un tas d'éléments qui permettent de mieux comprendre l'histoire de ce groupe aussi éphémère qu'unique, dont l'impact, une petite quarantaine d'années plus tard est tout simplement encore une sacré référence de l'histoire de la musique contemporaine.
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  Michel le Dim 20 Oct 2013 - 10:39

Enfin CC après les Sex Pistols on ne peut pas dire que la carrière de Rotten et des autres a marqué les esprits, alors que Clash par exemple a vécu après la mode du punk.
Pour moi Mc Laren était là au bon moment il a flairé le coup marketing a trouvé quelques gars pas trop futés mais dociles et prêt à tout et voilà.

Et je suis très dubitatif sur l'influence des Pistols maintenant !
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  JC le Dim 20 Oct 2013 - 11:24

calispera a écrit:

J'ai retiré deux citations que j'ai trouvé géniales :

« Pour moi, un tatouage se lit comme un certificat d'incompétence. Aujourd'hui, la moitié de la planète est tatouée. Et chaque tatouage exhibé ne fait que crier la même chose : « Je n'ai aucune personnalité ! » Moi, je sais qui je suis, je n'ai pas besoin d'afficher ma tendresse ou mon agressivité avec un tatouage. Ma gueule me définit assez, et surtout bien mieux, non ? Notre visage est le seul tatouage dont on a besoin. »
Celle-là me plait bien aussi. Comme c'est bien dit... étrange l'histoire avec Neil Young par contre. Enfin faut voir si tout est vrai scratch 

L'influence des Pistols, comme Michel je suis dubitatif, en même temps, ni Michel ni moi ne sommes des grands fadas de ce groupe je pense (tu me contrediras Michel si tu veux...), alors objectivement... j'ai toujours trouvé cette musique bourrin ô possible, et avant eux il y en a eu d'autres, et depuis il y en a eu foison, alors qui a influencé qui dans ce domaine ? Qui fut précurseur ? Les Clash c'était quand même plus raffiné, plus travaillé, plus abouti, plus tout quoi !
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  Michel le Dim 20 Oct 2013 - 11:37

Je confirmer JC
Moi j'ai surtout apprécié le punk US Television, Richar Hell, JOhnny Thunders, moins de frime et plus de musique.

Pour Neil Young, moi aussi j'ai des doutes. La chanson est très bien écrite et on comprend que le Loner situe Rotten dans la continuité d'Elvis et le slogan vaut mieux bruler que rouiller est très punk!
Je suis quasi certain que Neil a écrit en connaissance de cause !
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  CC Rider le Dim 20 Oct 2013 - 13:29

Je n'ai pas de théorie là dessus.
J'ai vécu (par hasard) les 3 mois de l'été 77, celui du punk et de la mort d'Elvis, en plein centre de Londres.
Au bout de Kings Road, le centre névralgique du mouvement.
Cela ne fait pas de moi un "historien" de tout cela, mais j'ai pu mesurer ce qui se passait sur place et en temps réel. Ça aide quand aux impacts vecus et eventuelles relectures de l'histoire.
L'album des Pistols etait simplement un des disques les plus attendus de l'histoire, non pas pour une histoire d'influence musicale, mais parceque l'impact idéologique et social du groupe, les provocations, la radicalité des individus, en ont fait un truc qui a eu un impact monstrueux sur une génération entière.
Pour être précis, oui il est sorti bien après le 1er Damned ou les deux premiers Ramones.
Entre autre.
Le groupe était d'ailleurs quasi fini au moment de la sortie de "Never mind", mais l'impact des singles déjà sortis avait mis le feux partout.
Un peu comme quand Dylan est monte sur scène a Newport en jouant électrique au cœur de la messe folk quelques année avant.

Ne hurlez pas siouplé, je ne compare rien musicalement.
Mais socialement et en terme d'influence ces choses la ont fait tourner les choses.
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  Michel le Dim 20 Oct 2013 - 15:26

Je suis d'accord avec toi su ce point.

Le disque est arrivé un peu tard mais incontestablement les Pistols ont été importants ....disons en 1976/1977....Ensuite le punk a explosé et les Ramones et Clash sont restés....
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  garageland le Dim 20 Oct 2013 - 15:35

Tout à fait d'accord avec l'impact historique pour un groupe qui aura enregistré combien ? une quinzaine de titres en tout.
Même si j'adore Clash, Damned et autres Ruts; je considère qu'il y a un avant et un après Bollocks. Qui depuis avec un tel retentissement ? Peut être Nirvana. Et Pixies avec Doolittle, dans mon jardin perso.
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  CC Rider le Dim 20 Oct 2013 - 15:57

garageland a écrit:Tout à fait d'accord avec l'impact historique pour un groupe qui aura enregistré combien ? une quinzaine de titres en tout.
Même si j'adore Clash, Damned et autres Ruts; je considère qu'il y a un avant et un après Bollocks. Qui depuis avec un tel retentissement ? Peut être Nirvana. Et Pixies avec Doolittle, dans mon jardin perso.
Tu as raison de parler de la seule qualité du disque en question!
Un sacré brûlot et l'un des meilleurs premiers disques de l'histoire du rock.
JC parlait de "bourinage".
Pour moi on en est vraiment loin.

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Re: le roi (du punk) est nu

Message  Michel le Dim 20 Oct 2013 - 17:55

Pour moi Blank Generation de Richard Hell et Marquee Moon de Television sont meilleurs même si moins médiatiques
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  CC Rider le Dim 20 Oct 2013 - 19:29

Michel a écrit:Pour moi Blank Generation de Richard Hell et Marquee Moon de Television sont meilleurs même si moins médiatiques
J'ai moi aussi quelques autres albums préférés de cette période.
le 1er Saints, le Damned ou "Marquee Moon" (itou) par exemple.
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Re: le roi (du punk) est nu

Message  calispera le Mar 24 Déc 2013 - 21:34

glané sur le net, ça intéressera sûrement les fans :

Un documentaire inédit sur les Sex Pistols en mode Noël

(Belga) Sid Vicious qui se dandine sur des chants de Noël et Johnny Rotten qui distribue des cadeaux aux enfants: un documentaire inédit diffusé jeudi par la BBC montre comment les Sex Pistols ont passé Noël 1977 dans le rôle des gentils garçons.
Le groupe de punk, qui a terrorisé la Grande-Bretagne bienséante dans les années 70, a été filmé par Julien Temple lors d'un concert de bienfaisance en faveur des enfants de sapeurs-pompiers en grève. "Pour la plupart des gens, c'étaient des monstres faisant la une des journaux", a rappelé le réalisateur au Guardian mardi. "Mais les voir jouer pour des enfants de sept ou huit ans est juste beau. C'était un groupe radical mais qui avait beaucoup plus de coeur que les gens ne le pensent". Le concert, donné dans une boîte de nuit de Huddersfield, ville du nord de l'Angleterre, est d'autant plus remarquable que c'était la dernière fois que les Sex Pistols allaient se produire en Grande-Bretagne où ils étaient bannis de la plupart des salles. Moins de deux ans plus tard, Sid Vicious, bassiste du groupe, mourait d'une overdose d'héroïne, quatre mois après avoir été inculpé pour le meurtre de sa petite amie, Nancy Spungen, retrouvée poignardée dans leur chambre d'hôtel new-yorkaise. Le documentaire diffusé pour la première fois en intégralité jeudi est appelé "Never Mind the Baubles: Xmas '77 With the Sex Pistols" en référence à leur album culte "Never Mind the Bollocks", sorti en octobre 1977, "baubles" signifiant boules de Noël. Quelques extraits étaient visibles lors d'un autre film réalisé par Julien Temple en 2000. Mais c'est la première fois qu'on pourra voir le concert dans "son entière et incroyable gloire énergétique", selon les termes de son auteur. (Belga)

le lien source :
http://www.skynet.be/actu-sports/actu/divertissement/article/1028259/un-documentaire-inedit-sur-les-sex-pistols-en-mode-noel

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Re: le roi (du punk) est nu

Message  Hugo Spanky le Mer 25 Déc 2013 - 14:39

C'est Noël, une chouette interview dans Télérama ! Tout arrive.
Blague à part, John Lydon est l'un des rares personnages intéressants à avoir émergé du punk anglais, justement parce qu'il se contrefoutait du punk ou du moins en avait saisi les nuances, à savoir qu'il revenait à chacun de s'inventer et non, comme cela est devenu la norme, de singer ses idoles.

J'aime pas les Pistols, j'ai écouté trop de "punk" New-Yorkais pour que cela me concerne, ils n'étaient qu'une mauvaise resucée des New York Dolls et des Ramones, PIL était bien meilleur, enfin novateur. Mais plus encore je ne peux pas blairer leur public, encore aujourd'hui c'est un critère pour moi, quiconque s'extasie devant ce groupe m’apparaît immédiatement comme suspect (je vous fais grâce de ce que je pense des groupes qui leur ont succédé et du public qui en découla).

Ses propos sur Thatcher sont très juste et ils rejoignent le débat d'idées que l'on avait eu sur Ranx Ze Vox dans les commentaires de notre papier sur le coffret consacré à Clash. A savoir que le punk est né avant l'arrivée de la dame de fer au pouvoir et donc certainement pas en réaction à sa politique, c'était la "gauche" qui était au pouvoir en 77 et tout le prêchi-prêcha qui place l'individualisme punk à l’extrême gauche du curseur politique n'est qu'ignorance et récupération. Le punk se voulait anarchiste, faudra le dire au facteur de Neuilly et à des milliers d'autres pinpins à la conscience bien propre.

Ni Irish, no black, no dog l'autobiographie de Lydon est passionnante et on en apprend plus sur le mouvement de 77 en quelques lignes dans celle de Pete Townshend (Who I am) qu'en se farcissant l'intégrale d'eudeline et toute cette bande de charlots qui se sont bâti un futur sur une mode qui ne s'en voulait aucun.

Sinon qu'Alice Cooper soit un mec bien et Neil Young un pitre, ça je le savais déjà.

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